Apiculture 5 mars 2025

Un appui plus large à la chambre de coordination apicole

JOLIETTE – Le projet de création d’une chambre de coordination apicole a franchi une nouvelle étape avec la consultation d’un plus grand nombre d’apiculteurs à travers la province, qui s’est soldée par un sondage majoritairement favorable au projet. 

La création de cette chambre avait déjà reçu l’aval des membres des Apiculteurs et apicultrices du Québec (AADQ) en février 2024, mais puisque seulement 15 % des apiculteurs de la province font partie de la fédération, celle-ci devait élargir sa consultation pour s’assurer d’avoir un plus grand poids lorsqu’elle soumettra le projet devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec.

Quelque 1 800 invitations ont donc été envoyées, par l’intermédiaire du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), aux apiculteurs enregistrés auprès de l’instance gouvernementale et possédant 150 ruches et plus. De ce nombre, 61 personnes, membres autant que non membres de la fédération, ont participé à une rencontre d’information organisée par les AADQ, le 11 février, sur le projet de chambre de coordination apicole.  

Un sondage effectué auprès de ces participants a ensuite permis d’obtenir 83 % d’appui au projet, a rapporté Raphaël Vacher, président des AADQ, lors de l’assemblée générale annuelle de l’organisation, le 21 février, à Joliette, dans Lanaudière.

On a terminé de faire le tour des apiculteurs et des intervenants. La prochaine étape, c’est donc d’aller cogner à la Régie des marchés agricoles pour demander l’accréditation et la création de la chambre.

Raphaël Vacher, président des AADQ
Raphaël Vacher et Maggie Lamothe-Boudreau, respectivement président et première vice-présidente des Apiculteurs et apicultrices du Québec, lors de l’assemblée générale annuelle de l’organisation, le 21 février, à Joliette. Photos : Patricia Blackburn/TCN

Désir de financer collectivement la recherche et la promotion

Cet outil de chambre de coordination, prévu par la Loi sur la mise en marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche, vise principalement à développer la production apicole en finançant collectivement la recherche et la promotion des différents produits issus de la ruche, avec l’appui de partenaires, comme le Centre de recherche en sciences animales de Deschambault et le transformateur Citadelle, qui ont déjà manifesté leur intérêt à collaborer au projet. Des chambres de coordination existent déjà dans d’autres secteurs de production, notamment dans celui des fraises et framboises.

Le financement proviendra en partie d’une contribution de 2 $ par ruche pour tout apiculteur possédant 200 ruches et plus. Cela permettra à l’organisation d’élargir le financement de la recherche en faisant contribuer l’ensemble des apiculteurs de la province, qu’ils soient membres ou non des AADQ. En effet, l’organisation compte quelque 150 membres, alors qu’environ 1 500 apiculteurs sont enregistrés au MAPAQ. Toutefois, 61 % de l’ensemble des ruches du Québec appartiennent à des membres des AADQ, qui représentent également 60 % des propriétaires de 200 ruches et plus. 

Réactions divergentes

Si le projet a reçu un appui majoritaire et des applaudissements lors de l’assemblée du 21 février, certains apiculteurs ont pris le micro pour exprimer leurs inquiétudes par rapport aux réels avantages qu’ils pourront en tirer. « Je suis d’accord pour contribuer, mais il faut que ça donne quelque chose. On a déjà une pression financière très grande », a souligné l’un d’entre eux.

Un autre, Joël Laberge, propriétaire de la Miellerie Saint-Stanislas, en Montérégie, a quant à lui souligné l’importance que l’organisation fasse preuve de transparence sur l’utilisation de l’argent et qu’elle s’assure que la contribution de 2 $ par ruche sera bien encadrée afin de prévenir que certains contournent cette obligation par différentes stratégies.