Boviteq a choisi d’implanter, en Australie, un laboratoire aménagé dans un conteneur de transport. Melissa Bowers s’est rendue sur place pour participer au déploiement de « la boîte bleue ». Photo : Gracieuseté de Boviteq
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S'abonner maintenantLa demande pour les embryons bovins produits par Boviteq – une division de Semex, dont le siège social est situé en Montérégie – est en forte croissance à l’international. Si bien que quatre nouveaux laboratoires de fécondation ont été implantés aux États-Unis depuis 2021. Un autre entrera en activité sous peu en Australie.
« Notre business a plus que doublé depuis quatre ans. On investit énormément au niveau de l’expansion dans les marchés cibles, où il y a de la demande », indique, en entrevue, Melissa Bowers, vice-présidente de Boviteq, qui se spécialise dans l’offre de services pour la fécondation in vitro.
Des ovules de vaches donneuses sont récoltés directement à la ferme, puis sont envoyés dans les laboratoires où se fait la fécondation avec la semence de taureau. Les embryons produits sont ensuite retournés aux producteurs.
Avant 2021, Boviteq n’avait qu’un laboratoire à l’extérieur du Québec, soit celui du Wisconsin, implanté en 2012-2013. D’autres ont été ajoutés aux États-Unis ces dernières années, d’abord à New York, puis en Californie et en Idaho. Depuis quelques semaines, l’Arizona a aussi le sien. Le nouveau, en Australie, entrera en activité d’ici la fin de 2025.
Au début, on desservait, avec l’aide de partenaires vétérinaires, des clients qui étaient à New York et en Californie, puis les ovules étaient envoyés au Wisconsin, parce que c’était le seul laboratoire qu’on avait aux États-Unis. On a dû prendre de l’expansion vite, en raison de la demande et aussi en raison de la complexité au niveau du transport. Les ovules, une fois récoltés, doivent aller au laboratoire dans les 24 h qui suivent.
En parallèle au déploiement de ses propres laboratoires, Boviteq vend sa technologie à des partenaires à l’international. Ils achètent le milieu de culture créé au siège social de Saint-Hyacinthe, et s’en servent pour faire leurs embryons dans plusieurs pays d’Europe, et bientôt au Japon.
« Tous nos milieux de culture utilisés à travers le monde – soit ce qui sert à créer des embryons – que ce soit aux États-Unis, en Europe et bientôt en Australie et au Japon, sont produits à Saint-Hyacinthe. Tout vient de là. On est devenus très reconnus pour la qualité de nos embryons », affirme Mme Bowers, spécifiant qu’en 2024, le réseau de Boviteq a produit plus de 310 000 embryons, soit environ le double de ce qui était produit, il y a cinq ans.

Une technologie de plus en plus populaire
Selon Melissa Bowers, l’option de faire appel à la fécondation in vitro est de plus en plus populaire auprès des éleveurs partout dans le monde, car la technologie, qui a beaucoup évolué dans la dernière décennie, est plus accessible qu’avant, bien qu’elle ne convienne pas à toutes les fermes.
Les éleveurs qui veulent rehausser plus rapidement la qualité de la génétique de leur troupeau, et qui sont prêts à investir en ce sens, envisagent cette option, car elle fait en sorte que les vaches de moins bonne génétique peuvent donner naissance à de meilleurs veaux, en recevant un embryon provenant de donneurs de génétique supérieure.
« Quand ta vache est déjà bonne, tu peux l’accoupler avec de la semence sexée pour qu’elle transmette sa génétique à ses veaux, mentionne-t-elle. Mais si elle est de moins bonne génétique, tu peux lui mettre un embryon pour qu’elle vêle d’un veau de meilleure génétique. »
Des laboratoires dans des conteneurs
Pour s’adapter aux différents marchés avec plus de flexibilité, s’installer plus rapidement et réduire ses coûts fixes, dans un contexte d’expansion rapide, Boviteq a choisi d’implanter, en Australie, ce qu’elle appelle une « boîte bleue », en guise de laboratoire. Trois personnes y travailleront, au début, pour produire des embryons.
« C’est un vrai laboratoire Boviteq qui suit nos critères, nos protocoles, mais qui est aménagé dans un conteneur de transport », résume Melissa Bowers, vice-présidente de la division embryons de Semex. Elle précise que la Californie et l’Idaho ont aussi leur boîte bleue.
« Ça permet de bien comprendre le marché avant d’investir pour un laboratoire permanent de 2 M$, comme ceux qu’on a à New York, à Saint-Hyacinthe et à Madison. On ne veut pas se retrouver dans une région où la demande n’est pas concentrée, car on est très dépendants de notre façon de gérer le transport des ovules. La boîte bleue, on peut la bouger, on peut en ajouter. On a beaucoup d’options », indique-t-elle, ajoutant que l’Australie devrait éventuellement avoir son laboratoire permanent, étant donné que Semex a déjà des bureaux là-bas.