Photo : Archives / TCN
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S'abonner maintenantLe 29 mai, le gouvernement québécois présentait l’Alliance Agro-parc Québec, dorénavant chargée de la gestion du parc d’innovation agricole implanté sur les anciennes terres des Sœurs de la Charité, à Beauport. L’Alliance regroupe cinq partenaires : Agrinova (centre collégial de transfert de technologie), l’Université Laval, l’Institut de recherche et développement en agroenvironnement, Moisson Québec et l’UPA Capitale-Nationale–Côte-Nord.
C’est une excellente nouvelle, très attendue. Rappelons que c’est grâce à une importante mobilisation sociale que ces terres sont restées en zone agricole, permettant ainsi la création de l’Agro-parc.
Certaines activités démarrent cette année. Des projets de recherche et d’expérimentation occupent une quarantaine d’hectares. Une centaine d’hectares sont en rotation consacrés, dans l’immédiat, à une production commerciale de fourrage et de soya, partiellement pour l’exportation. Une production maraîchère est déjà pratiquée depuis l’an dernier sur deux parcelles de cinq hectares : la Ferme urbaine sociocommunautaire écologique (FUSÉ) approvisionne des organisations luttant contre l’insécurité alimentaire et la Ferme des Ambassadeurs produit des légumes exotiques pour le marché régional.
Malgré le rôle prépondérant de la population dans la sauvegarde de ces terres, aucun rôle ne lui est actuellement attribué dans l’équipe dirigeante. La participation de citoyens aux décisions serait certainement bénéfique dans le cadre d’un agro-parc inclusif, avec une agriculture innovatrice et de proximité, orientée vers une alimentation saine et accessible. Ces objectifs découlent d’une concertation menée par les AmiEs de la Terre de Québec auprès de 200 personnes et/ou groupes.
Les résultats des consultations du MAPAQ sont convergents : des terres nourricières locales, dans une perspective d’innovation. Or, la première rotation de culture prévue inclut du soya. Ce choix étonne l’Institut Jean-Garon puisque c’est une occasion manquée de sortir du tandem de rotation soya/maïs soutenu par des politiques agricoles désuètes. Pourtant, le Québec ne produit pas assez de céréales pour l’alimentation humaine. Signalons que la majorité de nos aliments ont voyagé 2 500 km avant d’être consommés.
La mobilisation de groupes et de citoyens a démontré que les terres des Sœurs de la Charité sont perçues comme un bien collectif. Maintenant qu’elles sont une propriété publique, Voix citoyenne se demande comment assurer sa « découvrabilité » et quelles actions permettront à la population d’apprendre à mieux se nourrir, avec une agriculture de proximité?
Les AmiEs de la Terre, l’Institut Jean-Garon et Voix citoyenne soulignent la forte dimension sociale et communautaire développée par les Sœurs de la Charité pendant cent ans sur ces terres cultivées depuis la Nouvelle-France. Nous avons le devoir collectif de perpétuer cette mission.
Les AmiEs de la Terre, l’Institut Jean-Garon et Voix citoyenne