Lait 2 mai 2025

De petits projets de transformation laitière qui ont pris du galon

Avec le retour du beau temps, les comptoirs fermiers de crème glacée et de fromage en grains s’activent, en prévision d’un fort achalandage estival. La Terre en profite pour revenir sur trois projets de transformation laitière à la ferme dont elle avait parlé en 2022, au moment de leur démarrage, et qui ont évolué depuis.

Un premier contrat avec un distributeur

Lorsqu’il a ouvert sa boutique, le 18 mars 2022, le copropriétaire de la Ferme Thierry Holstein, Sylvain Gauthier, voulait se démarquer des nombreuses fromageries du coin, au Lac-Saint-Jean, en proposant des laits entiers, des yogourts, des gelatos et des sorbets de toutes sortes de saveurs faits à base du lait de ses vaches. 

Trois ans après le démarrage de la microlaiterie Riverin du Lac, à Hébertville-Station, il affirme que les ventes vont bien, surtout depuis qu’il a finalement ajouté le fromage en grains à sa gamme de produits. 

« Les clients nous en demandaient. Au Québec, le fromage en grains, tu penses que tu en as assez, mais non, finalement! » témoigne-t-il. 

Malgré les défis, ce producteur, qui possède un quota de 60 kilos et qui transforme 20 % de son lait, est optimiste à l’idée de trouver le chemin de la rentabilité avec sa laiterie, qui a nécessité des investissements de départ de 1,3 M$. Ses ventes, dit-il, ont crû de 30 % l’an dernier.

« En général, ça va bien. C’est sûr qu’il faut s’adapter. Il y a des produits qu’on ne fait plus, comme le lait à la vanille, qui ne marchait pas », donne-t-il en exemple.

La croissance, anticipe M. Gauthier, se poursuivra cette année, puisque ses beurres et ses yogourts ne se vendront plus qu’à la ferme. La semaine du 5 mai marque leur entrée dans plusieurs marchés, boutiques et fromageries fines de la province, grâce à une première entente avec un distributeur. « C’est une nouvelle étape pour nous. C’est certain que c’est excitant », dit-il.  

Sylvain Gauthier et son fils Alexandre présentent ici leurs yogourts fermiers. Photo : Gracieuseté de la microlaiterie Riverin du Lac.


De la crémerie mobile au IGA

Le projet de Jean-Michel Leblanc et Katherine Lefebvre, qui sillonnent Nicolet, dans le Centre-du-Québec, à bord de leur crémerie mobile depuis 2022, prend du galon, cette année. Depuis le début du mois de mai, le propriétaire de la Ferme Antélimarck et sa conjointe vendent aussi leur crème glacée, faite à base de lait du troupeau, au bar laitier du supermarché IGA du coin, qu’ils exploitent en location. 

« On ne sait pas où ça va nous mener. C’est sûr que l’idée d’avoir une usine laitière nous trotte dans la tête », confie Mme Lefebvre, précisant ne transformer qu’une infime proportion de la production annuelle de la ferme – soit moins de 1 % – dans une usine louée à Saint-Hyacinthe.

C’est sûr qu’on vise à augmenter, mais à quelle échelle, ça reste à voir .

Katherine Lefebvre
En plus de sillonner Nicolet à bord de leur crémerie mobile, cet été, Katherine Lefebvre et son conjoint, Jean-Michel Leblanc, de la Ferme Antélimarck, vendront leur crème glacée au bar laitier du supermarché IGA du coin. Photo : Gracieuseté de Katherine Lefebvre.

Ajout d’un food truck 

Réalisant elle aussi que le fromage en grains a la cote, la propriétaire de la Laiterie Laroche, Josée Laroche, ajoutera un food truck sur le site de sa ferme, dès juin. Des hamburgers et de la poutine contenant du fromage fait à base du lait du troupeau y seront servis.

Le défi, c’est de s’adapter à la demande. C’est difficile à prévoir. Le food truck, on est sûrs que ce sera bon. On a déjà fait des tests, l’an dernier, avec des midis poutine, et les gens capotaient.

Josée Laroche, productrice de Roberval, au Lac-Saint-Jean.

Celle qui détient 56 kilos de quota a transformé la moitié de sa production laitière durant les derniers mois d’hiver. Elle entend monter aux trois quarts, cet été, en forte période d’achalandage, surtout avec l’ajout du food truck

À la boutique, la productrice vend encore des fromages et du lait fermier, comme au démarrage, en 2022, en plus d’autres produits qui ont été ajoutés. 

« Ça va quand même bien. C’est sûr qu’avec le contexte économique, les gens ont moins de sous, mais on voit que ça repart depuis quelques semaines », note celle qui mise sur l’agrotourisme en été.  

Réalisant que son fromage en grains fermier a la cote, la propriétaire de la Laiterie Laroche, Josée Laroche, ajoutera un food truck sur son site agrotouristique, dès juin, où sera notamment servie de la poutine. Photo : Gracieuseté de la Laiterie Laroche.