Petits fruits 21 mars 2025

Bleuets : intervention de la Régie après trois ans d’impasse

Après trois ans d’impasse à tenter de renouveler leur convention de mise en marché vieille de 17 ans, les producteurs de bleuets sauvages et leurs acheteurs, les usines de congélation, se sont rendus à l’évidence; ils ne parviendront pas à s’entendre sans l’intervention de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec. Une première rencontre en médiation regroupant toutes les parties est prévue le 31 mars. 

« On a essayé toutes les formes de rencontres et de négociations possibles, certaines avec des avocats. Mais en décembre dernier, autant les transformateurs que le syndicat, on s’est rendus à l’évidence que ça n’avançait pas ou, en tout cas, pas assez rapidement », indique le président du Syndicat des producteurs de bleuets du Québec, Nicolas Pedneault, en entrevue avec La Terre.

Nicolas Pedneault. Photo : Caroline Morneau / TCN

« Sur combien de temps ça va s’échelonner encore? On ne sait pas, mais on espère que le processus permettra au moins de régler une partie de la convention », ajoute le président, anticipant que les parties devront probablement aller en arbitrage devant la Régie pour certains points. 

C’est qu’il sera ardu de s’entendre, considérant que la convention date de 2008 et qu’elle doit être revue de fond en comble. Qui plus est, elle concerne quatre usines de congélation aux modèles d’affaires différents, ce qui complexifie encore plus le processus. D’ailleurs, elles n’ont pas un point de vue unanime quant à des questions de droits d’approvisionnement en bleuets sauvages provenant de terres publiques du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

« C’est le seul point sur lequel on ne s’entend pas, entre les transformateurs. Sinon, pour le reste, on s’entend et le climat est très bon », assure pour sa part Rémi Dufresne, qui représente l’une des quatre usines de congélation concernées, Bleuets sauvages du Québec. En revanche, « ça accroche » avec le comité de mise en marché du syndicat des producteurs, admet-il.

On n’est pas capables de régler beaucoup de clauses. C’est assez ardu comme processus.

Rémi Dufresne

Se gardant d’entrer dans les détails des négociations, Nicolas Pedneault précise que l’objectif du syndicat des producteurs n’est pas d’aller chercher un meilleur prix à la livre, mais plutôt une garantie que tous les bleuets trouveront preneurs auprès des transformateurs, chaque saison, dans un contexte de récoltes de plus en plus abondantes et de capacité limitée des usines à tout prendre. Rémi Dufresne affirme que jusqu’ici, les transformateurs n’ont jamais laissé de bleuets au champ.

Regain de prix espéré

Les tendances de marché, avec des stocks de bleuets en baisse par rapport à la même période l’an dernier, tant en Amérique du Nord qu’en Europe, laissent entrevoir que le prix à la livre offert aux producteurs pour la récolte de 2024 pourrait être ajusté à la hausse d’ici l’été, selon ce qu’anticipe le Syndicat des producteurs de bleuets du Québec. Rappelons que le prix de départ a été fixé à 0,30 $/lb, soit une baisse radicale par rapport au prix offert en 2022, qui était de 0,75 $/lb. « Historiquement, on voit qu’il y a un cycle de six ans des marchés. Après avoir connu un creux, on s’attend à ce que ça remonte en 2025. Les indicateurs sont bons », indique le président du syndicat, Nicolas Pedneault.