Le drainage doit être accompagné d’une utilisation judicieuse des intrants pour réduire les impacts environnementaux, selon l’agronome du MAPAQ, Mikael Guillou. Photo : Gracieuseté de l'AEDAQ
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S'abonner maintenantLe drainage agricole permet d’optimiser la gestion de l’eau des sols, mais il doit être accompagné d’une utilisation judicieuse des intrants pour réduire les impacts environnementaux, rappelle l’agronome au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), Mikael Guillou.
« Si on a un sol en très bonne santé, qui filtre beaucoup d’eau, mais qu’on utilise une fertilisation excédentaire, il va nécessairement y avoir des pertes (dans l’environnement) très importantes aussi », fait valoir le spécialiste du ministère.
Selon M. Guillou, les études démontrent que les charges et concentrations en phosphore total ont diminué dans les rivières et tributaires du fleuve Saint-Laurent au cours des dernières décennies. « Cette diminution est liée à un encadrement réglementaire quand même assez important, souligne-t-il. Ça évolue dans la bonne direction. »
Mais là où ça va moins bien, c’est au niveau de l’azote. Les producteurs ont eu tendance à en mettre peut-être un petit peu plus pour avoir une certaine sécurité de rendement et de revenus.
Résultat : le ministère de l’Environnement documente, à l’inverse du phosphore, des augmentations des charges de nitrates (un composé de l’azote) dans les rivières et plusieurs cours d’eau au Québec, souligne Mikael Guillou. « Il y a encore du travail de sensibilisation à faire », laisse-t-il tomber.
Selon l’agronome au MAPAQ, l’évacuation du nitrate s’effectue, dans une proportion d’environ 80 %, par le biais du drainage souterrain. Certains systèmes, qui permettent de contrôler le niveau de la nappe souterraine (et, au besoin, de la rehausser en saison de culture) à partir des installations de drainage souterrain, contribuent toutefois à réduire cette charge de nitrates.
Autre avantage de ce type de dispositif, précise Mikael Guillou : le captage des nitrates par la culture en champ s’en trouve amélioré.
Bonnes pratiques
« À la base, la meilleure pratique, c’est l’engrais ou le pesticide qu’on ne met pas, déclare néanmoins le spécialiste. On peut bien avoir des filtres ou des systèmes de drainage, mais ce qui est le plus payant et le plus efficace, ce sont toujours les gestes posés en amont, c’est-à-dire de mettre le bon fertilisant, au bon endroit et au bon moment. »
Avoir une régie intensive des champs, puis tenter de trouver des mesures d’atténuation pour capter les éléments polluants entre les parcelles et les cours d’eau est une erreur à éviter, selon Mikael Guillou.
A contrario, dit-il, éviter la compaction des sols, avoir de bonnes rotations et couvertures des sols, de même qu’une fertilisation et une application de pesticides raisonnée, sont des pratiques à privilégier.
À terme, la démonstration a été faite que la mise en œuvre de ces actions permet d’avoir une production « un peu plus constante au cours du temps, avec les conditions de culture qui sont quand même très variables (des années pluvieuses et des périodes plus sèches) », relève l’agronome au MAPAQ.
Bref, dit Mikael Guillou, de bonnes pratiques permettent de stabiliser les rendements, tout en limitant les impacts négatifs sur le réseau hydrique.