La création de la coopérative Agrobonsens vise notamment à préserver les terres noires, à soutenir les producteurs et à bâtir des solutions collectives durables.
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Pour répondre aux défis croissants du secteur maraîcher, la MRC des Jardins-de-Napierville mise sur la collaboration de tous, avec la création de la coopérative Agrobonsens, une initiative qui vise notamment à préserver les terres noires, à soutenir les producteurs et à bâtir des solutions collectives durables.
À lui seul, le territoire des Jardins-de-Napierville représente plus de la moitié de la production maraîchère du Québec. Un poids économique considérable, mais aussi une responsabilité majeure en matière d’autonomie alimentaire. Or, cette richesse est fragilisée par de nombreuses menaces, notamment les changements climatiques, qui accentuent les problèmes d’inondation, d’irrigation, de ravageurs et d’érosion des sols.
« On sait que nos terres noires sont fragiles. Elles peuvent, à la limite, être considérées comme des ressources non renouvelables », souligne Isabelle Adam, chargée de projet pour la coopérative Agrobonsens. Elle rappelle qu’un sol non protégé peut perdre en moyenne deux centimètres par année, un rythme préoccupant pour l’avenir de la production agricole.
« L’agriculture est au cœur de l’identité, de l’économie et du développement de la MRC des Jardins-de-Napierville. Dans un contexte de changements climatiques et de pression croissante, l’innovation sociale et collective en agriculture devient un levier essentiel pour assurer la pérennité de notre autonomie alimentaire au Québec », ajoute Yves Boyer, préfet de la MRC.

Une idée qui a fait du chemin
L’idée de créer une coopérative ne date pas d’hier. Dès 2021, des discussions ont été amorcées pour mieux soutenir les producteurs de la région.
C’est toutefois en 2024, grâce au programme Signature innovation, que la MRC a pu concrétiser cette réflexion. Elle a choisi d’investir dans un modèle collectif, capable de rassembler les forces du territoire. Au cœur de cette initiative se trouve une volonté de renforcer la collaboration à une échelle plus large. Si l’expertise technique existe déjà sur le territoire, l’enjeu réside davantage dans l’innovation sociale.
Ce changement de paradigme est essentiel, selon la chargée de projet. « Les enjeux sont plus grands que nous tous. Les changements climatiques, par exemple, nous concernent collectivement et non individuellement. Il faut travailler ensemble, recueillir différents points de vue pour être capables de surmonter ces défis. Seul, on va plus vite, mais en groupe, on va beaucoup plus loin », dit-elle.
L’appel lancé en février 2025 a rapidement trouvé écho : une dizaine de producteurs, accompagnés de clubs-conseils et de partenaires en recherche, se sont mobilisés. Ensemble, ils ont identifié des besoins communs, notamment en matière de gestion de l’eau, de santé des sols et de lutte contre les ennemis des cultures. « On se rencontre une fois par mois pour faire avancer les projets. Chaque initiative est pensée dans un contexte de regroupement, où l’on jumelle plusieurs expertises », précise Mme Adam.
Déjà des projets en cours
Parmi les projets concrets qui seront testés prochainement, la culture sur paillis de seigle retient l’attention. On tentera d’adapter cette pratique, inspirée des grandes cultures, au domaine maraîcher dès cet été. Des essais auront lieu directement chez des producteurs, alors que des travaux avec des étudiants de l’Université de Sherbrooke permettront d’évaluer l’adaptation de la machinerie à des sols couverts, un changement important dans un secteur habitué à travailler sur sol nu.
La question de la biomasse constitue également un axe de recherche. L’utilisation de saule et de miscanthus frais pour amender les sols est envisagée afin de contrer l’érosion. « Un des besoins en terres noires, c’est l’approvisionnement en biomasse. On se demande si on serait capables de créer une filière locale pour nos producteurs », indique Mme Adam.
D’autres initiatives, comme l’implantation de bandes fleuries pour favoriser la biodiversité, ou encore le développement d’un réseau collectif de capteurs de spores pour mieux détecter les maladies, font aussi partie des projets pilotes.
« Si notre projet de capteurs fonctionne, on pourra même partager les résultats avec les grandes cultures », ajoute-t-elle, illustrant la volonté de transférer les connaissances entre secteurs.
Pour la MRC des Jardins-de-Napierville, la coopérative Agrobonsens représente bien plus qu’un simple projet : elle incarne une nouvelle façon de penser l’agriculture, fondée sur la collaboration et la mise en commun des ressources. Un chantier collectif qui, à terme, pourrait devenir un modèle pour d’autres régions du Québec.

Ce texte est un publireportage produit pour