Distinctions 27 janvier 2025

Une plaque convoitée

SAINT-CÉSAIRE – Dans le bureau de la Ferme Labrise, les murs sont tapissés de plaques honorifiques de toutes sortes qui récompensent tant la productivité laitière que la conformation des vaches. Aux yeux des copropriétaires, cependant, il y manque encore la reconnaissance ultime : une plaque de maître-­éleveur Holstein Canada.

« On la veut! C’est sûr qu’on a toujours ça derrière la tête », lance Vincent Labrecque, qui assure la relève de la ferme familiale de Saint-Césaire, en Montérégie. Copropriétaire de l’entreprise depuis trois ans avec sa mère, son père et son frère, c’est lui qui est responsable de la gestion du troupeau et du volet de la génétique.

Le titre de maître-éleveur, aux yeux du producteur de 24 ans, est le plus grand honneur que des passionnés de génétique bovine puissent recevoir. Il s’agit de l’aboutissement d’un long marathon qui requiert beaucoup de rigueur, de constance et, bien souvent, l’implication de deux générations d’agriculteurs. Car pour obtenir le prestigieux titre, suffisamment de points doivent être accumulés, sur une période de 14 à 16 ans, relativement à l’excellente conformation des vaches et à la productivité laitière. 

La construction d’un nouveau bâtiment en stabulation libre, en 2022, pour loger confortablement les vaches taries et les taures, ainsi que l’acquisition d’un mélangeur qui vient homogénéiser la ration des animaux, a propulsé la production laitière.

Point tournant en 2007

En faisant visiter les lieux à La Terre, sa mère, Lynda St-Jacques, explique comment la construction d’une nouvelle étable en stabulation entravée, en 2007, a représenté un point tournant pour la ferme qui compte aujourd’hui 80 vaches en lactation, avec un quota de 125 kilos. 

C’est vraiment de 2010 à 2015, quelques années après avoir construit, qu’on a commencé à voir les points apparaître et qu’on s’est dit que ça se pouvait, de devenir maître-éleveur. C’est à partir de là que la conformation des vaches s’est mise à s’améliorer, parce que l’étable était mieux configurée et que les vaches se blessaient moins.

Lynda St-Jacques, copropriétaire de la Ferme Labrise

Des changements en matière de génétique et d’autres ajustements apportés au fil du temps ont aussi pesé dans la balance. Puis, la construction d’un nouveau bâtiment en stabulation libre, en 2022, pour loger confortablement les vaches taries et les taures, ainsi que l’acquisition d’un mélangeur, qui vient homogénéiser la ration des animaux, a propulsé la production laitière. 

« On n’a jamais été aussi haut qu’en ce moment. En 2021, on devait être à 12 500 kilos de lait par vache par année, en moyenne. Là, on approche les 13 500 kilos », compare Vincent Labrecque.

Javaline est l’une des meilleures vaches du troupeau. Classifiée excellente, elle a produit 86 000 kilos de lait en cinq lactations, dont près de 19 000 kilos en 2023.

Dans un horizon de cinq ans

À l’heure actuelle, les éleveurs savent qu’ils sont parmi les 54 meilleurs de leur catégorie, sur 543 fermes, mais ignorent leur positionnement exact.

« Chaque année, on dirait qu’on se rapproche du but, alors c’est sûr qu’on y pense un peu plus. Je pense que dans un horizon de cinq ans, ça se pourrait », évalue prudemment l’éleveur. 

Il explique que les plaques décernées pour l’année 2024 tiennent compte des points qu’ont permis d’amasser les animaux nés entre 2005 et 2020 inclusivement. En 2025, ce sera la tranche de 2006 à 2021 qui donnera des points, et ainsi de suite.

« Nous, c’est vraiment à partir de 2010 qu’on a commencé à être meilleurs, donc on a hâte que les années d’avant arrêtent de compter », explique l’éleveur, avec un sourire. En attendant, il se réjouit chaque année pour ses confrères qui parviennent à mettre la main sur le prestigieux titre.