Le ministère de l'Environnement avait tenu des consultations publiques à l'automne 2024 en lien avec le « Projet de modernisation du cadre réglementaire en milieux hydriques, dont les zones inondables, et de l’encadrement des ouvrages de protection contre les inondations ». Photos : Gracieuseté de l’AEDAQ
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S'abonner maintenantLe ministère de l’Environnement a mis sur la glace son projet visant à modifier les normes pour encadrer les nouvelles sorties de drains en milieu agricole. Une bonne chose, estime le président général de l’Union des producteurs agricoles, Martin Caron, car le véritable enjeu, selon lui, est la gestion de l’eau, dans une perspective plus large.
En octobre dernier, Martin Caron avait dénoncé la réflexion amorcée par le ministère de l’Environnement sur la localisation des sorties de drains en milieux hydriques. Selon lui, il était entre autres envisagé d’ajouter de nouvelles conditions, dont celles d’aménager des structures végétalisées à l’exutoire des drains.
Cela coïncidait d’ailleurs avec les consultations publiques réalisées à l’automne 2024 par le ministère pour le « Projet de modernisation du cadre réglementaire en milieux hydriques, dont les zones inondables, et de l’encadrement des ouvrages de protection contre les inondations ».
« Plusieurs préoccupations nous ont été communiquées à ce sujet durant la consultation publique et des échanges ont eu lieu avec certaines organisations afin de réévaluer cette orientation », a affirmé à L’UtiliTerre par courriel le chef d’équipe des relations médias, Robert Maranda.
Le ministère tient à préciser qu’aucune modification des normes de drainage n’est envisagée dans le cadre du processus de modernisation en cours.
Le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Martin Caron, affirme néanmoins demeurer « vigilant », dans les circonstances. Même chose pour l’Association des entrepreneurs en drainage agricole du Québec (AEDAQ). Le président de l’organisme, Maxime Duval, affirme avoir été surpris d’apprendre la réflexion amorcée par le ministère de l’Environnement. Il n’avait eu vent de rien, avant la sortie de Martin Caron.
« On est rassurés qu’il n’y ait pas de changements, affirme celui qui préside également les entreprises EPL Lazure et Drainage St-Célestin. Et on espère que l’association sera incluse dans les discussions, s’il y a une volonté dans les prochaines années de revoir les normes. »

Entretien des cours d’eau
Aux yeux de Martin Caron, la gestion de l’eau, dans un sens plus large, est le véritable enjeu. « On a interpellé le ministère de l’Environnement et celui de l’Agriculture pour qu’un comité soit mis en place pour en parler. Il y a entre autres beaucoup de retard sur l’entretien des cours d’eau et les aménagements qui peuvent être faits », relève-t-il.
Les « documents administratifs » (plans et devis, études d’impact, etc.) à remplir sont trop nombreux et les frais, trop élevés, sans que les résultats soient au rendez-vous, estime le président de l’UPA. « Des producteurs nous disent qu’il y a des délais de deux ans et plus pour l’entretien des cours d’eau », affirme Martin Caron. Celui-ci plaide, du même souffle, pour la mise en place d’une méthodologie ou d’un protocole d’intervention lors des opérations d’entretien. « Pour moi, ça va de soi, dit-il. Ça prend ça, et on a l’expertise au Québec. » Selon Martin Caron, l’idée de mettre en place un comité consacré à ce sujet « chemine » et trouve également écho auprès des intervenants municipaux et régionaux, responsables de l’entretien des cours d’eau.