Bio 2 mai 2025

Ferme de recherche de Sollio Agriculture : le quart des champs certifiés Ecocert


Depuis février dernier, près de 25 % de la superficie de la ferme de recherche de 100 hectares de Sollio Agriculture à Saint-Hyacinthe opèrent sous la certification Ecocert Canada, couronnant ainsi une démarche initiée quatre ans plus tôt.

« En 2021, la ferme de recherche a reçu le mandat d’outiller Sollio Agriculture et ses réseaux afin d’appuyer la production agricole dans sa transition vers l’agriculture durable. Et quand on parle d’agriculture durable et de résilience des sols, toute la production biologique intervient là-dedans », explique Lucie Kablan, directrice de l’innovation pour l’agriculture durable et l’agriculture biologique chez Sollio Agriculture. 

Ces 24 hectares en régie biologique servent depuis 2024 à mener des projets touchant les grandes cultures (maïs, soya et blé). « Lorsqu’on a fait la transition de la culture conventionnelle à la culture biologique à l’automne 2021, on a fait deux années de prairie courte qui nous ont permis de vraiment gérer la mauvaise herbe avant de pouvoir commencer nos projets de recherche », poursuit l’agronome. 

Sollio Agriculture compte dans l’avenir brandir bien haut cette certification Ecocert Canada auprès des producteurs avec qui elle fait affaire. « La production biologique fait partie de la solution lorsqu’on parle de changements climatiques et de résilience des sols. Notre objectif, c’est vraiment de jouer un rôle de leader à ce niveau et d’encourager les producteurs à aller vers la production biologique qui fait partie de la solution », souligne Lucie Kablan. 

Des projets en chantier

Les projets menés sur la portion de champs certifiée Ecocert Canada sont destinés en premier lieu aux producteurs biologiques, mais peuvent tout aussi bien être adoptés en régie conventionnelle. En collaboration avec le Centre d’expertise et de transfert en agriculture biologique et de proximité (CETAB+), la ferme de recherche a implanté des cultures de couverture l’automne ­dernier et ce printemps. 

« La production biologique fait partie de la solution lorsqu’on parle de changements climatiques et de résilience des sols. »  – Lucie Kablan, directrice de l’innovation pour l’agriculture durable et l’agriculture biologique chez Sollio Agriculture

L’idée, c’est de voir dans quelle mesure on peut mieux gérer la fertilisation azotée lorsqu’on implante des engrais verts. Parce que la culture de couverture permet de fixer l’azote atmosphérique et de l’intégrer au sol, le projet répond aussi au plan d’agriculture durable du MAPAQ qui encourage une baisse de quantité de fertilisants appliquée.

Lucie Kablan

Sollio Agriculture procède également à des tests, en collaboration avec l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), sur la gestion des mauvaises herbes par le travail mécanique. « On sait que le travail mécanique en production biologique revient souvent dans les discussions. L’objectif, c’est ­d’évaluer différents types de travail mécanique afin de diminuer la pression sur la structure du sol. »

Implantation par drone

L’équipe de Lucie Kablan expérimente également, toujours dans la zone biologique, un projet d’implantation de cultures de couverture par drone. « Nous avons commencé l’an dernier et on a déjà pu évaluer quels types de cultures de couverture s’implantent le mieux par cette technique. Nous comparons les résultats avec des applications standards, comme lorsqu’on fait l’intercalaire lors du semis, du trèfle avec du blé par exemple. Nous avons obtenu des informations très pertinentes qui peuvent aussi servir aux ­producteurs conventionnels. »

L’implantation de cultures de couverture par drone fait partie des projets menés à la ferme de recherche.

Semis direct et projets à long terme

Un champ a aussi été réservé au semis direct. « On met plus l’accent là-dessus parce que le semis direct est reconnu comme étant une pratique qui permet vraiment une meilleure résilience des sols. Ici, à Saint-Hyacinthe, on est sur de l’argile lourde. On mène donc des tests en utilisant la technique du strip-till [travail du sol en bandes] d’un côté et le semis direct standard de l’autre côté. »

Enfin, la ferme de recherche a également réservé un champ pour des projets sur un horizon plus long. « Avec la chercheuse Marie-Élise Samson, de l’Université Laval, nous menons un projet avec les cultures de couverture pour suivre leur évolution et documenter le tout pour, à terme, fournir l’information aux producteurs. »

En tant que directrice de l’innovation pour l’agriculture durable et l’agriculture biologique, Lucie Kablan a évidemment suivi toutes les étapes menant à la certification Ecocert Canada dans une ferme où cohabitent la production conventionnelle et la production biologique. 

« Nous avions des personnes dédiées exclusivement à la production biologique. Nous avons sensibilisé l’ensemble de l’équipe de la ferme et pris toutes les dispositions pour qu’il n’y ait pas d’interventions extérieures. En tant que ferme de recherche, les deux productions cohabitent et nous tenons à jour nos registres, ce qui a permis que nous puissions avoir la certification sans aucun problème », conclut-elle.