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La coccidiose aviaire est causée par Eimeria, un parasite qui infecte l’intestin et y crée des lésions. Photos : Gracieuseté du CRSAD

La coccidiose aviaire est causée par Eimeria, un parasite qui infecte l’intestin et y crée des lésions. Photos : Gracieuseté du CRSAD

De nouvelles avenues pour prévenir la coccidiose aviaire

La coccidiose aviaire, une maladie répandue dans les élevages de poulets, entraîne des pertes totalisant plus de 3 G$ à l’échelle mondiale dans le secteur avicole. Cette pathologie est causée par Eimeria, un parasite qui infecte l’intestin et y crée des lésions. Les conséquences de la coccidiose sont importantes : elle diminue l’absorption des aliments, augmente le risque de développer une autre maladie intestinale, l’entérite nécrotique, et dans le cas de certaines espèces du parasite, peut même causer une mortalité.

Heureusement, plusieurs médicaments ont été utilisés pour contrer la coccidiose aviaire et sont encore largement utilisés. Ces médicaments sont incorporés à la moulée et protègent les oiseaux tout au long de l’élevage. Cependant, en plus de ne pas être compatibles avec une production biologique, les anticoccidiens peuvent entraîner de la résistance aux médicaments et favoriser des souches plus virulentes du parasite. De plus, la demande pour les produits d’alimentation certifiés biologiques ou d’animaux élevés sans antimicrobiens est en croissance constante.

Les conséquences de la coccidiose sont importantes : elle diminue l’absorption des aliments, augmente le risque de développer une autre maladie intestinale, l’entérite nécrotique, et dans le cas de certaines espèces du parasite, peut même causer une mortalité.

Les conséquences de la coccidiose sont importantes : elle diminue l’absorption des aliments, augmente le risque de développer une autre maladie intestinale, l’entérite nécrotique, et dans le cas de certaines espèces du parasite, peut même causer une mortalité.

Vaccination et additifs naturels

Des approches naturelles et non médicamenteuses ont été développées et proposées aux éleveurs de volailles. D’abord, la vaccination pour contrer la coccidiose a pris de l’ampleur au cours des dernières décennies. Elle est pratiquée au couvoir et, grâce à des souches sauvages d’espèces Eimeria peu virulentes ou atténuées, elle permet aux oiseaux de développer leur système immunitaire pour mieux faire face à des épisodes de coccidiose souvent causés par des souches plus pathogènes du parasite. Cependant, l’efficacité de la vaccination n’est pas optimale et est difficile à exploiter en raison, notamment, du bas âge des poulets à l’abattage.

Une autre approche a vu le jour ces dernières années et est de plus en plus utilisée par certains producteurs. De la même façon que pour le développement de solutions de rechange aux antibiotiques, des produits naturels ont été proposés et étudiés comme moyens pour lutter contre la coccidiose. Plusieurs produits dérivés de plantes ont été évalués spécifiquement pour la coccidiose aviaire, dont des extraits de chêne (Quercus infectoria), de rhus chinois (Rhus chinensis), de myrobalan (Terminalia chebula), de bident poilu (Bidens pilosa), de betterave (Beta vulgaris), de palmier à bétel (Areca catechu), d’armoise annuelle (Artemisia annua), de poireau indien (Allium hookeri) et de pommier-cajou (Anacardium occidentale). À titre d’exemple, l’huile de coque de noix de cajou est produite à partir de ce dernier et, en plus d’avoir des effets anticoccidiens, a montré des effets bénéfiques sur les performances de croissance chez le poulet de chair.

Les additifs à base d’ingrédients naturels pourraient représenter des solutions de rechange naturelles aux anticoccidiens, tout en diminuant le développement de résistance et de souches plus virulentes. Ces produits pourraient ainsi améliorer la santé et optimiser la productivité dans le secteur avicole tant à court qu’à long terme. Tous les producteurs de la filière en retireraient des bénéfices, tant les producteurs d’élevage biologique que les producteurs conventionnels qui pourraient intégrer ces additifs dans un contexte de réduction de l’utilisation d’antimicrobiens au poulailler.

Tout indique que la réduction ou l’élimination de l’utilisation des médicaments contre la coccidiose en production avicole requiert de nouvelles stratégies d’élevage basées sur différents éléments. L’utilisation d’additifs alimentaires à base d’ingrédients naturels aux propriétés anticoccidiennes en association avec une vaccination efficace semble être une approche prometteuse dans la prévention de la coccidiose aviaire sans médicament. 

Carl Julien, Ph. D. / chercheur scientifique, CRSAD 
Yan Martel-Kennes, M. Sc. / agronome, directeur scientifique, CRSAD