La production des aliments pour nourrir les veaux (cultures et aliments pour animaux) est un contributeur majeur à tous les indicateurs évalués. Photo : PBQ
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S'abonner maintenantLe 25 mars dernier, lors de l’assemblée générale annuelle des Producteurs de bovins du Québec, producteurs et intervenants ont assisté au dévoilement des résultats de la toute première analyse de cycle de vie (ACV) de la filière veau québécoise. Cette ACV représente une étape importante pour la filière, offrant un premier aperçu de la performance environnementale de la production et de la transformation du veau.
Les résultats de cette étude permettent de mieux comprendre les principaux contributeurs aux impacts environnementaux, afin d’identifier des pistes d’amélioration pour réduire l’empreinte écologique du secteur.
L’ACV se concentre sur les productions de viande de veau de lait et de veau de grain du Québec, en couvrant les étapes suivantes :
• La culture et la production d’aliments pour les animaux;
• L’élevage à la ferme;
• L’abattage et la transformation.
Méthodologie
En plus des données obtenues auprès des Producteurs de bovins du Québec, des entretiens ont été menés avec des experts du système d’élevage de veaux, de l’alimentation animale et de la transformation, afin de recueillir des données de la meilleure qualité disponible et de valider la fiabilité des données issues de la littérature. Les données ont été collectées de janvier 2022 à décembre 2023. Notons qu’il est courant d’employer certaines données génériques lors d’un premier bilan, ce qui permet d’entamer un processus progressif vers une évaluation plus précise.
Les indicateurs environnementaux évalués sont parmi les plus couramment utilisés dans le secteur agroalimentaire et sont recommandés par les lignes directrices du LEAP (Partenariat pour l’évaluation et la performance environnementale de l’élevage) pour les ruminants :
• Empreinte carbone : Mesure des émissions de gaz à effet de serre (GES) reliées aux activités humaines. Les émissions sont rapportées en kilogramme équivalent de CO2 (kg éq. CO2);
• Utilisation des terres : Mesure le ratio de pertes d’espèces pour l’utilisation des terres par rapport aux pertes de l’utilisation pour les cultures. L’unité employée de « mètres carrés année de terres cultivées » (m² an) exprime les superficies de terres cultivées qui auraient causé des pertes d’espèces supplémentaires;
• Consommation d’eau : Cet indicateur concerne l’eau qui est évaporée, incorporée dans un produit, transférée dans un autre milieu aquatique ou rejetée à la mer et qui n’est donc plus disponible pour les humains et les écosystèmes. L’unité employée correspond au volume d’eau consommé, exprimé en mètres cubes (m³ d’eau consommée).

Premier bilan
Les principaux constats identifiés dans les résultats de l’ACV du veau de grain sont :
Sur une base de 1 kg de poids vif, jusqu’à la sortie de la ferme :
La production des aliments pour nourrir les veaux (cultures et aliments pour animaux) est un contributeur majeur à tous les indicateurs évalués. Elle représente 37 % de l’empreinte carbone, 72 % de l’utilisation des terres et 45 % de la consommation d’eau;
Sur une base de 1 kg de viande désossée et emballée, jusqu’à la sortie de l’usine de transformation :
Les étapes d’élevage et cultures et aliments pour animaux contribuent toutes deux de manière significative à tous les indicateurs évalués. L’élevage représente entre 27 et 51 % des impacts calculés pour les trois indicateurs, alors que la production des aliments pour les veaux compte pour 34 à 71 %.
Les principaux constats identifiés dans les résultats de l’ACV du veau de lait sont :
Sur une base de 1 kg de poids vif, jusqu’à la sortie de la ferme :
La production des aliments pour nourrir les veaux (cultures et aliments pour animaux) est un contributeur majeur à tous les indicateurs évalués. Elle représente 37 % de l’empreinte carbone, 73 % de l’utilisation des terres et 65 % de la consommation d’eau;
Sur une base de 1 kg de viande désossée et emballée, jusqu’à la sortie de l’usine de transformation :
Les étapes d’élevage et cultures et aliments pour animaux contribuent toutes deux de manière significative à tous les indicateurs évalués. L’élevage représente entre 26 et 50 % des impacts calculés pour les trois indicateurs, alors que la production des aliments pour les veaux compte pour 35 à 73 %.
Prochaines étapes
Soulignons que cette ACV n’est que le point de départ d’une démarche de développement durable. Pour la suite, il est proposé de développer un plan d’action concerté afin d’agir là où cela compte, en concentrant dans un premier temps les efforts sur la production d’aliments pour nourrir les veaux et la productivité des élevages. D’autres actions pourront être mises en place, car ce sujet est inclus dans la planification stratégique du secteur pour les cinq prochaines années.
Ce projet a été financé par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec dans le cadre du Programme de développement territorial et sectoriel 2023-2026.