Les fuites peuvent être provoquées par divers facteurs : une branche qui tombe sur une ligne, le passage d’un animal ou même d’un oiseau qui endommage la tubulure, un chalumeau sorti de l’entaille ou même le gel. Photo : Gracieuseté du Centre ACER
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S'abonner maintenantSachant qu’il faut en moyenne 40 litres d’eau d’érable pour obtenir un seul litre de sirop, chaque goutte recueillie est précieuse. Pour en maximiser la récolte, mieux vaut gérer les fuites qui peuvent survenir, de l’entaille à la cabane. Et les progrès technologiques permettent de les identifier avec de plus en plus de précision.
Il y avait peut-être moins de fuites à l’époque où l’eau d’érable était recueillie principalement dans les chaudières, mais la cueillette est nettement plus généreuse et facilitée par les systèmes de tubulures.
Or, vérifier ces tubes un à un s’avère une tâche complexe et surtout, longue, quand l’érablière compte plusieurs milliers d’entailles.
C’est pour pallier ces difficultés que des fabricants spécialisés ont développé, dans les années 1990, des systèmes de capteurs pour détecter les fuites dans les lignes.

Les fuites peuvent être provoquées par divers facteurs : une branche qui tombe sur une ligne, le passage d’un animal ou même d’un oiseau qui endommage la tubulure, un chalumeau sorti de l’entaille ou même le gel. Ce faisant, après plusieurs mois d’inactivité, les acériculteurs doivent inspecter la totalité de leur système de collecte d’eau d’érable avant de démarrer leur saison.
« Sans système, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin, illustre Xavier Pepin, directeur de la surveillance et de l’automatisation chez Dominion & Grimm. Il faut marcher dans la forêt et observer toutes les tubulures à la recherche de fuites. C’est pratiquement impossible de toutes les relever. »
Une technologie qui évolue
La technologie s’avère donc bien utile pour relever ce que l’œil humain ne peut pas toujours apercevoir.
« La plupart des systèmes actuels vont lire le vacuum d’air en tête de ligne de la tubulure ou des maîtres-lignes, et ce, à intervalles réguliers, puis communiquer l’information à la cabane à sucre », résume M. Pepin.
Si un résultat indique un niveau d’air plus élevé ou un niveau de liquide inférieur, cela laisse deviner une fuite. « Nous, on lit la pression négative à la fin de la ligne », indique Rock Gaulin, vice-président et directeur de la division érable chez H2O Innovation.
Les premiers modèles de capteurs comprenaient généralement un fil électrique reliant les uns aux autres les capteurs installés sur les maîtres-lignes et qui communiquaient l’information dans un lecteur situé dans la cabane.
Depuis une dizaine d’années, la transmission des données se fait sans fil. Les capteurs plus modernes communiquent directement avec le logiciel de lecture, qui est désormais installé dans un ordinateur, ou directement dans le téléphone intelligent de l’acériculteur.
Pour y parvenir, les fabricants utilisent diverses technologies de communication : Long Range, LoRa, Zigbee et LTE, pour ne nommer que celles-là.
C’est comme un routeur à la maison, connecté à un ordinateur. Le système peut se connecter à 100 capteurs, puis, grâce à des passerelles et des relais, le signal passe d’un capteur à l’autre jusqu’à la cabane.
Des économies en temps et en argent
Recourir à des capteurs de fuite a pour principal avantage d’épargner beaucoup de temps aux producteurs acéricoles au moment de se préparer pour le temps des sucres.
L’installation de capteurs sur les maîtres-lignes, voire sur des tubulures plus petites, réduit significativement le temps passé à chercher les fuites, puisque les données permettent de circonscrire en temps réel le secteur où celles-ci se trouvent.
Qui plus est, cela libère la main-d’œuvre disponible ou compense pour un manque de travailleurs.
Selon les fabricants, le système demeure abordable. « On parle d’environ 1 $ l’entaille, grosso modo. Un système comme le nôtre, pour une érablière de 2 000 à 3 000 entailles, ça se repaie en un an », indique M. Gaulin.
L’automatisation : l’érablière du futur
De plus, avec la technologie sans fil ou Bluetooth, les acériculteurs ont accès à leurs données de n’importe où. Pratique s’ils occupent un emploi à l’extérieur de l’érablière.
« Ce qui est intéressant, c’est qu’on ne vend plus seulement des capteurs; on vend des systèmes de gestion de données, poursuit Rock Gaulin. Maintenant, tu peux savoir si ton bassin est plein ou vide. Dans le même système, on greffe de nouvelles fonctionnalités : arrêter ou démarrer une pompe, ouvrir une valve… »
« On est rendus à l’époque où on peut gérer une érablière à distance, renchérit le vice-président. Les producteurs peuvent être n’importe où dans le monde et contrôler leurs paramètres avec un système intelligent qui sera connecté à tous les équipements. On s’en va dans la télémétrie de l’érablière : c’est là que ça s’en va. »