Jonathan, Mélanie, Véronique et Jocelyn Gadbois, ainsi que Guylaine Leblanc, ne manquent pas de projets pour la ferme. Photos : Marie-France Létourneau
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S'abonner maintenantSAINT-BARNABÉ-SUD – La famille Gadbois a placé les fraises plus que jamais au cœur de sa production, en 2023, lorsqu’elle a décidé d’ajouter des serres à ses activités, ce qui lui a permis d’étirer sa production à l’année.
La demande est à ce point forte pour le petit fruit rouge local que la famille Gadbois a lancé des travaux dans l’objectif de doubler la superficie du complexe serricole de Saint-Barnabé-Sud, en Montérégie.
« Les deux dernières années ont été très concluantes avec les serres, autant du côté de la production que de l’engouement de la clientèle », se réjouit Jonathan Gadbois. Le producteur de 35 ans représente, avec Mélanie et Véronique, deux de ses trois sœurs, la sixième génération de Gadbois à cultiver la terre du rang Saint-Amable.
Les racines de l’entreprise agricole familiale sont profondes. Elles remontent pratiquement à la fondation de la petite municipalité de Saint-Barnabé-Sud, vers 1850. Sous la houlette des trois dernières générations, la culture des fraises n’a cessé de prendre de l’ampleur.
Ma grand-mère allait vendre des fraises au marché de Saint-Hyacinthe. Elle partait à cheval la veille du marché et dormait chez sa sœur pour vendre ses fraises le lendemain

Les parents de Jocelyn (et représentants de la quatrième génération), Fernand et Monique, ont également mis l’accent sur le petit fruit, si bien qu’ils ont fait une croix sur la production laitière en 1988.
« On était rendus là, explique celui qui a pris la relève de ses parents en 1989, avec sa conjointe, Guylaine Leblanc. On était plus intéressés par la production fruitière et il y avait des investissements importants à faire pour la production laitière. »
Les projets de la relève
À cette époque, la Ferme Gadbois cultivait des fraises d’été, des légumes de transformation et d’autres grandes cultures. Mais l’intérêt de Véronique et Jonathan à s’investir dans la ferme, au terme de leurs études respectives, s’est traduit par l’ajout de nouveautés dans les champs, dont les fraises d’automne et le maïs sucré.
« Il fallait générer de nouveaux revenus pour se permettre plus de salaires dans l’entreprise, explique Véronique, 37 ans. On vendait déjà des fraises (d’été) en kiosque, durant un mois, devant des marchés IGA. Les nouveaux produits ont permis d’être présents de juin à septembre, même jusqu’en octobre. »
Envisagée depuis un moment, la construction d’un kiosque de vente permanent à la ferme s’est concrétisée en 2018. L’endroit, ouvert à l’année, est équipé d’une cuisine de transformation qui permet entre autres de valoriser les fraises déclassées et d’offrir d’autres produits du terroir local.
Durant la pandémie, l’idée d’aménager des serres, pour produire des fraises de novembre à juin, a fait son chemin. Le projet a pu voir le jour avec l’aide de subventions gouvernementales, souligne Jonathan Gadbois. La première récolte a été réalisée en décembre 2023. Et l’engouement ne s’est pas démenti.
Dans la foulée de la guerre commerciale avec les États-Unis, une publication de la ferme sur les réseaux sociaux, mettant en vedette un panier de fraises trônant devant ses serres dans un décor enneigé, est même devenue virale avec 2,5 millions de vues et plus de
5 000 partages, en février dernier.
Lorsque la construction des nouvelles serres sera complétée, quelque
2 M$ auront été investis dans ce projet et la superficie des installations atteindra 1 800 mètres carrés.

Croissance
Mélanie a joint les autres membres de la famille à la ferme en 2023, après avoir travaillé quelques années à l’extérieur. Son expertise en marketing et en ressources humaines est notamment mise à profit. L’équipe peut atteindre près de 100 employés en haute saison, dont une trentaine de travailleurs étrangers temporaires.
Entre autres pratiques culturales, la ferme est suivie par un club de dépistage. Un agronome travaille avec ses « dépisteurs » qui arpentent les champs deux fois par semaine pour détecter les problèmes potentiels. Des trichogrammes, ces insectes parasitoïdes, sont utilisés contre la pyrale du maïs.
Contrairement à d’autres producteurs, la Ferme Gadbois n’a pas de volet d’autocueillette. Elle mise sur la vente directe aux consommateurs, par le biais de ses kiosques (un permanent et six temporaires) et de certains supermarchés. Les nouvelles serres devraient d’ailleurs lui permettre d’être plus présente en épicerie.
L’avenir nous dira si la relève sera au rendez-vous. Chose certaine, elle pourrait être féminine. La septième génération de Gadbois est actuellement composée de huit filles et d’un garçon.
« C’est un outil dont on ne se passerait plus », dit Jonathan Gadbois.
Un équipement incontournable
Depuis quelques années, les champs, les serres, les congélateurs et autres réfrigérateurs de la ferme sont équipés de tensiomètres et de différents capteurs afin d’obtenir en temps réel différentes données, notamment sur la température et le taux d’humidité. L’ensemble des informations est centralisé sur une plateforme numérique, accessible à partir d’un ordinateur ou d’un téléphone portable. « Ça nous alerte s’il y a quelque chose d’anormal qui se passe, relève Jonathan Gadbois. On n’est pas les seuls à avoir ça, mais c’est un outil dont on ne se passerait plus. »
Le bon coup de l’entreprise
La construction du kiosque à la ferme en 2018 est sans conteste un bon coup, estime Jocelyn Gadbois. L’investissement nécessaire à sa construction a été important, mais il en a valu la peine. Selon lui, l’ajout de cette infrastructure a contribué à « changer la dynamique » et à optimiser la mise en marché des produits de la ferme. Ceux d’autres producteurs de la région y sont aussi offerts, ainsi que des produits transformés (pâtisseries, confitures et autres pâtés), cuisinés sur place. L’achalandage étant au rendez-vous, le kiosque est désormais ouvert à l’année depuis l’hiver 2024. Si la clientèle provient en bonne partie de la ville voisine de Saint-Hyacinthe, elle tend à s’élargir. Plusieurs résidents de la Rive-Sud de Montréal y ont leurs habitudes, affirme Véronique Gadbois.

| Fiche technique | |
|---|---|
| Nom de la ferme : | Ferme Gadbois |
| Spécialités : | Production de fraises, maïs sucré et grandes cultures |
| Année de fondation : | 1850 |
| Noms des propriétaires : | Guylaine Leblanc, Jocelyn, Véronique, Mélanie et Jonathan Gadbois |
| Nombre de générations : | 6 |
| Superficie en culture : | 170 hectares, dont 26 de fraises |
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