Un vent de changement souffle aux Éleveurs de Volailles du Québec, alors que le recrutement d’un nouveau directeur général est en cours et que le président sortant, Sylvain Lafortune (à gauche), devra céder sa place au producteur Benoît Fontaine, qui a été élu à ce poste le 3 avril, lors de l’assemblée générale annuelle de l’organisation. M. Fontaine est un éleveur de poulet et de dindon de deuxième génération à Stanbridge Station, en Estrie. Il est entre autres connu pour avoir assumer la présidence des Producteurs de poulets du Canada de 2016 à 2021. De son côté, M. Lafortune s’est dit déçu de ne pouvoir poursuivre le travail amorcé depuis son entrée en poste, il y a un an, dans plusieurs dossiers qu’il avait à cœur, dont celui de la modernisation des règles encadrant la location de quotas, a-t-il confié en entrevue avec La Terre. Photo : Patricia Blackburn/TCN
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S'abonner maintenantSAINT-HYACINTHE – La production de poulet au Québec a progressé de 27 % en dix ans. Une hausse qualifiée « d’assez remarquable » par Richelle Fortin, la nouvelle directrice générale des Éleveurs de volailles du Québec (EVQ), qui était directrice des affaires économiques lors de l’assemblée générale annuelle de l’organisation, qui s’est tenue les 2 et 3 avril, à Saint-Hyacinthe.
Entre 2022 et 2023, cette croissance a été de 5,4 %. Elle inclut la production de poulet tant pour le marché domestique que pour les marchés d’exportation.
L’augmentation de la population est l’une des principales explications à cette progression, mais le prix des autres viandes concurrentes semble aussi avoir joué en faveur du poulet, a souligné Mme Fortin. Selon les données Nielsen sur les ventes en supermarchés, les consommateurs ont ainsi été plus nombreux à acheter de la viande de porc et de poulet, plus abordables que le bœuf, dont le prix a connu une forte hausse dans les dernières années.

Un appétit pour les cuisses
Les conditions économiques plus difficiles ont également transformé les habitudes de consommation à l’égard des différents produits de poulet, alors que les ventes de cuisses ont explosé au détriment de celles des poitrines, dont le prix est plus élevé. La croissance de la population immigrante au pays, qui est friande de viande brune, serait un autre facteur expliquant ce phénomène, selon les EVQ. Cette situation se reflète sur les prix des poitrines et des cuisses, sous l’influence du jeu de l’offre et de la demande.
Des stocks trop élevés
Par ailleurs, les stocks totaux de poulet en entrepôt continuent de s’accumuler à des niveaux qui surpassent les moyennes des dernières années, d’après le plus récentes données cumulées par Agriculture et Agroalimentaire Canada. Ce sont surtout les catégories des produits de poitrine, d’ailes et celles dite de « transformation additionnelle » qui montrent des hausses allant jusqu’à 30 % en un an, « soit l’équivalent de 8 millions de kilogrammes de poulet », a illustré Mme Fortin.
Les Producteurs de poulet du Canada évaluent actuellement la possibilité de ralentir la croissance de la production et d’encourager l’utilisation des stocks pour l’approvisionnement du marché canadien afin de retrouver des niveaux plus « acceptables » en entrepôt, a-t-elle ajouté.
Un boum dans les ventes de dindon
La faible hausse (1,2 %) du prix du dindon entre 2022 et 2023 expliquerait un boum dans les ventes de cette viande de près de 26 % pendant la même période, un phénomène très rare au Québec, a rapporté Richelle Fortin, directrice des affaires économiques aux EVQ. En effet, depuis de nombreuses années, la viande de dindon peine à croître parmi les autres types de protéines offertes en épicerie. À l’échelle canadienne, le Québec est d’ailleurs la seule province à avoir enregistré une telle hausse des ventes en 2023, selon les données Nielsen de ventes en épicerie, alors qu’ailleurs au pays, les ventes sont demeurées stables.