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Un problème avec votre système de drainage?

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La preuve n’est plus à faire. Le drainage du sol influence directement les rendements. Et si certains problèmes comme l’ocre ferreux demeurent plus complexes à résoudre, d’autres peuvent facilement être diagnostiqués et corrigés.

De nombreux symptômes témoignent d’un système de drainage malade : cultures moins performantes, traces de machinerie permanentes, eaux de rejet stagnantes, etc. Or, avant de régler le problème en doublant ses drains – une pratique populaire ces temps-ci –, un premier conseil, le plus simple, consiste à effectuer la vérification de l’état des sorties de drains. « Les producteurs ont peine à le croire, mais je dirais que le système de drainage de 40 à 50 % des fermes où nous effectuons des vérifications comporte un problème qui affecte leur efficacité, affirme Maxime Jacob Trépanier, responsable de la vérification des drains chez Drainage EPL Lazure inc. Et parmi tous les systèmes qui n’écoulent pas l’eau comme ils le devraient, une bonne partie se corrige simplement en réparant la sortie de drains! » Plusieurs experts contactés abondent également dans ce sens et confirment que des sorties obstruées, brisées ou submergées sont à l’origine d’une grande part des problèmes. « Les producteurs gagneraient à effectuer une tournée de leurs sorties de drains, et ce, chaque printemps et pour tous leurs champs, soutient Gérard Wilmart, président de l’AEDAQ (Association des entrepreneurs en drainage agricole du Québec). En vérité, de nombreux producteurs nous appellent pour demander conseil à propos d’un champ qui se draine mal. Notre premier réflexe consiste à leur demander si les sorties de drains sont en ordre. Souvent, non seulement ils ne les ont pas vérifiées depuis des années, mais les propriétaires avouent humblement ne pas savoir où elles se situent dans certains champs. »

Diagnostiquer un problème de drainage en cinq étapes

Il ne faut pas tarder à agir devant un problème de drainage, autrement les pertes en revenus de récolte s’accumuleront, sans compter le fait que la situation ne pourra que s’aggraver.

Étape 1. Localiser la zone. Il s’agit d’identifier le secteur qui demeure humide alors que l’ensemble du champ est sec. Le plan de drainage sous la main, le producteur peut repérer les collecteurs et la sortie de drains associés à la zone problématique.

Étape 2. Vérifier la sortie de drains. Avant de creuser n’importe où dans le champ, il importe de commencer par l’élément le plus visible : la sortie de drains. Grâce à cette opération, le mystère peut être élucidé d’un seul coup d’œil : la sortie se trouve souvent entourée de racines enchevêtrées ou submergée (voir l’encadré : Les sources de problèmes autour d’une sortie de drains). Dans certains cas, le producteur peut lui-même réaliser les correctifs.

Drainage – vérifier

Maxime Jacob Trépanier souligne l’importance de vérifier ses sorties de drains chaque printemps.
 

Étape 3. Contacter un professionnel. Si la cause n’est pas évidente à déceler, contacter un professionnel s’avérera avantageux. Son expérience lui permettra de trouver l’origine du problème et de proposer les travaux de réfection nécessaires pour le corriger.

Étape 4. Effectuer les réparations dans les règles de l’art. Le système de drainage doit durer le plus longtemps possible. Dans cette optique, il vaut mieux réaliser les réparations parfaitement, ce qui peut nécessiter l’installation d’une sortie de drains en plastique comprenant membrane géotextile, enrochement, etc. Une partie de ces travaux peut d’ailleurs être financée par le programme Prime-Vert.

 

Étape 5. Évaluer si seul le système de drainage est en cause. 
Une accumulation d’eau en surface résulte parfois de différentes causes devant toutes être corrigées en même temps. « Certains producteurs ont supprimé des fossés en croyant que le drainage suffirait. Il s’agit pourtant d’une erreur dans plusieurs cas. De fait, le drainage évacue l’eau percolant à travers le sol. Mais s’il tombe 30 mm de pluie, l’eau de surface doit s’évacuer rapidement, autrement il se forme des accumulations. En plus d’un système de drainage efficace, il faut vérifier si le relief du sol permet d’évacuer correctement l’eau de surface, si l’eau emprisonnée dans les dépressions pourrait être évacuée par des avaloirs ou des puits de roches, etc. »

Drainage – souterrain

Le drainage souterrain n’est pas tout!

Gérard Wilmart poursuit en soulignant l’importance de corriger un problème en entier. « Si un connecteur obstrué depuis des années a créé une zone humide, évitons de croire que le simple fait de le réparer réglera le problème. Dans les faits, le producteur ne s’est sûrement pas empêché de semer ou d’effectuer ses travaux simplement parce qu’une petite section demeurait humide. Il y circule quand même et, malheureusement, la terre se compacte. Or, une fois le système réparé, l’égouttement s’avérera encore problématique, car la compaction empêche aussi l’eau de se rendre au drain. Des travaux de sous sol-solage réalisés non pas au hasard, mais bien sous la zone compactée, seront alors nécessaires. » Bref, si le drainage souterrain demeure très important, celui de surface l’est tout autant. Et les deux doivent être réglés en même temps.

Optimiser les travaux en les planifiant

En terminant, plusieurs intervenants, dont M. Wilmart, conseillent de bien planifier les travaux de drainage. « De nombreux agriculteurs décident au mois de novembre de drainer leur champ. Mais la terre généralement plus fraîche à cette période de l’année n’offre pas toujours les conditions propices au passage de la machinerie lourde. À vrai dire, drainer et sous-soler une terre humide, surtout dans les sols lourds, peut engendrer de la compaction et diminuer l’efficacité de ces opérations. À l’inverse, des travaux prévus lors d’une période généralement sèche, par exemple après une récolte hâtive de céréales ou de légumes de transformation, s’avèrent l’idéal. »

Les sources de problèmes autour d’une sortie de drains

– L’obstruction des connecteurs par des racines représente l’une des premières sources de problèmes d’une sortie de drains. « Surveillons particulièrement les ormes, les peupliers, les érables à Giguère, et les saules. Leurs racines, à la recherche d’eau, pénètrent rapidement dans les drains ou dans les connecteurs et s’y enroulent sur une certaine distance. Elles peuvent occuper la moitié du diamètre du drain. Certains empêchent complètement l’eau de circuler. Si ça reste frais le long des fossés, c’est un bon indice », fait remarquer Maxime Jacob Trépanier. La situation ne peut être corrigée autrement qu’en changeant le connecteur ou le drain. En prévention, il vaut mieux abattre ces arbres. Attention toutefois, cela ne signifie pas d’éliminer sa haie brise-vent! Le développement racinaire de plusieurs essences d’arbres ne cause pas de tels problèmes.

Drainage – mauvais état

Gérard Wilmart présente des exemples de sorties de drains en mauvais état.

– L’intégrité de la sortie de drains constitue un autre élément à surveiller. Le tuyau dépassant la berge ne doit pas avoir été incisé ou arraché. De surcroît, il doit posséder une grille bien en place. L’enjeu ici : empêcher les rongeurs d’entrer par la sortie de drains. « Un système de drainage, c’est un condo de luxe pour les rats musqués! Une fois à l’intérieur, ils ont l’habitude de forer des trous à la verticale, jusqu’en surface. Les trous laissent ensuite s’écrouler de la terre dans le drain, ce qui l’obstrue. Un problème fréquent, difficile à localiser et relativement coûteux », note Gérard Wilmart. Du haut de sa rétrocaveuse, M. Trépanier renchérit : « Non seulement les rats percent les drains, mais ils peuvent carrément les manger! Je me souviens d’un connecteur où, sur environ 250 mètres, toutes les jonctions en « T » avaient été rongées, de même que les premiers mètres de chaque drain latéraux. Nous avons dû tout changer. »

– Des sorties de drains submergées trahissent un problème important. En effet, si l’endroit où se déverse la sortie présente déjà un niveau d’eau égal ou supérieur à celui des drains, l’égouttement s’en trouve évidemment compromis. D’une part, le champ demeure humide, d’autre part, l’eau stagnante peut entraîner un dépôt des particules en suspension. Cette accumulation de sédiments dans les tuyaux entrave par la suite la circulation de l’eau et fait vieillir le système plus rapidement, surtout si le sol comporte de l’ocre ferreux. En bref, une sortie de drains doit se situer à un minimum de 15 à 30 cm au-dessus du niveau d’eau normal du fossé où elle se déverse. Il importe de le nettoyer en conséquence.

Drainage – sortie

Voici une sortie de drains réalisée dans les règles de l’art.

Des problèmes de drainage invisibles

Expliquer les causes d’un système de drains peu efficace s’avère parfois difficile parce qu’elles sont invisibles. « À l’époque, les drains étaient en terre cuite, témoigne M. Trépanier. Avec l’action du gel et du dégel, des tuiles d’un connecteur peuvent se casser, faisant s’effondrer la terre, qui finit par l’obstruer. Évidemment, on ne peut poser ce genre de diagnostic sans creuser. » Un drain installé trop creux ou trop en surface peut également conduire à des contre-performances du système. « Des drains enfouis à moins de 60 cm de profondeur drainent évidemment une largeur réduite de champ comparativement à un drain enfoui à 100 cm. De plus, la machinerie peut les écraser ou les couper. Un drain enseveli trop profondément dans un sol argileux n’est pas mieux. À ce sujet, j’ai déjà vu des sols gorgés d’eau en surface et des drains complètement secs en profondeur. L’argile grise agissait comme un scellant autour du drain et empêchait l’eau d’y pénétrer. Pour un drainage efficace, il faut une couche de sol arable autour du tuyau », de préciser M. Trépanier.

Drainage – profondeur

La profondeur du drain en influence grandement l’efficacité.

La compaction nuit aux systèmes de drains

Une calamité dans de plus en plus de fermes québécoises : l’eau n’atteint plus les drains. Le constat des experts est criant : la compaction des sols agit comme une barrière entre la surface et le système de drainage. Même en excellent état, le système ne peut drainer une eau qui demeure au dessus d’une zone compactée. Avant d’entreprendre des travaux visant à corriger ce problème, il est conseillé de réaliser un profil de sol à différents endroits dans le champ, afin de connaître la profondeur de la compaction. Cet exercice permettra de choisir la sous-soleuse appropriée pour effectuer les travaux à la profondeur requise. Une fois le sol décompacté, de bonnes pratiques culturales conserveront une terre perméable où l’eau pourra s’écouler jusqu’aux drains et être évacuée. « Différents facteurs contribuent à la compaction du sol. Par exemple, le passage des machines agricoles et quelques années de travaux de champ effectués en conditions de sol humide suffisent à empêcher l’eau de percoler jusqu’aux drains. À ce moment, nous proposons aux producteurs différentes solutions qui amélioreront ou corrigeront la situation », précise Gérard Wilmart. Notons que certains types de sol sont naturellement peu perméables, c’est-à-dire que même sans aucune activité agricole, ils laissent difficilement écouler l’eau verticalement. Pour plus d’information sur les problèmes d’infiltration d’eau jusqu’au système de drainage, lire l’article de Martine Giguère, « Faut-il doubler les drains? », L’Utili-Terre, décembre 2011.

Drainage – compaction

Attention! Un système de drainage moins efficace peut engendrer des problèmes de compaction…