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Ce robot autonome et électrique de conception québécoise permettrait d’utiliser des outils agricoles conventionnels, comme des sarcleurs mécaniques. Photo : Gracieuseté d’Elmec

Ce robot autonome et électrique de conception québécoise permettrait d’utiliser des outils agricoles conventionnels, comme des sarcleurs mécaniques. Photo : Gracieuseté d’Elmec

Des robots québécois bientôt dans les champs?

SHAWINIGAN — S’il n’en tient qu’à Jean-Marc Pittet, président de la société Elmec, de Shawinigan, les producteurs qui veulent robotiser le sarclage de leurs champs n’auront bientôt plus à se tourner vers l’international. Le prototype de robot Érion, qu’il a contribué à concevoir, est prêt; il sera présenté à l’occasion du Salon de l’industrie et de la machinerie agricole de Québec à la fin du mois.

« C’est un projet auquel nous travaillons depuis cinq ans, dit-il. Il s’agit d’un véhicule électrique à quatre roues motrices, autonome, donc sans chauffeur, qui sera d’abord à l’œuvre dans les champs devant être sarclés, notamment en agriculture biologique. Les producteurs seront alors libérés de ce travail harassant et pourront se consacrer à d’autres tâches. »

Jean-Marc Pittet. Photo : Pierre Saint-Yves

Jean-Marc Pittet. Photo : Pierre Saint-Yves

Après son dévoilement, l’Érion subira encore des essais sur le terrain au cours du printemps. « Ce véhicule autonome pourra s’adapter à tout type de terrain », affirme l’ancien producteur de lait.Il précise que l’Érion n’est pas un engin surdimensionné. « Les agriculteurs qui ont participé à nos focus groups ont tous mentionné qu’il fallait concevoir un véhicule de petite dimension pour réduire la compaction. »

Les concepteurs ont retenu le message et ont fabriqué un prototype de petit gabarit qui, estiment-ils, sera tout aussi efficace que le gros équipement. Il sera en outre à l’œuvre sans interruption, jour et nuit.

« Surtout, précise-t-il, le véhicule pourra travailler en grappe, c’est-à-dire que de quatre à six unités seront reliées et communiqueront pour travailler dans un même champ. »

À ce stade-ci, toutefois, l’Érion est incapable de tracter de l’équipement lourd et devra être affecté aux travaux répétitifs de sarclage, notamment en culture biologique. Selon M. Pittet, il faudra mobiliser d’autres fabricants autour d’une grappe industrielle consacrée au développement d’équipement adapté au nouveau véhicule.

Tout électrique

Le président d’Elmec raconte que l’option du véhicule « tout électrique » s’est rapidement imposée. « On a choisi de faire un véhicule électrique dont les coûts d’entretien sont infimes, avec des moteurs-roues, sans éléments hydrauliques, donc sans risque de contamination. Il pourra travailler de façon autonome pendant, disons, deux heures, puis ira se recharger en une vingtaine de minutes à un parc de batteries, une réserve d’énergie de 1 200 kW placée au bout du champ. »

La mise au point de l’Érion a nécessité un investissement de « quelques » millions de dollars et moins de cinq ans de travail, dont une vingtaine de mois pour développer le prototype. Elmec y participe à hauteur de 20 %. Sa contribution se situe principalement sur le plan de l’approvisionnement électrique du véhicule. Le projet a été développé en collaboration avec l’Institut du véhicule innovant, le Cégep de Victoriaville et des fonds provenant de programmes gouvernementaux.