La mauvaise météo de ce printemps a été pénible pour les producteurs de veaux d’embouche comme Guillaume Barrette, dont les vêlages sont survenus au pâturage en mai et en juin. Photos : Gracieuseté de Guillaume Barrette
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S'abonner maintenantLe printemps a été pénible pour les producteurs de veaux d’embouche dont les vêlages sont survenus entre avril et juin. Bien qu’ils aient redoublé d’efforts pour aider les veaux nés aux pâturages à rester en santé, la mauvaise météo a provoqué des conditions propices au développement de maladies et a occasionné de la mortalité dans certains cas.
Guillaume Lachaine, de Ferme-Neuve dans les Hautes-Laurentides, a perdu cinq veaux après que le troupeau ait été déclaré positif à la bactérie E. coli, ce printemps. Sept à huit jours de pluie et de froid dans des champs remplis de boue ont demandé une surveillance accrue du troupeau durant la période des naissances qui a commencé le 25 avril. « Les champs n’étaient pas prêts parce que c’était trop mou et il faisait trop frais, alors la maladie est rentrée », dit-il.
Les veaux ont été traités et réhydratés, mais certains n’ont pas survécu. Bien que la vaccination préventive ait été faite, des animaux achetés récemment n’avaient reçu qu’une seule dose. « Il aura fallu qu’ils aient un autre rappel. [C’est pour] ça que ce groupe de veaux a été plus malade, mais quand je jase partout avec des producteurs du Québec, ça n’a vraiment pas été facile », soutient M. Lachaine.

À Saint-Maurice, en Mauricie, les veaux de Mario Hamelin ont eu davantage d’infections ombilicales cette année. « Sur 50, j’en ai trois ou quatre de traités [à l’antibiotique]. Je le vois chaque année; quand il fait beau et sec, on n’en traite pas. J’ai beau mettre de l’iode [sur le nombril] à la naissance, mais si c’est mouillé par terre, si c’est froid, ça n’aide pas », souligne le producteur dont les animaux sont à l’extérieur depuis la première semaine de mai.
Bien qu’il n’ait pas des parcs aménagés à cet effet, M. Hamelin est parvenu à rentrer cinq veaux à la fois dans son bâtiment d’élevage pour les abriter, « parce qu’à 5-6 degrés avec de la pluie, c’est dur ». Il a également donné un colostrum plus concentré en anticorps que d’habitude aux veaux qui avaient plus de difficultés.
À Saint-Edmond-les-Plaines, au Lac-Saint-Jean, Guillaume Barrette aussi a rentré ses veaux à l’étable, « histoire de leur donner une chance » pendant leurs 12 premières heures de vie.
Ce n’est pas compliqué, il fallait s’habiller en homme-grenouille pour aller voir les animaux tous les matins .
Bien que le pic de naissances ait concordé avec la période très humide, le producteur estime s’en être bien sorti, puisqu’il n’a pas eu de maladie ou de mortalité. Par contre, la saison a nécessité davantage de travail et occasionné plus de dépenses en litière et en foin. « On dépose des balles de foin ici et là [dans les parcelles]. Quand il fait beau, la balle de foin va se consommer à 80 %, mais je voyais bien qu’il s’en mangeait un 50 %, et l’autre 50 %, les vaches allaient se coucher dessus. Ça devenait des nids, ni plus ni moins. Les balles de foin fondaient assez vite. Il fallait en remettre régulièrement. »
Le président du comité de mise en marché des veaux d’embouche aux Producteurs de bovins du Québec, Martin Drainville, affirme que la litière et le foin étaient plus recherchés ce printemps. « On voyait sur les réseaux sociaux que les gens cherchaient de la litière, du vieux foin, pour bedder », dit-il. Même si le temps pluvieux et froid a obligé les éleveurs à s’occuper davantage des veaux, Martin Drainville précise toutefois que la situation n’a pas été catastrophique dans la province.

Vêlages difficiles
Certains producteurs, comme Mario Hamelin, ont observé des vêlages plus difficiles cette année. Avec un troupeau similaire, l’année dernière, il a aidé seulement deux taures sur 90 à vêler. Cette année, il en a aidé 10 sur 50 et la saison n’est pas encore terminée.
La vétérinaire Véronique Lebel, du Groupe vétérinaire de la Batiscan, en Mauricie, explique que de multiples facteurs, dont la génétique, l’alimentation et les conditions météorologiques, peuvent influencer un vêlage. « S’il y a un débalancement au niveau des minéraux, des vitamines et du système immunitaire des animaux, parfois, ça peut avoir des incidences sur les vêlages et, éventuellement, sur l’immunité des veaux aussi. Ça peut être multifactoriel », souligne-t-elle.
« En plus, nous, cet hiver, on n’a pas eu tant de neige, mais on dirait que le printemps a été quand même long à s’installer, alors la qualité des pacages n’était pas super non plus. Alors si certains producteurs se fiaient beaucoup sur un pacage pour la nutrition, ça a été un peu bof là, ce printemps. Est-ce que c’est venu jouer un petit peu, challenger, au niveau alimentaire, puis justement, ça a été un facteur de plus pour influencer [le vêlage?
Ça se peut]. »