Soixante-neuf des 450 autruches de la ferme sont mortes entre la mi-décembre et le 15 janvier, après avoir montré des symptômes de grippe aviaire. Photo : Shutterstock
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S'abonner maintenantUn juge fédéral a accordé un sursis temporaire à environ 400 autruches qui devaient être abattues, le 1er février, dans une ferme de Colombie-Britannique touchée par une épidémie de grippe aviaire.
Le juge Michael Battista a décidé de suspendre l’ordre d’abattage imposé par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) pendant que la ferme cherche à obtenir un contrôle judiciaire de l’affaire.
M. Battista a indiqué dans une décision écrite que le fait de maintenir l’ordre de du 1er février avant que l’affaire ne soit examinée plus en détail « exposerait le demandeur à un préjudice irréparable ».
Michael Carter, un avocat de Universal Ostrich Farms, avait fait valoir, lors d’une audience le 31 janvier à la Cour fédérale de Toronto, que les autruches devraient être exemptées de l’ordre parce que leur génétique fait l’objet d’une étude de recherche sur les anticorps, ce qui les rend rares et précieuses.
Il a raconté que ses clients, les copropriétaires de la ferme, Karen Espersen et Dave Bilinski, ont eu des « larmes de joie » lorsqu’ils ont appris la nouvelle après avoir suivi les procédures virtuellement depuis Edgewood, en Colombie-Britannique, à environ 200 kilomètres à l’est de Kelowna.
Loin d’être terminé
L’ACIA a ordonné l’abattage après que la grippe aviaire a été détectée chez deux autruches mortes le 30 décembre. Son avocat a fait valoir que les préoccupations de santé publique l’emportaient sur la position de la ferme.
L’avocat de l’agence fédérale, Paul Saunders, a déclaré, lors de l’audience, qu’elle obligeait les fermes à abattre des troupeaux entiers parce qu’il y avait un risque que le virus puisse incuber, muter et créer de nouvelles variantes, même chez les animaux en bonne santé.
Il existe un risque de transmission humaine. Il existe un risque de maladie et de décès.
La ferme avait initialement demandé une exemption à l’ACIA pour les animaux présentant une génétique rare, mais l’agence fédérale a rejeté sa demande, le 10 janvier.
Dans sa décision, le juge Battista a avancé que de permettre l’abattage entraînerait un préjudice irréparable sous la forme de « la fermeture d’une entreprise vieille de 25 ans et la perte des efforts déployés par le demandeur pendant des décennies pour élever un troupeau unique d’autruches ».
L’ordre d’abattage est suspendu jusqu’à ce qu’une décision soit rendue dans le cadre du contrôle judiciaire.
Le juge Battista a rejeté une demande de modification de l’avis de quarantaine à la ferme.
Les autruches de la ferme ont fait l’objet d’un projet de recherche en collaboration avec le Dr Yasuhiro Tsukamoto, président de l’Université préfectorale de Kyoto, au Japon.
Le scientifique, également connu sous le nom de Dr Ostrich (« Dr Autruche »), a extrait des anticorps COVID-19 à partir d’œufs d’autruche en Colombie-Britannique, en s’appuyant sur ses décennies de recherche sur les anticorps présents dans le jaune d’œuf d’autruche qui peuvent bloquer les maladies infectieuses.
M. Tsukamoto a fait savoir que ses recherches pourraient être appliquées à la grippe aviaire.
L’avocat Michael Carter avait soutenu que la génétique des autruches était irremplaçable et qu’elles devaient être traitées et étudiées.
« Ils ont traité les autruches comme des poulets dans un poulailler », a affirmé Me Carter à propos de la décision de l’ACIA, qui a considéré les oiseaux comme de la volaille.
Les documents judiciaires montrent que 69 des 450 autruches de la ferme sont mortes entre la mi-décembre et le 15 janvier, après avoir montré des symptômes de grippe aviaire.
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