Environnement 20 juin 2025

81 M$ de plus provenant du Fonds vert retournés à l’agriculture

Un nouveau montant de 81 M$ provenant du Fonds d’électrification et de changements climatiques (FECC) – communément appelé le Fonds vert – sera mis à la disposition des producteurs agricoles et des entreprises bioalimentaires pour les aider à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) et à être plus résilients face aux changements climatiques.

Québec en a fait l’annonce le 19 juin, lors d’une conférence de presse à Princeville, dans le Centre-du-Québec. Cette enveloppe s’ajoute aux 106 M$ que le gouvernement Legault avait déjà promis, le 13 juin 2024, à la suite des manifestations de tracteurs tenues aux quatre coins de la province.

Le montant total qui servira à soutenir les fermes en ce sens, d’ici 2030, est donc augmenté à 187 M$. « Le secteur agricole est un allié de premier plan pour réduire les émissions de GES du Québec, mais il est aussi en première ligne face aux aléas climatiques qui mettent à risque la productivité et la compétitivité des entreprises agricoles. En bonifiant notre soutien financier et notre accompagnement, nous permettons aux entreprises d’innover, de s’adapter et de contribuer activement à une économie plus verte et plus résiliente, dans toutes les régions du Québec », a déclaré le ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Benoit Charette.

Québec précise qu’une part importante de cette enveloppe est appelée à soutenir directement les producteurs, notamment à travers des investissements liés à l’électrification, à la gestion de l’eau et à la protection des cultures en réponse aux changements climatiques. 

« Ce soutien contribuera à la pérennité de nos entreprises agricoles et à l’atteinte d’une plus grande autonomie alimentaire », a ajouté le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, André Lamontagne.

Insuffisant, selon l’UPA

L’Union des producteurs agricoles (UPA) a qualifié l’annonce de positive, mais « en deçà de ses attentes », considérant que les fermes, selon ses calculs, ont versé 480 M$ dans le FECC depuis 2015 par l’entremise de la tarification sur le carbone, dont plus de 80 M$ en 2024.

« L’approche proposée par le gouvernement du Québec est intéressante et bien structurée. L’atteinte d’un meilleur équilibre entre la tarification du carbone imposée à nos entreprises et les bénéfices qu’elles en retirent n’est toutefois pas au rendez-vous », a réagi le président général de l’UPA, Martin Caron. 

Rappelons que l’UPA réclame le remboursement des coûts associés à la tarification du carbone ou le réinvestissement de la totalité des sommes perçues dans des initiatives structurantes pour le secteur.

De son côté, Québec calcule plutôt que les agriculteurs et les entreprises du secteur bioalimentaire ont contribué à hauteur de 47 M$ au financement du FECC en 2024, par l’intermédiaire du marché du carbone. Selon le gouvernement Legault, ces entreprises recevraient en retour une moyenne de 71 M$ par année en soutien financier.