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Présentement, les bras robotisés de Kinova sont testés sur des plateformes mobiles des entreprises SYHA (en France) et Ecoation (en Colombie-Britannique) ainsi qu’au centre de recherche Vineland Research and Innovation Centre (en Ontario). Photo : Gracieuseté du Vineland Research and Innovation Centre

Présentement, les bras robotisés de Kinova sont testés sur des plateformes mobiles des entreprises SYHA (en France) et Ecoation (en Colombie-Britannique) ainsi qu’au centre de recherche Vineland Research and Innovation Centre (en Ontario). Photo : Gracieuseté du Vineland Research and Innovation Centre

Robotisation des opérations en serres : une solution à portée de… bras

Des robots qui assurent l’entretien des plants et la récolte des fruits et légumes en serres? Ce n’est qu’une question de temps avant d’en arriver à cette solution fonctionnelle et rentable, croit Jonathan Lussier, directeur de l’innovation chez Kinova. L’entreprise de Boisbriand a développé un bras robotisé en 2006 avec des applications médicales à l’origine, mais explore depuis près de trois ans l’agriculture en serres, qui constitue un marché en émergence, selon cet agronome de formation.

Présentement, dans l’industrie serricole au Québec, l’automatisation est déjà relativement bien implantée pour les étapes de la mise en boîte et de la palettisation. Par contre, pour ce qui est des tâches en amont comme la collecte de données, la pollinisation, le défeuillage et la récolte, les défis sont encore bien présents, a souligné Jonathan Lussier lors d’un exposé virtuel présenté le 17 février dans le cadre de la Journée de l’industrie de l’agriculture automatisée de l’Usine bleue.

Testés à travers le monde

Les bras robotisés de Kinova sont d’ailleurs greffés sur quelques plateformes mobiles servant à mener des tests dans des centres de recherche à travers le monde. « Ce sont des tâches très complexes, explique M. Lussier. Cela varie d’un fruit ou légume à un autre. Le poivron, par exemple, peut sembler mûr et prêt à cueillir, mais sur son autre face, il ne l’est pas encore à cause des feuilles qui obstruent la lumière. »

Les progrès enregistrés par l’intelligence artificielle lui donnent espoir qu’on puisse résoudre cet enjeu et arriver à des solutions applicables d’ici deux ans. « Je pense qu’on pourra améliorer la vitesse et la performance des robots dans un horizon à court terme, mais il faudra peut-être une couple d’années supplémentaires pour avoir un retour sur l’investissement qui va être intéressant pour les serres qui voudront s’équiper », mentionne-t-il.

En se basant sur les revenus enregistrés par les géants de la serriculture au Québec (Lefort, Toundra, Notaro, Savoura et Demers), Jonathan Lussier estime qu’avec des gains de productivité de 10 % en automatisant les opérations par rapport à la main-d’œuvre manuelle, on parlerait de recettes en hausse de 110 M$ dans la culture des concombres, de 180 M$ dans celle des poivrons et de 280 M$ dans les tomates de serre.

Ce dirigeant de Kinova estime que tous les éléments sont en place pour que la robotisation en agriculture passe à la prochaine étape. « Il y a bien sûr le problème de main-d’œuvre, qui est récurrent, mais il faut aussi parler de la volonté gouvernementale d’augmenter les volumes de cultures en serres. Et ici au Québec, le Regroupement des entreprises en automatisation industrielle possède l’expertise nécessaire pour développer ce marché. »

Jonathan Lussier estime que l’arrivée des bras robotiques dans l’agriculture en serres ne sera pas seulement l’apanage des gros joueurs. « À cause du volume à traiter, les serres de plus grande superficie pourront se permettre d’utiliser un robot qui n’accomplit qu’une seule tâche, mais pour les plus petites, il faudra développer une plateforme multifonctions qui pourra à la fois faire le défeuillage et la cueillette par exemple », suggère-t-il.

Bernard Lepage, collaboration spéciale