Un buffet à ciel ouvert pour les pollinisateurs. Photo : Annick Doucet et Étienne Gosselin
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S'abonner maintenantLes bourdons et les mégachiles sont de plus en plus mis à profit, avec les abeilles domestiques, pour la pollinisation des bleuetières du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Et c’est une bonne chose. L’augmentation et la diversification des pollinisateurs ont un impact positif sur le rendement, affirme le professeur agrégé en sciences apicoles à l’Université Laval, Pierre Giovenazzo.

Selon lui, c’est notamment ce qui ressort de l’étude agroéconomique réalisée dans le cadre du projet ApiBleuMax, déployé au cours des trois derniers étés dans cette région québécoise productrice de bleuets. Les résultats ont été présentés lors de la Journée bleuets, en mars dernier.
Selon M. Giovenazzo, l’étude s’appuie sur les données compilées par l’agronome Nicolas Tremblay entre 2015 et 2021.
On avait pour objectif de voir les corrélations entre les pollinisateurs loués, ce qui incluait les abeilles, les bourdons et les mégachiles, et les données des bleuetières, dont la productivité des champ.
De façon générale, il a été démontré, affirme le spécialiste en apiculture, que la densité recommandée de 2,5 ruches à l’acre n’est pas suffisante. La revoir à la hausse permet d’augmenter le rendement. Et il en va de même avec les bourdons et les mégachiles, ces petites abeilles trapues.
« Autrement dit, le rendement pourrait augmenter avec une augmentation des pollinisateurs », dit Pierre Giovenazzo.
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Ces informations sont précieuses pour les producteurs de bleuets, estime la directrice générale du Syndicat des producteurs de bleuets du Québec, Laurie Godin. « On n’avait pas de données scientifiques pour confirmer les observations des producteurs sur la complémentarité des pollinisateurs », dit-elle.
Selon Mme Godin, l’achat ou la location de pollinisateurs représente environ 17 % du coût de production à l’acre. « C’est important d’optimiser cette dépense-là, dit-elle. C’est une pratique qui a un impact sur le rendement. »

Le producteur de bleuets et distributeur de bourdons pour l’entreprise Biobest, Steeve Lepage, croit qu’il est important « d’y aller avec son portefeuille », notamment, car les bourdons sont plus chers à l’achat. Mais, personnellement, il dit être « convaincu » de la complémentarité du trio ailé.
Je mets les trois dans mes champs. Je suis rendu que je vois la pollinisation comme une assurance. Ça assure des rendements.
L’approvisionnement en abeilles étant plus difficile ces dernières années, la popularité des autres pollinisateurs a bondi. L’utilisation des bourdons dans les bleuetières a augmenté de 33 % entre les saisons 2023 et 2024, et celle des mégachiles de 9 %, selon les données du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec.
Autres conclusions
Le projet ApiBleuMax, auquel ont participé des étudiants à la maîtrise et au doctorat, a en outre confirmé l’importance de disposer les ruches à bourdons sous un abri les protégeant du soleil pour favoriser les activités des pollinisateurs, relève Pierre Giovenazzo.
Il a également été démontré, selon lui, que l’apport d’abeilles dans les bleuetières ne favorise pas le développement de pathogènes et ne soulève aucune problématique de pesticides. Mais il peut entraîner une déficience alimentaire pour les abeilles, qui peut être comblée par l’ajout d’un supplément de protéines.