Dans les entrepôts réfrigérés de Congebec, des caisses de produits endommagés ou mal étiquetés sont redirigées vers les banques alimentaires du Québec. Photo : Sonia Daviault
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S'abonner maintenantL’entreprise Bel Canada, qui est derrière des produits comme La Vache qui rit, Babybel et GoGo squeeZ, vient d’annoncer un partenariat avec l’entreprise de distribution Congebec et les Banques alimentaires du Québec pour rediriger ses produits invendables, mais encore consommables, vers des organismes communautaires de la province.
La nouvelle entente permet ainsi de récupérer des denrées qui étaient auparavant détruites pour diverses raisons. « Par exemple, si une boîte tombe et est endommagée, ça va nous coûter plus cher de tout réemballer, même si les produits sont encore très bons. Ça peut aussi être parce que les dates ne respectent plus les exigences des détaillants, car certains demandent qu’il reste encore au moins 40 jours de vie aux produits lorsqu’ils sont livrés », spécifie Cristine Laforest, directrice générale de Bel Canada, en entrevue avec La Terre.
Congebec offre depuis 2023 à ses clients un espace d’entreposage réfrigéré gratuit pour faciliter ce genre de dons à l’organisme Banques alimentaires du Québec. Bel Canada est toutefois la première entreprise à s’engager dans le cadre de cette entente, ce qui lui permet de faire d’une pierre deux coups, puisque depuis 2019, elle vise aussi l’atteinte du « zéro gaspillage », souligne Mme Laforest.
Du côté de la production, elle donne l’exemple d’un équipement acquis à l’usine de Sorel-Tracy, en Montérégie, pour récupérer les fromages Babybel qui remplissent les critères de qualité pour la consommation, mais dont la forme est imparfaite. La machine en question, une « dépiauteuse », précise-t-elle, permet de sortir les fromages de leur coquille de cire rouge pour qu’ils puissent être récupérés dans la fabrication d’autres produits, dont la Vache qui rit.
On a réussi à diminuer de 95 % la destruction des produits alimentaires. On était à environ 600 tonnes de fromage jeté par année en 2019, alors que maintenant, on n’a même pas une tonne. On est fiers de l’avoir fait et de continuer en ce sens.
La directrice générale admet que la pression sociétale reliée à la hausse des demandes dans les banques alimentaires est un facteur qui les a amenés « à faire des réflexions et à pousser encore plus loin leur objectif de réduction de gaspillage alimentaire de l’entreprise ».
Elle aimerait d’ailleurs que leur exemple fasse boule de neige auprès des autres clients de Congebec. Un souhait que partage Martin Munger, directeur général des Banques alimentaires du Québec, qui rapporte une hausse de l’insécurité alimentaire depuis 2019, avec une augmentation de 16 % des demandes d’aide auprès des banques alimentaires de leur réseau dans la dernière année.
« Tout n’est pas récupérable »
Il insiste toutefois sur le fait que « tout n’est pas récupérable ». « Je pense aux aliments périmés ou aux os et aux carcasses animales. Nous, on ne peut rien faire avec ça. Notre but, c’est de nourrir les gens, pas d’éliminer le gaspillage. Les produits qui approchent de leur fin de vie sont aussi plus lourds à gérer, puisqu’ils doivent être congelés ou transformés pour être conservés », affirme-t-il en entrevue.
Les efforts pour trouver de nouveaux partenaires pour répondre à la croissance des demandes ont mené à plusieurs nouvelles ententes dernièrement, notamment avec le transformateur de volaille Exceldor ou les supermarchés, mentionne M. Munger.
Or, Bel Canada reste jusqu’ici la seule entreprise à s’être engagée dans le cadre de l’entente avec Congebec, qui compte pourtant de nombreux autres clients. « Elle donne vraiment l’exemple, parce que c’est la première qui fait des dons de cette importance sur une base régulière. Je pense que c’est une mentalité à changer, car, des fois, les entreprises peuvent craindre que si leurs produits se retrouvent donnés dans une banque alimentaire, que ça puise affecter leur marque », confie-t-il.