Maraîchers 31 janvier 2025

La valeur du dollar américain, un baume pour des exportateurs de légumes

Dans un contexte d’incertitude, où le marché de l’exportation vers les États-Unis a déjà été meilleur pour les maraîchers qui entreposent leurs légumes durant l’hiver, certains se consolent, à tout le moins, de pouvoir profiter de la valeur élevée du dollar américain.

« Le 50 livres d’oignons à 10 $ me rapporte 14,50 $ avec le taux de change quand je le vends à mes clients aux États-Unis. En septembre, il me rapportait 13,50 $. C’est un dollar de plus. C’est majeur », illustre le président du groupe Vegco, Marc-André Van Winden, qui exporte en hiver des oignons, des céleris-raves et des carottes conservés en entrepôt. Il est le copropriétaire de l’une des 12 entreprises maraîchères du regroupement, soit la Ferme Hotte et Van Winden, de Napierville, en Montérégie.

Depuis septembre, la valeur du dollar américain n’a jamais cessé d’augmenter, passant d’un équivalent de 1,34 $ CA à 1,44 $ CA, le 29 janvier. La dernière fois que l’écart de valeur entre les dollars américain et canadien a été si grand remonte à 2020.

C’est bon pour tous les exportateurs. On obtient plus d’argent pour le même produit à vente égale. Maintenant, ce qui nous inquiète, c’est ce qui arrivera avec les fameuses menaces de tarifs douaniers de 25 %. La grosse incertitude, elle est là.

Marc-André Van Winden

Du côté des Fermes Michel Riendeau, qui exportent des carottes, des betteraves, des pommes de terre et des choux plats aux États-Unis, Daniel Boyer confirme que la valeur élevée du dollar américain vient mettre un peu plus d’argent dans les poches des producteurs à une période de l’année où le marché est toujours plus difficile. « Janvier-février, c’est toujours la période la plus creuse de l’année. C’est sûr que 10 % de plus que l’année passée, ça paraît », observe celui qui est acheteur pour l’entreprise de Saint-Rémi, en Montérégie.

À pareille date l’année dernière, 1 $ US valait 1,34 $ CA, soit 0,10 $ de moins qu’en ce moment.

Récolte abondante en Idaho

Malgré le taux de change, un producteur de pommes de terre qui exporte ses produits sur la côte est américaine, Ricky Roberge, dit, pour sa part, obtenir des prix somme toute moyens pour ses légumes en raison d’une récolte abondante en Idaho, qui génère beaucoup d’offre sur les marchés par rapport à la demande.

« Oui, c’est sûr que le taux de change est avantageux pour les exportateurs, mais avec l’offre et la demande, on en profite peu », constate l’agriculteur de Saint-Roch-de-l’Achigan. Il appréhendait aussi, au moment d’écrire ces lignes, la potentielle mise en place de tarifs douaniers. « On n’a pas de contrôle; on va voir », conclut-il.