Tristan Ostiguy prend plaisir à s’occuper de sa centaine de poules pondeuses et à fournir ses clients en œufs frais. Photos : Ariane Desrochers/TCN
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S'abonner maintenantTristan Ostiguy a beau n’avoir que 18 ans, il songe déjà à franchir une nouvelle étape dans le développement de son entreprise Les Pondeuses royales. Après être passé d’une trentaine de poules pondeuses à 99 en sept ans, le jeune producteur de Marieville, en Montérégie, envisage maintenant l’acquisition d’un quota, malgré les obligations et les normes supplémentaires à respecter, afin d’augmenter sa production et de mieux répondre à la demande.
Le jeune entrepreneur fournit 55 douzaines d’œufs par semaine aux abonnés des paniers de la Ferme Cadet Roussel, à Mont-Saint-Grégoire. Il lui arrive cependant parfois de ne pas avoir suffisamment d’œufs pour répondre à la demande. Dans ces moments, il contacte d’autres fournisseurs pour voir s’ils ont des surplus pouvant venir combler son manque. « Je réussis toujours à me dépanner avec d’autres fermes », mentionne-t-il.
Une planification complexe
Évaluer la demande représente d’ailleurs l’un des aspects les plus complexes de son entreprise. La production d’œufs nécessite une planification des mois à l’avance afin d’avoir le bon nombre de poules pondeuses. Il est plus difficile d’ajuster les quantités au fur et à mesure. Tristan a quand même une idée de la quantité nécessaire, puisque les clients réservent leur abonnement au début de la saison. Toutefois, les poules arrivent chez lui au mois de mai, avant même que les abonnements soient confirmés. Il doit évaluer le nombre requis pour répondre à la demande, sans produire un trop grand surplus. Le jeune entrepreneur doit également prévoir les imprévus, comme une poule qui ne pond pas tous les jours ou qui tombe malade.

Tristan remarque que la demande demeure relativement stable d’une année à l’autre. Certains clients ne renouvellent pas, mais de nouveaux les remplacent. « Il y a quand même un bon équilibre. Il y a des clients qui arrêtent, mais d’autres nouveaux arrivent », indique-t-il. Cette stabilité lui permet de mieux planifier sa production et de poursuivre le développement de son entreprise.
Une véritable passion
Tristan a grandi dans le monde agricole. Ses parents possèdent une ferme laitière et sont copropriétaires d’une érablière. « Je baigne dans le milieu agricole depuis que je suis petit », affirme-t-il. C’est vers l’élevage de poules pondeuses qu’il a choisi de se tourner, une production pour laquelle il a rapidement développé une véritable passion.
« Au départ, je voulais faire l’élevage de cochons, raconte-t-il. Mes parents m’ont dit que je devrais peut-être plutôt regarder pour autre chose. On a vu un marché avec les œufs de poules. » Le nom de son entreprise est d’ailleurs un clin d’œil au nom de la ferme laitière familiale, la Ferme des acres royales.
Tristan s’était d’abord affilié à la ferme La Récolte des Dames, à Sainte-Angèle-de-Monnoir, qui offre elle aussi des paniers de légumes biologiques. Toutefois, comme l’entreprise faisait relâche durant l’hiver, elle l’a dirigé vers la Ferme Cadet Roussel. Depuis, il continue d’offrir ses œufs par l’entremise de leurs paniers. Cette collaboration lui permet d’avoir une clientèle fidèle et un débouché stable pour sa production. Il estime consacrer environ 15 heures par semaine à son entreprise.
Des études en mécanique agricole
L’agriculteur termine ses études en mécanique agricole à l’école professionnelle de Saint-Hyacinthe. Il souhaite éventuellement travailler dans un garage afin d’aller chercher davantage d’expérience dans ce domaine.
Malgré cela, il ne prévoit pas mettre fin à son entreprise de poules pondeuses, puisqu’il constate qu’il y a une réelle demande pour ses produits et qu’il aime prendre soin de ses animaux. Il apprécie aussi le contact avec les clients et le fait de leur offrir un produit frais et local. « Je sens que les gens ont le goût d’encourager un jeune. La demande m’incite à continuer. Tant qu’il y aura de la demande, je vais continuer parce que j’aime vraiment ça », soutient-il.