Les commandes du géant Costco représentent un défi logistique pour les artisans fromagers.
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S'abonner maintenantLORRAINVILLE – Au moins deux artisans fromagers de l’Abitibi-Témiscamingue et du Saguenay–Lac-Saint-Jean ont réussi à se tailler une place dans les réfrigérateurs du géant Costco, ces derniers mois.
Fromage au Village, une petite entreprise située à Lorrainville, au Témiscamingue, a mis les bouchées doubles en fin d’année pour répondre à la commande de Costco. Quelques-uns de ses produits sont en vente dans certaines succursales pendant les mois de janvier et de février.
C’est super le fun, mais là, il faut faire du fromage, stocker du fromage et acheter du lait!
Bien que le dégagement de liquidités ait représenté un défi pour la production de 24 000 unités de Cru du Clocher, un fromage vieilli six mois, et de son petit frère parfumé à la fleur d’ail, ce premier contrat est aussi le fruit d’un travail de longue haleine, explique la fromagère. Elle cite entre autres les participations depuis trois décennies au concours Sélection Caseus et à ceux des Salons internationaux de l’alimentation (SIAL). Elle lance aussi des fleurs à son complice de longue date, Ghislain Trudel, pionnier de la promotion du terroir de la région.

Aujourd’hui retraité de l’alimentation, celui qui se souvient avoir démarché les détaillants de la province un à un avec son entreprise Promotions Agro pour les convaincre de mettre de l’avant ce rare fromage de lait cru croit que l’intérêt du géant Costco n’est pas étranger à l’entêtement de la fromagerie à produire un produit distinctif.
« Ce n’est pas évident. C’est un gros marché et une chose qu’ils recherchent, c’est la qualité. Ils ne cherchent pas juste un prix. Ils veulent avoir un produit plus haut de gamme pour attirer une clientèle plus haut de gamme. On est chanceux d’avoir ça en Abitibi-Témiscamingue », fait-il remarquer dans un plaidoyer senti en faveur de la poignée de fromageries québécoises qui s’entêtent contre vents et marées à produire des fromages au lait cru.
Un défi d’emballage
À un peu plus de 900 km du Témiscamingue, à Saint-Gédéon au Lac-Saint-Jean, la Fromagerie Médard est aussi abonnée aux distinctions. Sa copropriétaire, Rose-Alice Côté-Boivin, mentionne avoir pu compter sur l’aide de son distributeur, Plaisirs gourmets, pour décrocher, en août dernier, un premier contrat avec Costco.
« Ils ont plus l’habitude de négocier avec eux. Notre travail, c’était de s’accréditer, d’avoir l’inspection Costco pour petits fournisseurs, de se mettre aux normes. C’est sûr que c’est une inspection de plus, mais ç’a vraiment, vraiment bien été », relate-t-elle, précisant que l’emballage de cet important volume de La Belle-Mère a aussi constitué un défi. Et maintenant que ce premier pas est franchi, elle espère pouvoir y introduire d’autres produits.
Elle signale de l’intérêt pour quatre autres fromages et aimerait aussi pouvoir faire connaître la gamme de craquelins pour laquelle son entreprise vient d’acquérir une nouvelle chaîne de production. « On a eu des augmentations de lait dans la dernière année et on se disait qu’on allait essayer de voir si ce genre de marché-là nous convient. On ne peut pas juste se concentrer sur un acheteur, mais ça nous permet d’avoir des [pics] de vente, dit-elle. Ça nous convient pour le moment. Mais nos enfants sont jeunes et peut-être qu’eux autres vont vouloir grossir. On ne sait pas où ça va nous mener. »
Costco n’a pas donné suite aux demandes d’entrevue de La Terre.
