Le journaliste Martin Ménard a été invité à tenir le rôle de modérateur francophone de la rencontre. Photo : Shaun Haney
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S'abonner maintenantOTTAWA – La Fédération canadienne de l’agriculture a tenu, le 17 avril, son traditionnel débat télévisé bilingue à Ottawa, un exercice destiné à guider les agriculteurs dans leur vote, mais aussi à forcer les différents partis à inclure l’agriculture dans leur campagne électorale.
Les prises de bec entre le candidat libéral Kody Blois et le candidat conservateur John Barlow ont donné le ton à la rencontre, les deux connaissant très bien le secteur agricole. Le bloquiste Yves Perron a pris plaisir à jouer les trouble-fêtes en ne se gênant pas pour critiquer ces deux partis qui, malgré leurs promesses, sont ceux qui ont dirigé l’agriculture du pays ces 20 dernières années.
Le conservateur John Barlow a souligné qu’il est temps d’épurer l’environnement d’affaires des agriculteurs, qui sont confrontés à d’innombrables demandes de permis et d’autorisation pour démarrer un projet. Il a donné l’exemple d’une usine de transformation laitière de 100 M$ qui n’a pas vu le jour en Colombie-Britannique en raison de la bureaucratie. Son parti veut créer un « one stop shop », un guichet unique pour démarrer les projets.
Le ministre actuel de l’Agriculture, Kody Blois, a lui aussi réitéré ses objectifs de, notamment, diminuer la paperasse et de changer la culture de l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Des propos qui ont fait réagir Yves Perron, rapportant des exemples contradictoires, comme le concept de tests d’ADN sur la volaille à la frontière qui avait été tabletté ou des formulaires agricoles qu’il a lui-même demandé de simplifier et « rien n’a été fait ».
Deux autres candidates maîtrisaient moins de sujets agricoles, mais ont tout de même amené une ouverture différente sur certains concepts. Heather Ray, du Nouveau Parti démocratique, a insisté sur l’importance de décentraliser la richesse et le pouvoir des mains des fermes corporatives pour plutôt les diriger vers les petites fermes familiales.
De son côté, Maria Rodriguez, du Parti vert, a surpris les autres participants sur une question portant sur la révision éventuelle de l’Accord Canada–
États-Unis–Mexique en disant que ceux-ci passaient complètement à côté de l’essentiel avec des solutions pour améliorer les exportations vers les États-Unis. Selon elle, il faut plutôt se concentrer sur le développement du marché domestique, accroître la création de valeur des produits agricoles et stimuler la production de produits biologiques.