Au cours des dernières années, les frères Philippe et Sylvain Leroux ont ajouté plusieurs cordes à leur arc. Photos : Gracieuseté de la Ferme S.P. Leroux
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S'abonner maintenantLes frères Sylvain et Philippe Leroux ont un goût marqué pour l’action. Au cours de la dernière décennie, ils ont abandonné la production laitière pour miser sur les grandes cultures. Ils ont ajouté l’acériculture à leurs activités et réalisent désormais des travaux à forfait. Tout cela en cherchant constamment à améliorer leurs pratiques culturales.
« Il faut continuer à avancer pour assurer la pérennité de l’entreprise, fait valoir Sylvain, l’aîné des deux frères. Sinon, on fait du surplace. »
Issus d’une famille de trois garçons, les frangins ont graduellement rejoint l’entreprise familiale à partir du milieu des années 1990. Ils ont officiellement pris la relève de leur père, Yvon, en 2004, et la Ferme S.P. Leroux a vu le jour dans la foulée.
Le duo de producteurs représente ainsi la cinquième génération de Leroux à cultiver la terre familiale, située aux abords de la rivière des Outaouais, à Saint-Placide, dans les Basses-Laurentides.

Comme ceux qui les ont précédés, Sylvain et Philippe ont modelé la ferme à leur image, selon leurs intérêts communs et personnels. Ils ont fait une croix en 2015 sur la production laitière, notamment pour ajouter une certaine flexibilité à leur agenda quotidien et favoriser la conciliation travail-famille, expliquent-ils. Ils sont chacun père de deux enfants.
Les grandes cultures sont au cœur des activités. La Ferme S.P. Leroux cultive majoritairement du soya et du maïs sur environ 210 hectares. Des terres ont été acquises au fil du temps, dont encore récemment.
« On a fait quelques tentatives de petites céréales, comme du blé et de l’orge, explique Sylvain Leroux, 54 ans. Mais les rendements et la rentabilité n’étaient pas au rendez-vous. Ce ne sont pas des productions que nous avons insérées dans nos rotations. »

Les producteurs n’ont toutefois pas dit leur dernier mot en matière de diversification et ils poursuivent leurs recherches. D’emblée, la culture de pois ou d’autres légumes de transformation ne semble pas une option à considérer, car elle est pratiquement inexistante dans leur région, disent-ils.
On va essayer cette année de faire du seigle pour en faire la mise en marché, mais ça ne semble pas extraordinaire.
Contrer l’érosion
Du seigle d’automne pousse déjà dans les champs de la ferme, mais comme culture de couverture. « Ça a l’avantage d’offrir une couverture printanière au sol, souligne Sylvain Leroux. Les analyses de sol ne donnent pas de résultats significatifs, mais on y voit quand même un bienfait. »
Au cours des dernières années, explique-t-il, différentes expériences ont été réalisées avec d’autres types de plantes de couverture et intercalaires, mais les résultats n’ont pas toujours été à la hauteur des attentes.
Les propriétaires de la Ferme S.P. Leroux doivent composer avec un sol argileux. « Les terres sont orientées face au sud, dans une pente qui nous avantage, relève l’agriculteur. Mais nous devons être prudents dans la façon dont nous faisons les choses. Conserver notre top soil est quand même important. »
« On essaie le plus possible de minimiser les pertes par érosion, ce que les plantes automnales de couverture nous offrent », ajoute M. Leroux.
La ferme est autosuffisante dans ses opérations, c’est-à-dire qu’elle dispose de tous les équipements nécessaires pour réaliser ses travaux et entreposer ses récoltes. Cet objectif a été atteint, il y a trois ans, avec l’achat d’une moissonneuse-batteuse usagée.
Des infrastructures autrefois utilisées pour la production laitière ont été réaménagées pour permettre l’entreposage du maïs. Jusqu’à 850 tonnes peuvent y être stockées. D’autres silos sont réservés au soya.
Les frères Leroux réalisent en outre depuis quelques années des travaux de protection de cultures (arrosage, phytoprotection) à forfait, sur une superficie d’environ 3 235 hectares, pour d’autres producteurs de leur région, en vertu d’une entente avec une meunerie, explique Philippe, 48 ans.

De nouvelles passions
L’obtention en 2016 d’un contingent acéricole des Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) a par ailleurs permis à Philippe Leroux de se découvrir une nouvelle passion. Ce nouveau volet de l’entreprise l’intéresse grandement, bien que les deux frères participent aux différentes opérations liées à la production de sirop.
L’érablière de 3 800 entailles est répartie sur environ 20 hectares. Tout était à faire lorsqu’ils se sont lancés dans cette aventure. « On est rendus à près de 19 000 livres qu’on peut envoyer annuellement à l’agence de vente », souligne Philippe Leroux.
Ce dernier œuvre à titre d’administrateur de la section régionale des PPAQ, en plus de présider l’UPA Deux-Montagnes. Sylvain agit pour sa part à titre de vice-président des Producteurs de grains Outaouais-Laurentides. Comme leurs parents, Monique Paquette et Yvon Leroux – décédé l’an dernier –, ils sont tombés dans la marmite de l’engagement syndical.
Féru de technologie, Philippe Leroux a vu ses recherches pour un système de guidage GPS prendre un tournant inattendu il y a cinq ans. En optant pour un « kit » de FJDynamics, il s’est retrouvé, de fil en aiguille, à agir comme représentant québécois de l’entreprise chinoise.
L’agriculture de précision est désormais dans la mire de la Ferme S.P. Leroux. Un planteur de précision a été acquis l’an dernier pour effectuer des travaux d’ensemencement et de fertilisation à taux variable.
« Avec la technologie, c’est une étape à la fois, fait valoir Philippe Leroux. On commence avec une chose et on voit qu’on peut aller plus loin. »

Voir loin
Chaque fois qu’ils investissent dans la ferme, Sylvain et Philippe Leroux veillent d’ailleurs à ce que cela assure la rentabilité de l’entreprise à long terme.
« On aimerait la transférer éventuellement et on souhaite qu’elle soit en bonne situation financière », dit Sylvain.
À ce jour, ils semblent avoir fait de bons choix, car la croissance a toujours été au rendez-vous, calculent-ils.
Qui sait, une sixième génération de Leroux pourrait bien prendre la relève. Âgés de 12 à 19 ans, les enfants respectifs des propriétaires semblent démontrer de l’intérêt.
L’aînée du groupe, la fille de Sylvain, a suivi les traces de son père et de son oncle. Elle est actuellement inscrite au programme de Gestion et exploitation d’entreprise agricole au campus Macdonald, à Sainte-Anne-de-Bellevue.
« On est choyés que cet intérêt soit présent, dit Sylvain Leroux. Et on se fait un devoir de le nourrir, en impliquant et en consultant les jeunes. »