Photo : Archives/TCN
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S'abonner maintenantTROIS-RIVIÈRES – Les producteurs de pommes de terre ont semblé emballés par les propositions d’allégements administratifs pour l’utilisation de l’eau qu’est venu leur présenter un intervenant du ministère de l’Environnement, Stéphane Armanda, lors de leur assemblée générale annuelle (AGA), le 26 mars. Ce dernier a même eu droit à de chaleureux applaudissements au terme de son allocution.

« Par contre, ça ne veut pas dire qu’on n’aura pas d’attentes envers vous », a prévenu M. Armanda, qui est sous-ministre adjoint à l’expertise et aux politiques en milieu terrestre et du développement durable au ministère de l’Environnement. « Il va falloir que vous nous aidiez à vous aider. »
Rappelons que l’obligation d’obtenir une autorisation pour le prélèvement d’eau, à laquelle les fermes devaient se soumettre progressivement, de 2024 à 2029, en vertu du Règlement sur l’encadrement d’activités en fonction de leur impact sur l’environnement (REAFIE), est finalement reportée de cinq ans, soit de 2029 à 2034.
M. Armanda a néanmoins invité les producteurs à déclarer, à compter des prochains mois, les quantités d’eau qu’ils prélèvent, notamment pour l’irrigation, afin d’avoir un meilleur portrait d’ensemble de leurs besoins en eau. Parce qu’actuellement, son ministère manque d’informations, dit-il, pour mettre en place les bonnes réglementations.
Ce ne sera pas des formulaires obligatoires avec de gros processus, mais si vous le faites, ça me permettra d’avoir les informations dont j’ai besoin.
Des autorisations peut-être plus nécessaires
Si tous les agriculteurs déclarent leurs prélèvements et que le ministère réalise finalement qu’il dispose de suffisamment d’informations ainsi, il est même probable que l’obligation fastidieuse et onéreuse d’aller chercher une autorisation d’ici cinq ans soit retirée, s’est-il avancé à dire. « On pourrait déjà penser à une modification réglementaire pour enlever complètement [cette exigence]. »
Potentiel sursis jusqu’à 2030 pour les eaux de lavage
A priori reportée à 2027, la date butoir pour se conformer à de nouvelles exigences de filtration des eaux de lavage de légumes, en vertu du REAFIE, pourrait finalement être repoussée à 2029-2030. C’est ce que Stéphane Armanda proposera à ses collègues, dans les prochaines semaines, estimant manquer d’information, à l’heure actuelle, pour « statuer sur les bonnes mesures à mettre en place ».
Depuis plusieurs années, les Producteurs de pommes de terre du Québec (PPTQ) plaident que la filtration de l’eau rejetée dans la nature après avoir servi à laver des légumes, jusqu’à ce qu’elle atteigne une concentration de 50 mg/L de particules en suspension, est inatteignable. Or, cette norme pourrait être revue, dit Stéphane Armanda. Des exemptions à l’obligation de filtrage sont également envisagées, par exemple, si le producteur réutilise son eau de lavage pour irriguer ses champs, retournant ainsi « la terre à la terre ».
Encore une fois, le sous-ministre adjoint a invité les agriculteurs à faire un bout de chemin en déclarant, de leur plein gré, le taux de concentration de particules dans leurs eaux de lavage.
Le pont entre les agriculteurs et l’Environnement
Stéphane Armanda en était à sa deuxième présence d’affilée à l’AGA des PPTQ, depuis qu’un nouveau mandat de faire le pont entre la réalité terrain des agriculteurs et le ministère de l’Environnement lui a été attribué.
Bien qu’il reste, selon eux, du travail à faire pour assurer une meilleure communication avec le ministère, plusieurs producteurs se sont avancés au micro pour saluer l’écoute dont le sous-ministre adjoint a fait preuve et les efforts qu’il déploie pour les accommoder et comprendre leur réalité.
« Maintenant, on a des devoirs à faire, a insisté le président des PPTQ, Francis Desrochers, en s’adressant à la salle. Si vous ne participez pas [en soumettant des déclarations], tout ce qu’on vient de bâtir là pour améliorer la communication avec l’Environnement n’aura servi à rien. »