Chaque section du laboratoire possède sa fonction. Cette partie est consacrée à l’analyse des fibres. La suivante se consacre aux vitamines. Photos : Claude Fortin
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S'abonner maintenantLe laboratoire MasterLab, propriété de la multinationale Trouw Nutrition, jouit déjà d’une belle notoriété dans le monde agricole, mais son équipe de direction souhaite aller plus loin. Son objectif? Faire connaître son expertise de pointe en analyse biochimique des aliments à l’ensemble de l’industrie agroalimentaire d’Amérique du Nord. Portrait d’un laboratoire en appétit.
MasterLab, c’est encore beaucoup le soutien aux entreprises agricoles du pays. L’analyse de fourrages, par exemple, représente près du tiers de ses analyses annuelles. « On fait le portrait de ce que la vache va manger tous les jours. Ensuite, nos nutritionnistes vont formuler de la moulée qui va compléter sa nourriture pour maximiser son rendement en lait », explique Hélène Lachance, directrice générale, MasterLab Amérique du Nord. « L’idée, ajoute Eric Stejskal, directeur général, région de l’est du Canada, Trouw Nutrition Amérique du Nord, c’est que l’animal ait une alimentation complète, mais équilibrée, sans surdose en vitamines et acides aminés. »
Une grande partie des activités de l’entreprise porte aussi sur le contrôle de qualité des moulées destinées aux animaux. Pourcentage de protéines, de glucides et de lipides, les fibres et les acides aminés, la qualité des huiles et des gras; à peu près tout y passe dans ce laboratoire où s’activent 35 personnes, techniciens, chimistes et microbiologistes dont le travail consiste à décortiquer les aliments, molécule par molécule, pour en identifier chacune des composantes. En tout, l’équipe du laboratoire, installée à Saint-Hyacinthe depuis 43 ans, réalise environ 100 000 analyses chaque année pour des clients situés au Québec, au Canada et aux États-Unis.
À son travail sur l’alimentation animale, la direction de MasterLab ajoute à sa gamme de services. Dans sa mire : le contrôle de qualité de l’alimentation humaine. « On a vraiment une clientèle à aller chercher », soutient Anne-Marie Saint-Germain, directrice des communications, Amérique du Nord, chez MasterLab. Le travail est d’ailleurs en marche, signale Hélène Lachance, qui, avec son équipe, travaille depuis trois ans sur cette orientation additionnelle. Le laboratoire réalise déjà des analyses d’eau et d’œufs, de filets de poisson et de viande fraîche.

Un tournant
Si l’entreprise développe ce nouveau créneau, c’est qu’elle dispose maintenant des capacités pour le faire. Lorsque la maison-mère, Trouw Nutrition, décide de maintenir son laboratoire en Montérégie, il y a trois ans, l’entreprise profite de l’occasion pour augmenter sa capacité de production. Les locaux de la rue Duplessis se révèlent déjà trop étroits, à l’époque. Il lui faut plus d’espace pour satisfaire ses objectifs de croissance.
C’est à ce moment qu’on aménage un tout nouveau laboratoire, rue Martineau, le long de l’autoroute 20. « On a construit le laboratoire de A à Z. On a fait les plans, on a pensé aux flux de production pour favoriser le travail, pour être plus productifs », se rappelle Hélène Lachance. C’est à ce moment que l’intérêt pour l’alimentation humaine se confirme, précise Eric Stejskal. « Quand on est déménagés ici, on avait plus de capacité, donc on a pris comme décision d’être dédié au service de l’industrie agroalimentaire. On ne fera pas des échantillons, des tests cliniques et ces choses-là, on focus vraiment sur tout ce qui est la nourriture, l’alimentation et le support à l’agroalimentaire », précise-t-il.
L’équipe de direction profite aussi de l’occasion pour donner au laboratoire une identité propre, distincte de la multinationale à qui il appartient.
Ce n’est plus seulement le laboratoire Trouw Nutrition. On lui a donné une identité qui est à lui, tant sur le plan marketing, légal, et compagnie. Puis, on a développé nos analyses pour aller chercher une nouvelle clientèle, en plus d’obtenir les certifications nécessaires pour développer l’import-export avec les États-Unis.
Cette identité nouvelle permet à l’entreprise de se présenter au monde sous un jour différent, avec plus de services pour aider, non seulement à nourrir le monde, mais à bien le nourrir.


Une suite logique
L’étiquetage des produits fait aussi partie des possibilités qu’envisage MasterLab. Les consommateurs exigent de plus en plus de connaître le détail de ce qui se trouve dans leur assiette. Pour le laboratoire de Saint-Hyacinthe, il s’agit d’une suite logique à ses activités, ce qui ne serait d’ailleurs pas une première pour l’entreprise. « Il y a plusieurs années, on appartenait à la compagnie Maple Leaf, souligne Hélène Lachance. Quand la loi sur l’étiquetage nutritionnel a été adoptée, on a mis en place toutes les analyses pour faire les étiquettes des produits Maple Leaf. » Or, cette expertise existe toujours, précise la directrice générale, qui compte bien la développer. « On veut montrer cette facette-là, qu’on est capables, aussi, de faire l’agroalimentaire », dit-elle. « On veut davantage se faire voir comme laboratoire, dans tout ce qui est le support de l’industrie, comme l’industrie pharmaceutique, les compagnies qui développent d’autres produits nutritionnels, celles qui font de la transformation agroalimentaire et qui ont besoin d’étiquettes de produits, ajoute Eric Stejskal. On est en mesure de faire ce travail à travers le Canada, et on est maintenant en train de pouvoir prendre des échantillons des États-Unis. »
La direction de l’entreprise multiplie d’ailleurs ses efforts pour faire connaître ses nouvelles orientations. Elle participait au Salon des fournisseurs de Terrebonne, au début du mois de mai, et à l’International Production and Processing Expo (IPPE), la plus grosse foire du genre, qui se tenait à Atlanta, en janvier, et compte participer à celle de l’an prochain.

Nourrir l’avenir
Pour l’équipe de MasterLab, nourrir l’avenir n’est pas qu’un slogan. « C’est la philosophie de l’entreprise », soutient Hélène Lachance. « Je pense qu’avec tous les développements et la recherche qu’on fait, on contribue à rendre les animaux plus productifs et à nourrir la population humaine à travers le monde. » Puis, « avec tous les changements climatiques, il y a des développements de mycotoxines, entre autres, dans les herbages, dans le foin. On s’en va vers autre chose. Il faut s’adapter pour réussir à contrôler tous ces inconvénients qui arrivent. Je pense qu’on a une place dans la recherche et la découverte de solutions à ça », conclut la directrice générale.