Maraîchers 27 mai 2025

Opération séduction des légumes de transformation

C’est connu, l’union fait la force. Trois joueurs de l’industrie des légumes de transformation l’ont bien compris. Ils se sont alliés pour aller à la rencontre de futurs chefs et leur démontrer le potentiel, souvent ignoré, de ces produits du Québec.

Les Producteurs de légumes de transformation du Québec (PLTQ), de même que l’Association québécoise de la distribution des fruits et légumes (AQDFL) et Nortera, le plus important acheteur de fruits et de légumes de transformation, ont participé à l’élaboration d’une formation offerte dans différentes écoles de cuisine. 

La formation permet de présenter sous un nouvel éclairage le maïs, les pois verts et les haricots cultivés dans la Belle Province et offerts en format surgelé ou en conserve, fait valoir la formatrice Isabelle Ferland, également coordonnatrice aux événements, commandites et partenariats à l’AQDFL.

« C’est une belle façon de mettre des produits du Québec, à moindre coût, au menu de certaines institutions, des cafétérias et même des bistros, relève Mme Ferland. Les étudiants sont surpris de voir la qualité, le goût et les ­couleurs. »

Avec ses volets théorique et pratique, la formation d’une journée permet de réaliser différents tests en cuisine.

Des tests qui vont laisser des traces aux élèves, j’espère. On fait, par exemple, un potage avec des pois surgelés et un autre avec des pois en conserve et on fait des comparaisons.

Isabelle Ferland

Des élèves de Montréal, Gatineau, Trois-Rivières, Québec et Saint-Jean-sur-Richelieu, inscrits à des programmes de formation en cuisine, ont pu se familiariser avec le potentiel des légumes de transformation au cours de la dernière année. Au total, huit journées de formation ont été offertes. 

La formation a notamment été offerte à des élèves en cuisine à Trois-Rivières. Photos : Isabelle Ferland, AQDFL

 

Des liens à créer

Pour la directrice générale des PLTQ, Mélanie Noël, il ne fait aucun doute que l’expérience sera répétée au cours de la prochaine année. « On veut outiller la relève et renforcer notre lien avec le monde culinaire », affirme-t-elle. 

Selon la DG, ce type de formation a été réalisé par le passé, également sous la houlette d’Isabelle Ferland, avec d’autres produits locaux, dont les pommes, les canneberges et les pommes de terre. Et cela a fait ses preuves. 

« On sous-estime l’importance d’exposer les futurs chefs aux produits du Québec », souligne la formatrice aguerrie. 

La formation présente sous un nouvel éclairage le maïs, les pois verts et les haricots cultivés dans la Belle Province et offerts en format surgelé ou en conserve.
Avec ses volets théorique et pratique, la formation d’une journée permet de réaliser différents tests en cuisine.

En 2024, 237 entreprises agricoles québécoises ont cultivé des légumes de transformation, selon le rapport annuel des PLTQ. 

« La formation nous permet d’aller vers les clients de demain », souligne de son côté le directeur Service alimentaire Est du Canada chez Nortera, Patrick Michalakis. 

« On veut aussi changer une idée préconçue que certains ont sur les légumes surgelés et leur fraîcheur, ajoute-t-il. Il n’y a qu’entre 4 et 12 heures, selon la variété, entre la récolte et la transformation ou surgélation de nos légumes. Et ils gardent leur valeur nutritive. »

M. Michalakis rappelle que Nortera, dont les produits sont notamment offerts sous la marque Artic Garden, exploite quatre usines au Québec. L’entreprise y transforme quelque 300 millions de livres de légumes surgelés et emploie 1 000 personnes.