Acériculture 17 février 2025

Le prix moyen du sirop grimpera de 4,1 %, mais celui du bio chute

La nouvelle convention de mise en marché du sirop d’érable, qui est pratiquement signée, prévoit une augmentation moyenne du prix du sirop régulier en vrac de 2,6 % pour cette saison et de 1,5 % en 2026. Cela totalise une hausse de 4,1 % sur deux ans, confirment les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ).

Louis Turenne

Chaque classe varie différemment. Par exemple, la nouvelle convention prévoit une augmentation de 0,07 $ la livre (lb) en 2025 pour le sirop doré, tandis que la hausse sera de 0,08 $/lb pour le sirop ambré et de 0,12 $/lb pour le sirop foncé. Le sirop très foncé, inférieur à 7 % de transmission de lumière, enregistra cependant une baisse de prix de 0,68 $/lb pour 2025.

Le Conseil de l’industrie de l’érable (CIE), qui négociait avec les PPAQ au nom des acheteurs et transformateurs, indique que des concessions ont été réalisées, tout en gardant en tête que les marchés d’exportation ne peuvent se permettre une hausse plus considérable du prix. « La préoccupation des acheteurs est de maintenir un produit abordable pour maintenir la croissance [des ventes] qu’on vise, de 5 % par année », explique le président du CIE, Louis Turenne.

Ce qui influence notre approche, c’est le coût des produits substituts qui sont en compétition avec le sirop d’érable, comme le sirop de table, le miel, le sirop d’agave, etc. On surveille comment évoluent ces produits et on surveille la capacité de payer du consommateur, qui va décrocher si on augmente le prix du sirop d’érable d’un certain pourcentage.

Louis Turenne, président du CIE et directeur général de la Maple Treat Corporation

La nouvelle convention prévoit toutefois une pénalité de 0,25 $/lb pour les producteurs qui livreront du sirop turbide. Le poids d’un baril sera dorénavant ajusté à la baisse advenant une trop grande quantité de râche, de drèche ou de matières insolubles. « On veut lancer un message clair sur la qualité. Ça fait partie d’une stratégie du CIE. On veut éliminer cette pratique [du sirop mal filtré], qui n’est pas acceptable. C’est un faible pourcentage du sirop, mais pour un transformateur, l’impact est important, car un seul baril peut bloquer une presse », mentionne M. Turenne, qui est également directeur général de la Maple Treat Corporation.

La nouvelle convention prévoit que les acheteurs pourront étirer le classement du sirop jusqu’au 30 novembre au lieu du 30 octobre, et ce, selon certaines modalités.

De leur côté, les acheteurs ont accepté de hausser de près de 50 % leur contribution au système de classement en versant dorénavant 0,012 5 $/lb plutôt que 0,007 5 $/lb. Le CIE évoque un projet pilote de création d’une flotte commune de barils, qui fonctionnerait selon le principe des consignes.

Baisse importante du prix du bio

La nouvelle convention assène une correction au bio en prévoyant une diminution de 20 % de la prime bio, laquelle passera de 0,22 $/lb à 0,18 $/lb dès 2025. « Depuis plusieurs années, l’offre et la demande de bio étaient assez bien arrimées, mais depuis 2023, la production est nettement supérieure aux ventes. Dans la réserve stratégique, sur 50 millions de livres, 40 étaient en bio. Donc 80 % de la réserve totale, c’est du bio qui n’a pas trouvé preneur. Il va falloir désormais ajuster l’offre du bio », explique Joël Vaudeville, directeur des communications des PPAQ.

Un plan B en cas de tarifs douaniers

Si une entente de principe est signée pour la nouvelle convention de prix entre les Producteurs et productrices acéricoles du Québec et le Conseil de l’industrie de l’érable, il reste quelques formalités à conclure, dont un plan B qui pourrait modifier la convention advenant que les États-Unis et leur président infligent des frais de douane supplémentaires de 25 % sur le sirop d’érable provenant du Québec. Les Américains sont, rappelons-le, le plus grand marché d’exportation du sirop québécois avec près de 62 % des volumes totaux exportés.