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S'abonner maintenantAprès avoir visité les logements de 1 500 fermes à travers le Québec, ces quatre dernières années, Isabelle St-Pierre constate une amélioration marquée des aménagements pour accueillir la main-d’œuvre étrangère agricole.
« Il y a encore du travail à faire, mais de façon générale, je dirais que l’évolution est de 75 % », évalue la coordonnatrice de la prévention et de la conformité à la Fondation des entreprises en recrutement de main-d’œuvre agricole étrangère (FERME).

Celle qui travaillait auparavant à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) et qui connaît les normes sur le bout des doigts a développé une véritable expertise en matière de logements de travailleurs agricoles depuis qu’elle a été embauchée par FERME, en 2021, pour faire de la prévention et prodiguer des conseils en la matière.
Il y avait beaucoup de fermes qui avaient besoin d’aide quand j’ai commencé. Il y avait des choses qui ne marchaient pas du tout. Ce n’était pas wow.
Sans entrer dans les détails, elle remarquait des difficultés à donner de l’espace et de l’intimité aux travailleurs. « Il faut que les travailleurs aient une bulle, qu’ils puissent parler avec leur conjointe. Il ne faut pas qu’ils soient pris dans un dortoir de quarante personnes en lits superposés », croit Mme St-Pierre.
« C’est fou comme ça s’est amélioré. Il y en a qui sont sur la coche. Avant même d’avoir des subventions, ils font des changements dans les hébergements, pour le bien-être des travailleurs. Ils n’attendent pas que l’élastique pète », observe-t-elle.
La spécialiste mentionne toutefois que la complexe gestion de la propreté dans les logements reste un défi courant.
De nouvelles normes sous peu
La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) déposera un projet réglementaire sur les conditions d’hébergement des travailleurs d’ici la fin de 2025. Les parties intéressées auront 45 jours pour commenter les nouvelles normes proposées, après leur publication dans la Gazette officielle du Québec. Une révision des exigences pour les logements de la part du gouvernement fédéral est attendue par le milieu agricole depuis des années, mais ne s’est jamais concrétisée, étant donné la complexité du déploiement d’un tel projet à l’échelle du pays. Il reviendra finalement aux provinces de s’en occuper. Au Québec, c’est la CNESST qui sera responsable d’encadrer les nouveaux règlements.