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De bonnes techniques en pâturage permettent d’allonger la saison de paissance de façon à nourrir les animaux aux champs le plus longtemps possible et ainsi réduire les coûts de production, estime Elizabeth Lepage, agronome chez Sollio Agriculture. Photo : Archives/TCN

De bonnes techniques en pâturage permettent d’allonger la saison de paissance de façon à nourrir les animaux aux champs le plus longtemps possible et ainsi réduire les coûts de production, estime Elizabeth Lepage, agronome chez Sollio Agriculture. Photo : Archives/TCN

Un nouveau programme de mentorat en gestion de pâturages

Les producteurs agricoles pourront bientôt profiter de l’expertise de conseillers en gestion de pâturages pour améliorer leurs pratiques en la matière. Au cours des derniers mois, grâce à une collaboration entre le Conseil québécois des plantes fourragères (CQPF) et plusieurs partenaires, des formations ont été mises sur pied en vue de former ces experts qui seront présents dans différentes régions du Québec.

« Notre objectif est d’augmenter le niveau de connaissances des producteurs pour qu’ils exercent une meilleure gestion des pâturages, explique Serge Pageau, agent de développement au CQPF. Il y a déjà beaucoup d’information disponible. Le défi demeure de la rendre facilement accessible. »

S’adapter aux changements climatiques

Élizabeth Lepage

Elizabeth Lepage

« Des formations en pâturage, il en existe déjà. La différence, c’est que celles-ci mette l’accent sur l’adaptation aux changements climatiques de façon à ce que la production agricole soit plus résiliente face à ce phénomène qui va en croissant. Le contenu s’appuie sur des données fournies par des climatologues sur l’évolution du climat au Québec sur un horizon de 20 à 50 ans », explique André Roy, directeur des productions spécialisées et des ventes Opti-Bœuf chez Sollio Agriculture, un des partenaires du CQPF dans ce programme de mentorat.

Elizabeth Lepage, agronome et experte-conseil en production bovine chez Sollio Agriculture, est une des personnes qui a reçu la formation. C’est elle qui ira à la rencontre des producteurs qui voudront bien participer au programme pour leur proposer un accompagnement individuel.

« Les producteurs ne savent pas toujours par où commencer. On sera en mesure de les conseiller entre autres sur la répartition des parcelles et l’élaboration d’un calendrier de rotation des pâturages », précise-t-elle. « De bonnes techniques en pâturage permettent d’allonger la saison de paissance de façon à nourrir les animaux aux champs le plus longtemps possible et ainsi réduire les coûts de production, ajoute-t-elle. En fonction de la météo, il y a aussi moyen d’améliorer le regain des plantes une fois que les animaux ont changé de parcelles. »

Engouement pour les plantes fourragères

Ce programme de mentorat arrive au moment où il y a engouement très réel pour les plantes fourragères, soutient Serge Pageau. « Cela nécessite un effort de concertation entre les organismes du milieu pour s’assurer que l’information circule bien », dit-il. De fait, outre Sollio, plusieurs partenaires sont associés à ce projet, dont les Fermiers pour la transition climatique, qui ont rendu le financement disponible, l’Association canadienne pour les plantes fourragères (ACPF) de même que les universités McGill, Laval et l’Université du Québec en Abitibi (UQAT), pour le volet recherche.

Cet été, la tâche des mentors sera de trouver les producteurs qui souhaitent être mentorés. Il y en aura dans plusieurs régions, dont Chaudière-Appalaches, la Mauricie et le Saguenay–Lac-Saint-Jean. « D’autres régions pourraient s’ajouter, souligne Elizabeth Lepage. On vise à recruter entre 10 et 20 fermes pour commencer l’accompagnement dès 2023. »

« On sera aussi en mesure de recueillir des données pour évaluer les coûts et les rendements pour chaque producteur et ainsi déterminer le réel avantage économique d’une gestion des pâturages efficace », ajoute André Roy.

Sylvie Lemieux, collaboration spéciale