Lait 14 février 2025

Les consommateurs renouent avec le lait, constate Agropur

Alors que la tendance était plutôt au déclin, ces 20 dernières années, les ventes de lait de consommation d’Agropur ont subitement connu un regain au Canada, en 2024, générant de la croissance. Les laits à valeur ajoutée ont été particulièrement populaires. 

C’est ce qu’a assuré le vice-président principal et chef de la direction financière d’Agropur, Stéphane Tremblay, dans une entrevue accordée en marge de l’assemblée générale annuelle de son organisation, le 12 février, à Drummondville.

« On voyait un déclin de 1 à 2 % par année, et là, on voit une hausse. On parle de 1 % de croissance sur un an dans le lait régulier et de 3-4 % dans le lait à valeur ajoutée », spécifie-t-il, estimant que ces statistiques marquent un « revirement de tendance » plutôt significatif, au pays. 

Stéphane Tremblay

D’ailleurs, Agropur entend tirer profit de ce changement d’habitude des consommateurs dans la prochaine année. Des investissements sont notamment prévus à l’usine de l’arrondissement Saint-Laurent, à Montréal, pour augmenter la capacité de production de lait à haute teneur protéinique ou encore sans lactose, commercialisés sous la marque Natrel. Ce sont des exemples de produits qui ont la cote, actuellement, indique M. Tremblay.

Tout comme les Producteurs de lait du Québec, qui remarquent aussi un regain de la demande pour le lait de consommation depuis un an, Stéphane Tremblay présume que la croissance démographique au Canada explique en partie le phénomène. Se basant sur les résultats d’un sondage maison mené chaque année, Agropur constate par ailleurs que la valeur protéinique et l’apport nutritif du lait semblent davantage reconnus des consommateurs qu’il y a quelques années. 

Chiffre d’affaires de 8,8 G$

Agropur a réalisé un chiffre d’affaires de 8,8 G$ pour l’année 2024, ce qui représente une croissance de 6,8 % par rapport à 2023. Le bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements a atteint 609,6 M$, soit une augmentation de 11,7 % par rapport à l’exercice précédent. 

Stéphane Tremblay explique surtout cette croissance par les ventes de fromages aux États-Unis, qui ont été particulièrement payantes. L’ajout d’une usine en 2023 de même qu’une amélioration de la capacité de production de fromages dans les sept usines qu’Agropur possède aujourd’hui, de l’autre côté de la frontière, y contribuent.

« On en fait plus avec les usines qu’on a et le marché américain est capable de prendre toute cette capacité additionnelle. Donc aussitôt qu’on est capables d’en fabriquer plus, on est capables de le vendre et de générer plus de rentabilité », indique-t-il, spécifiant aussi que la coop tire avantage du taux de change et du prix des fromages, qui a augmenté.


70 M$ versés aux membres

S’estimant en bonne posture financière, au terme de son exercice 2024, Agropur a décidé de verser au comptant l’équivalant de 70 M$ à ses membres dernièrement sous forme de ristourne et de rachat de parts de placement. C’est presque 10 M$ de plus que l’an dernier. Le conseil d’administration a d’abord déclaré une ristourne de 60 M$, dont le quart (15 M$) a été payé au comptant en décembre. Le reste a été émis sous forme de nouvelles parts de placement que la société s’engage à racheter plus tard. Au début février, des parts du passé d’une valeur 55 M$ ont ensuite été rachetés aux membres.

Des projets d’investissements sur pause

Dans un contexte d’incertitude économique et de potentielle guerre commerciale avec les États-Unis, Stéphane Tremblay explique que des projets d’investissements d’envergure qu’Agropur avait dans sa mire sont mis sur pause pour l’instant. Rappelons que la coopérative laitière a l’intention d’investir de façon importante au Québec et en Atlantique pour la valorisation des solides non gras, soit ce qu’il reste du lait une fois qu’on en a extrait la matière grasse pour la fabrication de fromages, de beurre ou de crème. Agropur espère que son dossier sera retenu dans le cadre d’un programme de subvention fédéral en ce sens. Un projet d’agrandissement de 100 M$ de son usine de fabrication de beurre et de poudre de lait de Plessisville, dans le Centre-du-Québec, est notamment en jeu. « C’est sûr que l’incertitude, c’est le grand mot en ce moment. Ça fait en sorte de retarder des projets, parce qu’on attend de voir [ce qu’il arrivera], indique-t-il. On a évidemment des projets en tête, mais on a encore du travail à faire pour aller de l’avant avec ces projets-là. »