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Les technologies de culture intérieure comme celles de GiGrow permettent de contrôler l’environnement des plants. Photo : Gracieuseté de GiGrow

Les technologies de culture intérieure comme celles de GiGrow permettent de contrôler l’environnement des plants. Photo : Gracieuseté de GiGrow

Des technologies pour accroître l’autonomie alimentaire

Dans le but de contrer les changements climatiques et d’accroître l’autonomie alimentaire, des entrepreneurs québécois ont élaboré différentes technologies agricoles. Leur objectif commun : pouvoir cultiver des légumes 365 jours par année dans un espace plus compact qu’en terre.

Ces technologies permettent aussi de contrôler la progression des plants et de réduire la consommation d’eau et d’intrants. L’automatisation des systèmes nécessite également moins de main-d’œuvre. Selon leurs créateurs, l’engouement pour ce type de produits est bien réel, surtout depuis que la pandémie a accru la volonté d’autonomie alimentaire des Québécois.

GiGrow, un système de plantation en cylindre

Il y a quelques années déjà que Gilles Dumont a élaboré le GiGrow, un système de plantation en cylindre et à rotation qui s’inspire du principe que la Terre tourne autour du soleil. L’entreprise, qui a poursuivi la modernisation de son système pour amorcer les ventes officiellement il y a un an, observe un certain engouement pour celui-ci.

« La demande était là, plus à l’international où les problèmes de changements climatiques sont plus criants. Mais avec la COVID-19, on a vu un changement à 180 degrés au Québec. La demande a énormément augmenté ici et au Canada », indique Guillaume Dumont, ingénieur-chef de GiGrow et fils de l’inventeur. D’ailleurs, l’entreprise veut augmenter sa capacité de production dans un avenir rapproché afin de répondre à cette demande croissante.

Le système occupe un espace de 6 pieds sur 5 pieds qui équivaut à une terre de 5 pieds sur 30 pieds. Il est aussi possible d’en avoir plus d’un, côte à côte. Le cylindre en rotation permet la culture d’une vaste diversité de fruits, légumes et autres verdures. Les cultivars utilisés ne doivent cependant pas dépasser 24 pouces. « La rotation apporte beaucoup de bénéfices aux plants, dont une structure racinaire unique », indique Guillaume Dumont.

La faible quantité d’eau nécessaire, soit 9 litres par kilogramme de culture injectés dans les racines, rend l’environnement plus aride pour les insectes et maladies. Puisque le système est contrôlé avec l’intelligence artificielle, il nécessite moins de main-d’œuvre. Guillaume Dumont avance que les acheteurs peuvent rentabiliser leur investissement en cinq à sept ans.

VégéCube en développement

Le VégéCube est modulable selon les besoins et permet  de cultiver différentes variétés de plants.

Le VégéCube est modulable selon les besoins et permet de cultiver différentes variétés de plants.

Toujours dans le but d’accroître l’autonomie alimentaire, Yannick Tremblay a élaboré un concept de microferme dans un cube, le VégéCube. Le cube de 64 pieds cubes est modulable avec des bacs et s’adapte selon les besoins. Il peut produire environ 67 livres de cultures par pied carré. L’unité peut être utilisée seule, par exemple dans une pièce de maison, une grange ou à l’extérieur avec une coquille thermique. Elle peut aussi être positionnée en série avec d’autres cubes pour une plus grande capacité de production.

Le créateur estime que les producteurs maraîchers pourraient diminuer ou varier l’utilisation d’une terre avec l’achat d’un parc de sa technologie. Il mentionne d’ailleurs avoir été agréablement surpris par la capacité de production de son invention et la qualité des légumes qui y poussent. Il s’est allié des agriculteurs pour peaufiner sa technologie.

Son produit ne sera commercialisé qu’à partir de septembre, mais Yannick Tremblay sent déjà l’intérêt de la part des acheteurs. « Dès le début des prototypes, les gens m’ont encouragé à continuer. Certains m’ont déjà signifié leur intérêt d’en acheter un », soutient le programmeur informatique. Il compte aussi développer d’autres techniques agricoles intelligentes qui permettront d’aider les agriculteurs.

Des protéines et des végétaux avec ÉAU

Dans la dernière année, Écosystèmes alimentaires urbains (ÉAU), dont le système d’aquaponie combine la culture de verdures ou de plants avec un élevage de poissons, a diversifié son offre. L’entreprise a élaboré des projets visant à implanter une culture pour la jumeler à celle qui est déjà présente. Par exemple, à Drummondville, l’entreprise travaille à l’ajout d’une partie piscicole à une serre existante. « Ça permet de diversifier l’offre. Il est possible d’ajouter du végétal à un pisciculteur aussi », soutient Julien Le Net, cofondateur et directeur du développement des affaires de l’entreprise.

Il note un engouement grandissant pour le système qu’il a mis en marché en 2018, et un peu plus marqué depuis la pandémie. Selon lui, la demande double chaque année. L’entreprise compte actuellement une dizaine de projets partout dans la province et d’autres sont en pourparlers. L’élaboration d’un projet peut prendre de 12 à 24 mois. Une des particularités est la valorisation des déchets de la pisciculture pour nourrir les plantes.

Les fermes aquaponiques d’ÉAU nécessitent un investissement important, mais sont conçues pour être rentables, assure l’ingénieur agroalimentaire. « On développe toujours un projet pour qu’il ait une pérennité dans le temps », dit-il.


Cet article a été publié dans notre cahier spécial Fruits et légumes du Québec, printemps 2021.