Annie Cossette et Stéphane Crevier. Photo : Dominique Jutras
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S'abonner maintenantMême si la nouvelle exigence fédérale concernant l’étiquetage des aliments emballés quant à leur teneur en gras saturés, en sucres et en sodium n’entrera en vigueur qu’en janvier 2026, il est urgent de se mobiliser dès maintenant en vue de se conformer, estiment des experts.
Lors d’un atelier d’information sur ce nouveau règlement tenu récemment à Joliette par le Conseil de développement bioalimentaire de Lanaudière (CDBL), la coordonnatrice mise en marché Annie Cossette a constaté que bien peu de transformateurs agroalimentaires sont prêts à faire face à la nouvelle norme.

Le nouveau symbole nutritionnel devra être positionné sur le devant du produit. Or, parfois, l’étiquette existante ne le permet pas. Ça impliquera de refaire une nouvelle étiquette et peut-être de choisir un nouveau contenant. Avec les délais qu’on rencontre chez les imprimeurs depuis la pandémie, c’est maintenant qu’il faut prévoir ça.
Stéphane Crevier, vice-président stratégie de marques et croissance à l’agence de création de marques Pigeon, qui s’est adressé aux participants de l’atelier, insiste lui aussi sur l’urgence d’agir.
Le 1er janvier 2026, tous les produits en magasin devront être conformes. Comme ils peuvent passer deux ou trois mois en entrepôt avant d’être mis sur les tablettes, ça veut dire que les produits livrés en septembre 2025 devront déjà être conformes.
Pour avoir leurs étiquettes prêtes à ce moment-là, il faudra s’y être pris bien d’avance, car les imprimeurs seront débordés, mentionne M. Crevier. Les délais habituels de six à huit semaines sont passés à trois à cinq mois depuis la pandémie. Puisque gros et petits transformateurs alimentaires voudront tous faire modifier leurs étiquettes en même temps, il y aura congestion, explique Stéphane Crevier.
« Tout le monde va vouloir que leurs produits soient prêts en même temps et les imprimeurs vont toujours prioriser les grosses commandes. On sent que les producteurs n’ont pas compris cette urgence-là. Ils ne réalisent pas les enjeux, et d’un autre côté, ils ne réalisent pas non plus les opportunités que ça peut représenter », dit Stéphane Crevier.
Des recettes à modifier?
Le spécialiste en design d’emballage cite une étude mexicaine qui démontre qu’après avoir apposé un tel symbole d’avertissement, plusieurs entreprises ont vu les chiffres de ventes de leurs produits baisser. « Certains producteurs pourraient vouloir changer leur recette. Un producteur de compote qui est à 16 % de la norme quotidienne pourrait changer sa recette, tomber à 14 % et donc ne pas avoir à apposer l’avertissement. Il faut y penser. »
Il est essentiel de s’informer et de se préparer dès maintenant, insiste Stéphane Crevier.
Les exigences en bref
Dès janvier 2026, le Règlement sur les aliments et drogues exigera qu’un symbole nutritionnel apparaisse sur l’étiquette de tout produit alimentaire préemballé, lorsque sa teneur en gras saturés, en sucres ou en sodium est égale ou supérieure aux seuils établis basés sur les valeurs quotidiennes recommandées. Pour la plupart des produits, le symbole doit être affiché si la quantité est égale ou supérieure à 15 % de la valeur quotidienne. Certains produits alimentaires seront exemptés, tout dépendamment des conditions et des lieux de vente, comme par exemple, un emballage de poulet en lanières destiné à être servie en cafétéria et non pas directement au consommateur, ou des bonbons emballés individuellement dont la surface n’est pas suffisante pour apposer l’étiquette.