Chloé Rodriguez et son équipe de la Clinique vétérinaire St-Alexis, dans Lanaudière, épaulent des vétérinaires des Hautes-Laurentides et de l’Outaouais à raison d’une à deux journées par semaine. Photo : Gracieuseté de Chloé Rodriguez
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S'abonner maintenantLe 1er avril, un projet pilote pour pallier la pénurie de vétérinaires spécialisés en grands animaux en région éloignée a abouti en un partenariat privé entre le Bureau vétérinaire des Hautes-Laurentides, la Clinique vétérinaire de la Petite Nation, en Outaouais, et la Clinique vétérinaire St-Alexis, dans Lanaudière. Ces dernières années, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) a financé différents projets pilotes qui ont permis de soutenir les vétérinaires en région éloignée et d’éviter les bris de services.
Souvent seuls ou en équipes restreintes, les vétérinaires en région éloignée ont des conditions de travail difficiles en raison, notamment, des longues journées de travail occasionnées par la couverture d’un vaste territoire et des gardes fréquentes. Ce partenariat, initié lors d’un projet pilote entre le MAPAQ, une vétérinaire des Hautes-Laurentides et la Clinique St-Alexis, permet aujourd’hui aux vétérinaires des Hautes-Laurentides et de l’Outaouais de ne plus être seuls à soutenir leur région à bout de bras. À raison d’une journée ou deux par semaine, ils sont relayés par l’équipe de Lanaudière, composée d’une douzaine de vétérinaires, explique la copropriétaire de la Clinique vétérinaire St-Alexis, Chloé Rodriguez.
Le partenariat permettra aussi de rouvrir un bureau physique dans chacune des deux régions. Les vétérinaires épaulés bénéficieront d’aide administrative sur place et les clients auront plus de facilité à aller chercher leurs commandes de médicaments.
Chloé Rodriguez espère que cette affiliation permettra également de pourvoir le poste affiché dans les Hautes-Laurentides en attirant un finissant ou une finissante souhaitant venir s’installer dans la région.
Pour de jeunes vétérinaires qui s’implantent dans ces régions-là, [notre but serait de leur offrir] du mentorat téléphonique, puis de l’aide du groupe. Ils ne seront jamais seuls à devoir faire 365 jours par année de garde. On fait un partage de garde avec eux. Comme ça, tout le monde est capable de prendre des vacances aussi.
Au moment de l’entrevue, une vétérinaire de Lanaudière remplaçait justement Valérie Harrisson, de Mont-Laurier dans les Laurentides, durant sa semaine de vacances.
Indice de fragilité
Le président de l’Association des médecins vétérinaires praticiens du Québec (AMVPQ), Jean-Yves Perreault, rappelle que ce type de collaboration a été grandement encouragée par le MAPAQ à travers le territoire. Le ministère a même instauré un indice de fragilité des établissements vétérinaires afin d’évaluer le potentiel de fragilité de chacune des régions. « Souvent, ce sont des places où les cliniques vétérinaires sont soit plus petites, où il y a moins de cliniques, mais souvent aussi, c’est surtout là où il y a moins de densité animale. Si on pense au Témiscamingue, il y a une clinique vétérinaire, et il y a moins de producteurs laitiers au kilomètre carré que dans le Centre-du-Québec », dit-il.
D’ailleurs, le Programme intégré de santé animale du Québec (PISAQ) 2025-2028, dévoilé le 1er avril, subventionne notamment les ententes de collaboration entre vétérinaires spécialisés en grands animaux dans les régions considérées plus fragiles. Le montant maximal d’aide financière peut annuellement atteindre 150 000 $ par établissement vétérinaire.
Jean-Yves Perreault espère que toutes ces initiatives inciteront la « vague de finissants » qui arrivera sur le marché du travail cette année à s’installer dans ces régions. « On pense que ces postes-là vont se combler, mais d’ici là, il y a des équipes de remplaçants qui sont bien structurées, autant pour des cliniques que des vétérinaires aidants qui y vont pour faire du remplacement », soutient le président de l’AMVPQ.