Le producteur maraîcher Benoît Coulombe (à gauche) souligne que les légumes plus rares coûtent cher à produire en main-d’œuvre et en recherche et développement pour obtenir les rendements souhaités. Photos : Caroline Morneau/TCN
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S'abonner maintenantHEMMINGFORD – En ce début d’après-midi du 31 juillet, des employés de la Ferme Giroflée, à Hemmingford, en Montérégie, emballent à la main des légumes fraîchement récoltés. Mini-aubergines, cucamelons, okras, piments cerises et poivrons doux bananes : les différents produits, qu’ils placent soigneusement dans des contenants arborant le logo de l’entreprise, n’ont rien de ce que l’on trouve habituellement dans les supermarchés, mais aspirent à s’y frayer un chemin.
« Je vends un peu à l’autocueillette et au kiosque de la ferme, mais 95 % de ma production est vendue en grande distribution », explique le copropriétaire de la Ferme Giroflée, Benoît Coulombe.
D’abord connue pour ses bleuets en corymbe biologiques, l’entreprise se spécialise aussi dans la production de légumes bio que le maraîcher qualifie d’« extra niche ».
Sa ferme dirige un regroupement de neuf bleuetières, qui, sous la marque du Collectif de bleuets bio local, produisent des volumes suffisants de ce petit fruit pour plaire aux distributeurs et aux enseignes, telles que Metro. En parallèle, la Ferme Giroflée parvient aussi à leur vendre des boîtes de ses légumes artisanaux, que l’on ne retrouve pas chez les grands détaillants alimentaires, habituellement.
« Mes bleuets me permettent une entrée, parce que tout le monde veut des bleuets et je commence à être connu pour ça. Les produits de niche, eux, attirent la curiosité », remarque-t-il.

Un collectif de légumes de niche
Avec l’aide de deux autres fermes, la Ferme Giroflée produit 25 types de légumes différents sur environ quatre hectares. En plus de ceux mentionnés plus haut, d’autres variétés de poivrons doux et sucrés ou encore de piments forts sont cultivées. Tout est emballé à la main, sur place. M. Coulombe veut faire croître le collectif de producteurs de légumes de niche et offrir plus de volumes aux supermarchés, comme il est parvenu à le faire avec les bleuets, mais il admet que la démarche est ardue. La demande pour ces produits méconnus n’est pas toujours au rendez-vous. En plus, les légumes plus rares coûtent cher à produire en main-d’œuvre et en recherche et développement pour obtenir les rendements souhaités.
« Ce n’est pas facile à vendre. L’achat, dans les grandes distributions, c’est frileux », remarque celui qui travaille d’arrache-pied, depuis quatre ans, pour faire connaître ses légumes. « On est très forts chez Lufa. Tout ce qui est niche, ils en veulent. Les grossistes en prennent aussi, mais dans les grandes chaînes, c’est plus difficile », constate le maraîcher.

Passionné de cultures innovatrices
Lorsqu’on lui demande pourquoi il choisit de se donner autant de souci avec une telle niche, le maraîcher prend un instant pour réfléchir avant de répondre : « C’est une grosse question. Dans les produits plus populaires, il y a de la compétition qui provient de l’importation, tandis que dans les produits de niche, c’est la rareté, la curiosité. On est les seuls à faire ça, donc je peux vendre plus cher », observe-t-il.
Cet amoureux des cultures inusitées et de la recherche et du développement, par ailleurs, ne demande qu’à transmettre sa passion au grand public. Plusieurs curieux viennent à la ferme pour en apprendre davantage sur ses produits qu’ils ont vus dans leur panier Lufa. Le maraîcher propose aussi des idées de recettes à base de ses légumes plus rares, sur son site Internet, mais estime qu’il est temps de les faire connaître à une plus large clientèle.
« Il y a une forme d’essais et erreurs, de gambling dans ce que je fais, mais je pense que toutes les fermes maraîchères doivent accepter de prendre des risques. Moi, je flaire des cultures innovatrices. »
Quelques exemples
Le cucamelon
Les cucamelons sont de petites boules vertes et croquantes qui ont un goût semblable à celui du concombre. « Sauf que c’est plus croquant, plus citronné. Tu mets ça dans une salade et c’est super croustillant », assure Benoît Coulombe. La plante, explique-t-il, est grimpante, bien fournie et fait plusieurs mètres de long. Elle doit être soutenue par une structure, sinon « elle s’écrase ». D’ailleurs, le producteur a mis plusieurs années avant de trouver une technique culturale efficace pour la faire tenir. Soutenue par des palissages, des filets et des poteaux, elle pousse en hauteur, à sa ferme, formant de grands murs garnis de feuilles.

La mini-aubergine
Aux dires de M. Coulombe, la mini-aubergine s’apprête comme l’aubergine traditionnelle, notamment en papillote, au four ou en mijoté, sauf qu’elle est beaucoup plus savoureuse et tendre et elle ne contient pas de pépins. « Quand on a goûté ça, on ne revient pas à l’autre », selon le maraîcher.

Le poivron shishito
Les poivrons shishito sont « les piments forts les plus doux », explique l’agriculteur d’Hemmingford. « C’est très accessible pour les gens qui n’aiment pas manger trop épicé. On peut le faire braiser dans la poêle ou sur le BBQ, avec de la lime et du sel, et on va chercher des arômes incroyables », ajoute-t-il, précisant que le légume peut être servi en accompagnement ou comme garniture dans les burgers.
