Maraîchers 23 mai 2025

La grande aventure des mini carottes québécoises

Première entreprise québécoise à se lancer dans la production de mini carottes, Produits Frais FMS, de Sherrington, en Montérégie, s’attaque à un gros morceau. Et comme l’approvisionnement est un élément clé de réussite, c’est avec d’autres maraîchers québécois qu’elle compte relever le défi.

« On est toujours à la recherche, pour les saisons à venir, de partenaires au niveau de la production », souligne Marc-Olivier Daigneault, vice-président ventes et développement, et copropriétaire de l’entreprise avec son frère Steven.   

Une partie de la production va être faite ici, dans nos champs, mais on a aussi des producteurs partenaires qui produisent des carottes pour ce projet-là. Des phases de croissance sont déjà planifiées. On va devoir augmenter chaque année les superficies en culture de nos variétés pour la transformation.

Si aucun producteur québécois ne s’est encore lancé dans l’aventure des mini carottes, c’est parce que de grands joueurs américains, bien établis, dominent le marché, affirme Marc-Olivier Daigneault. « Ça prend un approvisionnement stable tout au long de l’année », relève-t-il. 

Autres éléments essentiels à la réussite, selon lui : une planification et des partenaires « solides », ainsi qu’un investissement « majeur » pour la construction d’une usine de transformation.

« Une aberration »

D’une superficie de 70 000 pieds carrés, les nouvelles installations de l’entreprise familiale, qui cultive également des oignons, des laitues et d’autres légumes, ont nécessité un investissement de 25 millions de dollars et permettront la création de 35 emplois. L’usine devrait être opérationnelle vers la mi-juin. 

Produits Frais FMS prévoit produire 15 millions de sacs la première année et doubler sa capacité de production dans une deuxième phase. Les premières mini carottes québécoises seront offertes dans les supermarchés cet été. Les carottes cultivées en champs au Québec permettront d’assurer la production neuf mois par année. Les trois autres mois, le légume racine orangé sera importé, mais transformé et emballé à Sherrington. 

Marc-Olivier et Steven Daigneault ont repris en 2016 l’entreprise fondée par leur père, François (au centre).
Marc-Olivier et Steven Daigneault ont repris en 2016 l’entreprise fondée par leur père, François (au centre).

Cette année, environ 250 hectares de carottes seront cultivés dans les champs de l’entreprise et ceux d’autres producteurs. « Ce sont des variétés déjà produites au Québec, précise M. Daigneault. Elles sont sélectionnées pour leur goût un peu plus sucré et parce qu’elles [les mini carottes] se façonnent plus facilement. »

Détail : les carottes cultivées au champ sont pelées et coupées pour obtenir la forme caractéristique des mini carottes. « Cela demande une sélection variétale bien adaptée, car toutes les variétés ne conviennent pas à ce format, précise pour sa part Steven Daigneault, ­vice-président aux opérations. Cette production requiert aussi des conditions de culture contrôlées pour favoriser un développement rapide, homogène et au bon calibre. »

Marc-Olivier Daigneault souhaite, avec ce projet, mettre un terme à une « aberration ». Le Québec exporte une part importante de sa production de carottes aux États-Unis, souligne-t-il. « C’est aberrant que, pendant la saison où on exporte des carottes au sud de la frontière, on en importe des précoupées pour les bébés carottes », dit-il. Selon lui, ce produit représente environ 40 % des ventes de carottes au Canada.