Main-d'oeuvre 16 mai 2025

Des initiatives fructueuses en matière de propreté

Encourager le maintien de la propreté dans les bâtiments où habitent plusieurs travailleurs étrangers, sans être trop intrusifs, est un défi de taille pour les employeurs agricoles. Voici quelques initiatives prises par les Serres Stéphane Bertrand, à Mirabel, et les Jardins D. Pro, à Sainte-Clotilde.


Une salle de gym avec l’argent des canettes

Afin d’inciter les 57 travailleurs à ramasser leurs bouteilles et leurs canettes, un système de gestion du recyclage est en place aux Serres Stéphane Bertrand depuis près de trois ans. L’argent obtenu en une année, en retour des contenants à ­consigner, a été suffisant pour aménager une salle de gym et une salle de divertissement, comprenant des tables de billard, de baby-foot et d’air hockey.

« S’ils veulent qu’on recycle les canettes, ils savent qu’ils doivent bien les nettoyer et les mettre à l’endroit prévu à cet effet », indique la gestionnaire des ressources humaines, Précillya Godbout Hébert, qui observe une nette amélioration de la propreté depuis qu’elle a mis en place cette initiative simple. 

L’argent obtenu en une année, en retour des contenants à consigner, a été suffisant pour aménager une salle de gym et une salle de divertissement, comprenant des tables de billard, de baby-foot et d’air hockey.
L’argent obtenu en une année, en retour des contenants à consigner, a été suffisant pour aménager une salle de gym et une salle de divertissement, comprenant des tables de billard, de baby-foot et d’air hockey.

Précillya Godbout Hébert

C’est concret. Ils voient que s’ils ramassent leurs bouteilles et les mettent à ­l’endroit indiqué, on réutilise l’argent pour eux, par la suite.

Précillya Godbout Hébert

Des activités sont aussi organisées avec cet argent. Ils sont, par exemple, allés glisser sur tube, l’hiver dernier. Car si bon nombre de travailleurs arrivent pour la saison estivale, ­l’entreprise en accueille aussi l’hiver.

Moins d’anxiété

« L’été, ils peuvent faire du vélo, jouer au soccer, mais l’hiver, ils se sentent très enfermés. Dans les dernières années, on voyait beaucoup de problèmes d’anxiété. Ç’a énormément diminué depuis qu’ils peuvent faire d’autres activités pour se changer les idées », remarque Mme Godbout Hébert.


Finis les bris causés par l’huile de cuisson

Les travailleurs étrangers utilisent beaucoup d’huile pour cuisiner, si bien que la gestion des rebuts s’avère complexe pour de nombreux employeurs, explique Précillya Godbout Hébert, gestionnaire des ressources humaines aux Serres Stéphane Bertrand.

Aux Serres Stéphane Bertrand, les travailleurs sont invités à transvider leur huile à cuisson usagée dans une benne installée à l’extérieur pour qu’elle soit ensuite recyclée. Photo : Gracieuseté de FERME
Aux Serres Stéphane Bertrand, les travailleurs sont invités à transvider leur huile à cuisson usagée dans une benne installée à l’extérieur pour qu’elle soit ensuite recyclée. Photo : Gracieuseté de FERME
Aux Jardins D. Pro, chaque évier est désormais connecté à un récipient qui retient les graisses jetées dans le lavabo. Photo : Caroline Morneau/TCN
Aux Jardins D. Pro, chaque évier est désormais connecté à un récipient qui retient les graisses jetées dans le lavabo. Photo : Caroline Morneau/TCN

« Chez nous, c’était très problématique dans les maisons des travailleurs. Ils mettaient l’huile dans les lavabos, les toilettes et les urinoirs. Ça bloquait la tuyauterie et ça causait beaucoup de bris à la longue », explique celle qui a mis en place un système simple pour régler le problème. Les travailleurs sont invités à déposer l’huile dans des sceaux, après utilisation, puis à les transvider dans une benne installée à l’extérieur lorsqu’ils sont pleins. Ensuite, une entreprise avec laquelle la ferme fait affaire vient récupérer l’huile usagée pour la recycler.

Aux Jardins D. Pro, chaque évier est désormais connecté à un récipient qui retient les graisses jetées dans le lavabo, empêchant celle-ci de boucher la tuyauterie.

« Comme ils mettent leur huile dans le lavabo, on diminue, avec ce système, les problèmes potentiels de tuyauterie. La graisse est stockée dans la boîte et ne va pas dans les conduits », explique la responsable de l’accueil des TET, Marie-Elyse Nadeau.


Des murs en plastique pour faciliter l’entretien

Pour faciliter l’entretien de la nouvelle bâtisse qui loge les travailleurs des Jardins D. Pro, les murs et les plafonds sont recouverts de panneaux de plastique dans les salles de bain, la cuisine et le grand salon. 

Pour faciliter l’entretien de la nouvelle bâtisse qui loge les travailleurs des Jardins D. Pro, les murs et les plafonds sont faits de panneaux de plastique dans les salles de bain, la cuisine et le grand salon.
Pour faciliter l’entretien de la nouvelle bâtisse qui loge les travailleurs des Jardins D. Pro, les murs et les plafonds sont faits de panneaux de plastique dans les salles de bain, la cuisine et le grand salon.

« Vingt-quatre gars qui travaillent dans le champ, dans la bouette, ça cochonne. C’est beaucoup plus facile de laver ça que du Gyproc », fait remarque Marie-Elyse Nadeau, qui est responsable de l’accueil des TET.

La cuisine, c’est super facile à laver. Dans toutes les salles de bain, pour l’humidité, c’est vraiment bien. 

Marie-Elyse Nadeau

Tous les employés, par ailleurs, acceptent de payer 5 $ par semaine pour qu’une personne vienne faire le ménage dans les espaces communs. 

En revanche, chaque travailleur est responsable de nettoyer son espace personnel dans les chambres. Les cochambreurs sont aussi invités à laver la salle de bain, à tour de rôle, sur une base hebdomadaire. Marie-Elyse Nadeau se permet, avec leur accord, d’aller voir l’état des salles de bain toutes les semaines ou deux semaines.

« Quand il y a des détails qui accrochent, je leur dis. Il y en a qui gardent ça plus propre que d’autres, mais en général, ce n’est pas si mal. Il y a une limite à ce qu’on peut imposer. Ce sont des adultes et ils sont chez eux », fait-elle remarquer.