L’ail de la Pépinière Boucher, commercialisé sous la marque de commerce Oh M’ail M’ail, se retrouve à l’année dans les supermarchés Maxi de tout le Québec. Photo : Gracieuseté de la Pépinière Boucher
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S'abonner maintenantLa présidente d’Ail Québec, Marie-Pierre Dubeau, observe que l’ail du Québec est désormais présent dans tous les grands supermarchés en hiver, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années.
« Ce qu’on remarque, c’est qu’il y en a partout. Il y en a chez Costco. J’en ai même vu chez Walmart », observe la copropriétaire de la ferme Le Petit Mas, qui vend ses produits dans les grandes chaînes depuis longtemps et qui a été aux premières loges de cette évolution, qu’elle estime positive.
Elle y va toutefois d’une mise en garde quant au potentiel plafonnement de l’espace disponible, si trop de nouveaux joueurs s’ajoutent ou se mettent à adopter des stratégies similaires.
Pour l’instant, on ne se marche pas sur les pieds; chacun a ses clients, mais il faut faire attention. On est bons, au Québec, pour s’autocannibaliser.
Un manque d’offre plus industrialisée
Les Entreprises Pitre, de Lac-des-Écorces, dans les Hautes-Laurentides, acquièrent de l’équipement et réalisent des tests pour être capables de conserver leur ail 12 mois par année, tout comme le font notamment la Pépinière Boucher, de Saint-Ambroise, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, et Une touche d’ail, de Saint-Anicet, en Montérégie. Pour l’instant, la ferme approvisionne Costco et d’autres grandes chaînes jusqu’au mois de février.
« Il y a un gros marché à prendre. Quand on entend qu’il y a trop d’ail au Québec, je pense que c’est plus du côté des petits producteurs qui ont de la misère à écouler leur ail dans les marchés publics ou à l’épicerie du coin, parce qu’il y a surabondance sur les marchés locaux. Mais il y a encore un manque d’offre plus industrialisée », estime l’un des propriétaires, Jérémie Pitre.
Car cultiver suffisamment d’ail pour approvisionner les grandes bannières de supermarchés et être capable de conserver un produit de qualité pendant 12 mois n’est pas accessible à tous et requiert des investissements coûteux. « Le coût d’implantation est cher. Ce n’est pas une production très automatisée. Pour la conservation, ça prend des chambres à environnement contrôlé qui représentent des investissements importants, des millions de dollars », énumère-t-il.