Syndicalisme 15 mai 2025

Scellée pour les 100 prochaines années

Nous sommes en 2124. Un étrange cube de bronze trône dans l’entrée de la Maison de l’Union des producteurs agricoles (UPA), prêt à être ouvert par une toute nouvelle génération de producteurs qui découvriront les objets déposés par leurs ancêtres.

C’est à cette scène qu’on fait référence les dirigeants actuels de l’UPA lors du dévoilement, le 13 mai, d’une œuvre en bronze de l’artiste sherbrookois Matthieu Binette, commandée pour souligner le centenaire de l’organisation en 2024. Dans cette œuvre, intitulée À l’unisson, sera scellée une capsule temporelle regroupant quelques dizaines d’objets représentant l’agriculture et le syndicalisme agricole d’aujourd’hui. Celle-ci ne devra être ouverte qu’en décembre 2124.

« C’est l’heure de regarder en avant pour les 100 prochaines années. Va-t-il encore y avoir de l’agriculture au Québec? On se le souhaite. Et on va continuer de travailler fort pour protéger nos terres, nos forêts, nos érables », a lancé Martin Caron, président général de l’UPA.

On peut aussi se souhaiter que dans 100 ans nous ayons atteint l’autonomie alimentaire et soyons capables de nourrir les dizaines de ­millions d’habitants du Québec.

Martin Caron

Stéphanie Levasseur, 2e vice-­présidente générale de l’UPA, a fait la lecture d’une longue missive destinée aux générations futures qui sera déposée dans la capsule, tout comme divers objets, parmi lesquels on retrouve notamment une épinglette des Agricultrices du Québec, un mini banc de traite des Producteurs de lait du Québec, une conserve de sirop d’érable des Producteurs et productrices acéricoles du Québec et un exemplaire de la bière Jean de Passion, brassée pour 50e anniversaire des Producteurs de grains du Québec.

L’artiste Matthieu Binette a invité les gens à littéralement laisser leur empreinte sur son œuvre. Photo : Vincent Cauchy/TCN

Et contrairement à la consigne qui prévaut pour la plupart des œuvres d’art, l’artiste Matthieu Binette a invité les gens à y laisser leur empreinte, littéralement.

« Normalement, une œuvre en bronze à l’extérieur va finir par avoir du ­vert-de-gris dessus. Comme celle-ci sera à l’intérieur, ça ne devrait pas être le cas. Par contre, si vous y touchez, avec l’huile et le gras qu’il y a sur les mains, vous pourrez laisser une trace sur l’œuvre », explique celui qui aura la tâche de sceller dans son œuvre la capsule préparée par le service des archives de l’UPA, au cours des prochains jours. L’œuvre finale sera exposée dans le hall d’entrée de la Maison de l’UPA au mois de juin.