Développer un lien de confiance avec les employés est l’une des priorités de Véronique Blais, directrice de l’usine Olymel à Saint-Henri. « Car une fois que les gens viennent vers nous, c’est plus facile de travailler avec mes équipes », dit-elle. Photo : Patricia Blackburn / TCN
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S'abonner maintenantSAINT-HENRI – En faisant sa tournée dans les installations de transformation de porc d’Olymel à Saint-Henri, dans Chaudière-Appalaches, la directrice de l’usine, Véronique Blais, salue ses employés en les croisant, parfois en déposant une main sur leur épaule pour s’informer des problèmes qu’ils rencontrent sur la chaîne de production, ou tout simplement pour leur demander comment ils vont. Ce lien de proximité qu’elle a développé avec les membres de ses équipes depuis son arrivée à la direction, en 2019, elle s’en dit particulièrement fière, puisqu’il représente, selon elle, une particularité importante de son approche plus féminine, qui fait la force de son style de management. « Ce qui fait la différence, je pense, c’est vraiment de bâtir les liens et, après ça, être capable de gagner une crédibilité. Parce qu’une fois que les gens viennent vers nous, c’est plus facile de travailler avec eux pour améliorer les choses », confie-t-elle lors d’une rencontre avec La Terre.
Elle souligne que ce changement d’approche, qui sollicite la participation de ses équipes, autant du côté des 70 cadres que des 360 employés de son usine, a quand même bousculé les anciennes manières de faire. « Moi, j’aime laisser une marge de manœuvre à mes employés, mais dans la culture, avant, c’était plus directif. Les gens étaient plus exécutants, donc ça les déstabilise un peu, car ils ne sont pas habitués de se faire approcher comme ça. »
Elle aimerait d’ailleurs amener cette dynamique encore plus loin dans les prochaines années, avec une plus grande mobilisation des employés afin que ceux-ci s’engagent dans l’amélioration de la production dans son ensemble. « J’aimerais qu’ils aient une contribution autre que seulement celle de mettre des paquets dans des boîtes », illustre-t-elle, reconnaissant que cela reste toutefois un défi dans une usine de transformation où le travail se fait à la chaîne.
Dans un monde d’hommes
Après quelques années dans un poste en assurance qualité chez Olymel, Mme Blais est retournée à l’université pour s’outiller en stratégies de management, car elle souhaitait gravir les échelons, bien que le milieu de la transformation alimentaire, surtout du côté des abattoirs, soit encore à forte majorité masculine, a-t-elle rapidement constaté.
Sa première rencontre avec ses homologues masculins au siège social d’Olymel, en 2019, elle s’en souviendra longtemps.
Sur les 25 personnes, on était seulement 3 femmes. Donc, je n’étais pas grosse dans mes souliers, à la limite intimidée, surtout que c’étaient des hommes parfois imposants physiquement qui étaient dans leur siège de directeur depuis de nombreuses années alors que je commençais.
Pour se préparer, la nouvelle directrice avait passé en revue chaque détail de sa présentation, allant même jusqu’à réfléchir à l’intensité de sa poignée de main. « Mais après ça, on se dit : ‘‘Ben là, je n’ai pas eu la job pour rien. Ça roule bien, mon usine.’’ Et on reprend confiance, on fait sa place », lance-t-elle.
Selon la dirigeante, les femmes doivent rester authentiques, puisque leur approche différente peut aussi avoir un effet bénéfique dans les activités des usines. « C’est sûr qu’on a toujours droit aux blagues, mais j’aime bien en faire aussi. Des ‘‘Salut ma belle Véro! Comment ça va aujourd’hui?’’, je ne sais pas combien de fois je l’entends dans une semaine. Je me dis que ce n’est pas sexiste, que c’est un compliment et qu’il ne faut pas le prendre au premier niveau. »