Bio 2 mai 2025

Patates Dolbec, à l’avant-garde de la recherche sur le microbiome

Depuis 2019, Patates Dolbec travaille sous la direction de Richard Hogue, chercheur-biologiste à l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), à un projet visant à identifier les bactéries issues du microbiome dans ses sols.

« Les microbiomes, c’est vivant. Ce sont des bactéries et des champignons qui ont des interactions entre eux et qui évoluent dans le temps. Ils sont aussi modifiés par nos actions culturales. Bref, c’est porteur de rendements, de qualité, mais aussi de maladies. C’est ça qu’on cherche à comprendre », résume Philippe Parent, directeur assurance qualité et agronomie chez un des plus importants producteurs de pommes de terre de l’Est du Canada. 

Si Patates Dolbec s’intéresse tant aux travaux de recherche de Richard Hogue, c’est que la culture de la pomme de terre est très sensible à tous les pathogènes et microorganismes présents dans le sol qui peuvent affecter non seulement le rendement dans les champs, mais aussi l’apparence du légume.

« Les microbiomes, c’est vivant. Ce sont des bactéries et des champignons qui ont des interactions entre eux et qui évoluent dans le temps. […] C’est porteur de rendements, de qualité, mais aussi de maladies. C’est ça qu’on cherche à comprendre. » – Philippe Parent, directeur assurance qualité et agronomie chez Patates Dolbec
« Les microbiomes, c’est vivant. Ce sont des bactéries et des champignons qui ont des interactions entre eux et qui évoluent dans le temps. […] C’est porteur de rendements, de qualité, mais aussi de maladies. C’est ça qu’on cherche à comprendre. » – Philippe Parent, directeur assurance qualité et agronomie chez Patates Dolbec

Lorsqu’une pomme de terre perd son apparence, elle n’est plus vendable.

Philippe Parent

Le producteur de patates de Saint-Ubalde, dans la région de Portneuf, utilise principalement les engrais verts comme culture de rotation dans ses champs. Cette stratégie a déjà permis de réduire d’environ 40 % la quantité de phosphore et de 30 % les doses d’azote et de potassium en comparaison à ce qui était appliqué il y a une vingtaine d’années. 

« Il y a beaucoup de choses qui se disent sur les engrais verts, mais qui ne sont pas toujours validées. On se fait recommander d’utiliser tel type de plante parce que ça va aider pour telle maladie ou ça générera tel bénéfice, mais il n’y a rien de chiffré, rien de mesuré. Pour pouvoir prendre les bonnes décisions, il faut vraiment aller chercher les données, les analyser et les comprendre. »

Des interactions très complexes

Prévus jusqu’en 2028 pour le moment, les travaux de recherche visent à comprendre comment les microbiomes interagissent entre eux, mais aussi en présence d’actions extérieures comme l’ajout d’un amendement ou d’un pesticide, les rotations de culture ou le travail du sol par exemple.

« Il y a des maladies qui sont causées par certains champignons et bactéries présents dans le sol. Et parfois, on peut faire des actions qui vont contribuer à augmenter ces maladies-là. En revanche, il y a des microorganismes qui peuvent être ­nuisibles à une culture, mais pas autant pour une autre. Ce sont ces interactions très complexes qu’on analyse et qu’on cherche à comprendre. »

À terme, lorsqu’un protocole aura été développé et adapté aux réalités du producteur, Philippe Parent estime que les travaux menés par Patates Dolbec pourront être transposés pour d’autres types cultures. « Ce sont des analyses assez ­dispendieuses à faire et disons que c’est pour ça que ce sont les cultures les plus rentables qui s’y intéressent en premier. Mais ce ne sera pas juste bon pour la pomme de terre, on va tracer la route pour les autres. Un jour, on en arrivera peut-être à faire une analyse de sol et une analyse du microbiome. Ça sera peut-être ça à l’avenir », conclut-il.

Un projet pancanadien sur la santé des sols

Parallèlement à ce projet de recherche avec le Dr Hogue, Patates Dolbec fait partie d’un groupe de producteurs de pommes de terre au pays qui participe à un projet pancanadien sur la santé des sols.

Le projet Agri-science Grappe 4 Pommes de terre volet Santé des sols vise à améliorer la séquestration du ­carbone, la santé des sols et la biodiversité, ainsi que la productivité des cultures, en utilisant des pratiques agricoles ­régénératives et durables (PARD) adaptées aux besoins spécifiques du secteur de la pomme de terre.

Piloté par Claudia Goyer, chercheuse scientifique à Agriculture et Agroalimentaire Canada au Centre de recherche et de développement de Fredericton, le projet de recherche prévoit également fournir une étude socio-économique pour comprendre les défis et les coûts de la mise en œuvre des PARD.

« Il y a plusieurs chercheurs qui travaillent là-dessus. On partage nos données pour avoir une meilleure force de frappe. Parce qu’en agriculture, le nerf de la guerre, c’est d’avoir un sol en santé. Avec un sol en santé et une bonne matière organique, plus ta culture sera résiliente contre la sécheresse par exemple ou à certaines maladies », souligne Philippe Parent.