Bovins 4 avril 2025

La gestion de l’offre crée des remous

La résolution visant à protéger la gestion de l’offre dans le contexte de guerre commerciale avec les États-Unis a rouvert une vieille plaie entre les producteurs de bovins de boucherie et les producteurs laitiers. 

Alors qu’une résolution prévoyait initialement demander aux Producteurs bovins du Québec (PBQ) d’appuyer la protection de la gestion de l’offre sans nuire à l’accès aux marchés nationaux et internationaux du bœuf et du veau, plusieurs amendements proposés ont plutôt visé à appuyer « toutes démarches » pouvant l’exclure des négociations commerciales. « Ce bout-là [dans la résolution initiale] est important pour que les producteurs de lait aient dans leurs réflexions de ne pas nuire à la production bovine en négociant », a indiqué au micro un ancien président des PBQ, Claude Viel. « On vous appuie dans ce que vous faites. Ça, j’ai compris que personne n’était contre ce point-là. […] On vous appuie; il n’y a pas de problème, mais ne nous donnez pas en échange. » Cet amendement a été rejeté et, après une heure de débats, souvent émotifs, la résolution a été adoptée à la majorité presque dans sa forme initiale. 

Prise de position

La résolution sur la gestion de l’offre avait été amenée dans chacune des régions par le comité de mise en marché des bovins de réforme et des veaux laitiers après que le conseil d’administration des PBQ se soit abstenu d’appuyer le projet de loi C-282 sur la gestion de l’offre lorsqu’il a été amendé au Sénat, l’automne dernier. 

Rappelons que ce projet de loi a été abandonné lorsque l’ancien premier ministre Justin Trudeau a prorogé le Parlement, le 6 janvier, dans la foulée de sa démission. Le projet de loi pourrait toutefois revenir si un député le déposait de nouveau après les élections. 

Au micro, le producteur Mathieu Classens a rappelé que la neutralité des PBQ vis-à-vis de la gestion de l’offre est une position adoptée depuis longtemps.

Ç’a été un gros combat dans les années passées pour en arriver là. C’est une position qui est importante vis-à-vis nos confrères ailleurs au Canada. Je ne suis pas un spécialiste, mais si on ne garde pas notre position de neutralité, ça aura des répercussions sur la neutralité partout au Canada.

Mathieu Classens

Interpellé au micro par M. Classens, le représentant québécois de l’Association nationale des engraisseurs de bovins a mentionné que son organisation discutera d’une prise de position officielle si le projet de loi est ramené après les élections.