Bien que conscient du court laps de temps dont il disposait avant la dissolution du Parlement fédéral, le nouveau ministre de l’Agriculture, Kody Blois, a demandé à l’ACIA des allègements réglementaires afin d’accroître la concurrence des producteurs canadiens. Photos : Cabinet du ministre Kody Blois
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S'abonner maintenantAdvenant une victoire libérale au prochain scrutin fédéral et le cas où le nouveau ministre de l’Agriculture, Kody Blois, est reconduit à son poste, le représentant de la circonscription de Kings-Hants, en Nouvelle-Écosse, priorisera la compétitivité des exploitations agricoles, les allègements réglementaires et la relève.
Le déclenchement des élections était imminent au moment de l’entrevue accordée en français par le nouveau ministre de 34 ans, le 18 mars. Au moment de mettre le journal sous presse, deux jours plus tard, la date du 23 mars était avancée pour la dissolution du Parlement et celle du 28 avril, pour un scrutin. En entrevue, Kody Blois a mentionné que sa priorité à court terme était d’accroître la compétitivité du secteur agricole et agroalimentaire.
Dès son entrée en fonction, le 14 mars, il a demandé à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) de réduire le fardeau administratif des producteurs et d’accélérer l’approbation de produits. Il souhaite que l’ACIA travaille notamment avec différentes organisations en Europe, en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis afin que les agences échangent les données scientifiques qui ont permis de prendre des décisions d’homologation de produits. Cette mesure vise, d’une part, à réduire la charge tarifaire qui pèse sur les fabricants d’alimentation animale et, d’autre part, à remplacer l’alimentation provenant des États-Unis en augmentant le nombre d’ingrédients approuvés en provenance du Canada ou d’autres pays.

À plus long terme, Kody Blois compte lancer une enquête nationale afin de trouver des mécanismes fiscaux qui aideront la relève et les cédants à transférer des fermes.
Nous avons un problème maintenant pour encourager les gens. [L’enquête permettra de] trouver les mécanismes fiscaux pour s’assurer que nos jeunes fermiers ont des opportunités d’acheter la ferme et pour les fermiers qui veulent une retraite, de s’assurer qu’il y a des mécanismes en place.
Ouvert à légiférer sur la gestion de l’offre
À deux reprises dans les dernières années, des projets de loi visant à protéger la gestion de l’offre ont été abandonnés avant d’obtenir la sanction royale. Si les parlementaires retournaient siéger à la Chambre des communes le 24 mars, comme Justin Trudeau l’avait annoncé en prorogeant le Parlement, le ministre Blois était ouvert à discuter du retour de ce projet de loi. La circonscription qu’il représente renferme, selon ses dires, la plus grande concentration de fermes sous gestion de l’offre à l’est du Québec. « C’est important pour moi d’expliquer mon engagement complet du système de gestion de l’offre parce que [c’est] un exemple parfait de l’importance de protéger notre sécurité alimentaire, pour protéger notre économie rurale et régionale », souligne M. Blois, notamment à la lumière des menaces d’annexion du président Trump envers le Canada.
D’ailleurs, le mot d’ordre qu’il a reçu du nouveau premier ministre Carney est « maîtres chez nous ». L’objectif de Mark Carney est de faire du Canada la meilleure économie du G7, et l’agriculture s’inscrit dans cette vision, puisqu’un emploi sur neuf est relié à l’agriculture et à l’agroalimentaire au pays. « Mon but, mentionne M. Blois, c’est d’être un champion pour le secteur agricole et de, bien sûr, gérer les situations difficiles avec nos producteurs avec les menaces des tarifs des États-Unis et chinois qui sont en place. »
Qui est Kody Blois?
Kody Blois est un Néo-Écossais de 34 ans, dont le père était camionneur et la mère, adjointe administrative dans une école. Dans sa jeunesse, le député de Kings-Hants a été un sportif de haut niveau. En 2008, il a défendu les couleurs des Mooseheads d’Halifax dans la Ligue de hockey junior Maritimes Québec. En 2011, à l’âge de 20 ans, il a également remporté le championnat canadien de balle molle à titre de lanceur dans l’équipe néo-écossaise. L’année suivante, c’est dans une équipe du Québec que Kody Blois a compétitionné, étant donné que la Nouvelle-Écosse n’avait pas envoyé d’équipe au championnat. Il mentionne avoir adoré son passage de trois semaines au sein d’une famille de Chaudière-Appalaches qui l’a hébergé, celle du directeur d’une école secondaire dans Bellechasse, Jean Roy.
Après avoir obtenu un diplôme en droit de l’Université de Dalhousie, en 2018, il a remporté la circonscription de Kings-Hants sous les couleurs libérales aux élections générales de l’année suivante. En 2021, il est devenu président du Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire à la Chambre des communes, puis, en février 2025, secrétaire parlementaire du ministre sortant de l’Agriculture, Lawrence MacAulay. Le 14 mars dernier, il a été assermenté à titre de ministre de l’Agriculture du Canada.
Pas d’enveloppe supplémentaire pour les programmes de gestion des risque
Dans les 24 heures qui ont suivi son assermentation, le nouveau ministre fédéral de l’Agriculture, Kody Blois, s’est entretenu avec le président de l’Union des producteurs agricoles, Martin Caron. La question des programmes de gestion des risques a alors été abordée. « Nous n’avons pas eu de budget [supplémentaire]. Nous n’avons pas les approbations donc c’est absolument nécessaire de travailler dans le contexte de notre autorité existante, mais mon but [avec mes équipes] est de trouver toute la flexibilité dans nos programmes de gestion des risques pour s’assurer que les liquidités et un certain soutien sont en place pour nos fermiers », indique le ministre Blois.