Partenaire de La Terre 13 février 2025

Qu’est-ce qui se passe du côté des cultures maraîchères?

Été comme hiver, on trouve des légumes de chez nous autant à l’épicerie que dans nos assiettes. Cependant, lorsque l’hiver frappe à nos portes, la proportion de ces légumes qui provient de producteurs ou de productrices d’ici commence à diminuer. En effet, la majorité des entreprises agricoles québécoises qui produisent des légumes concentrent leurs activités dans les périodes chaudes de l’année.

Toutefois, lorsque les derniers légumes sont récoltés, le travail n’est pas terminé. Pour plusieurs, en plus des légumes de conservation qu’il faut encore mettre en marché, la mise à jour des registres et la gestion administrative s’ajoutent aux préparations de la saison suivante. On est donc loin des vacances!

Une saison, ça se prépare

C’est bien avant les premières chaleurs du printemps que les producteurs et les productrices de cultures maraîchères se préparent à leur prochaine saison.

La machinerie et les outils sortent à peine des champs qu’il est temps d’en faire l’entretien. Comme dans tous les secteurs du monde agricole, l’été, on patche souvent les problèmes de manière temporaire en attendant un moment tranquille pour trouver une solution permanente; la saison est courte et il faut continuer le travail. L’hiver est donc le parfait moment pour entretenir la machinerie et les installations de conditionnement et d’emballage. Lors de cet entretien, on en profite pour réfléchir à de nouvelles pratiques ou à de nouveaux outils qui pourront améliorer la production, mais aussi les conditions de travail des employés. 

Dès le début de l’hiver, il faut identifier les variétés qui seront intéressantes du point de vue du marché et des réalités climatiques. En plus des semences, il faut s’assurer de ne pas manquer d’engrais ou de produits phytosanitaires qui permettront de faire face aux différents problèmes que la saison apportera, car il y en a toujours. Évidemment, il faut organiser la rotation des champs. Les cultures maraîchères sont très sensibles à plusieurs maladies et à beaucoup d’insectes qui restent parfois plusieurs années dans le sol. On s’assure donc de ne pas répéter des cultures sensibles aux différentes maladies et aux ravageurs qui sont présents dans nos champs.

Des légumes même en hiver

Plusieurs agriculteurs et agricultrices se distinguent aussi par une production de légumes qui s’étend sur toute l’année. Ces prouesses sont évidemment réalisées à l’aide d’installations comme des serres, qui sont parfois très peu chauffées. En effet, il est possible de produire toute l’année des légumes en grande quantité, comme le montre la production serricole de légumes bien connus comme la tomate ou le concombre. Mais depuis quelques années, des entreprises innovent vers des modes de production hivernaux alternatifs qui permettent de fournir toutes sortes de légumes de serre. Il y en a même qui offrent des abonnements de paniers hivernaux.

Que ce soit la planification de la prochaine saison, le retour sur ce qui a été patché dans l’été et parfois même le maintien des activités en serre, la production maraîchère n’est pas de tout repos.

On voit donc que l’hiver, pour bien des entreprises, ce n’est pas des vacances!


Lorsqu’on termine les récoltes de grandes cultures, il fait déjà bien froid dehors. L’hiver est donc déjà à nos portes quand vient le temps de remiser batteuses, tracteurs et autres. Photo : Martin Ménard/Archives TCN

Et avec les grandes cultures?

Le début de l’hiver, pour plusieurs, c’est le moment de ralentir la cadence. Pour les producteurs et les productrices, c’est un moment qui est occupé par d’autres tâches que celles qu’on a l’habitude de les voir faire. Même si l’hiver ne permet pas de faire pousser du maïs ou du soya, les producteurs et productrices de grandes cultures ne chôment souvent pas durant la période hivernale.

On range et on répare

Lorsqu’on termine les récoltes de grandes cultures, il fait déjà bien froid dehors. L’hiver est donc déjà à nos portes quand vient le temps de remiser batteuses, tracteurs et autres. C’est le moment de retourner voir les réparations temporaires qui avaient été faites durant la saison et de s’assurer que tout est en ordre avant le début de la saison.

Les récoltes terminées, il faut vendre 

Pour plusieurs producteurs et productrices, la production de grandes cultures sert à l’alimentation des animaux; celles-ci sont donc consommées directement à la ferme. Pour d’autres, la clientèle a déjà été choisie en raison de la spécificité des variétés, comme c’est le cas pour le soya IP, l’orge brassicole, etc. Mais pour beaucoup, une fois les récoltes terminées, il faut vendre ce qui a été mis dans les silos. Il faut donc être à jour sur les fluctuations de prix sur le marché pour pouvoir en tirer le plus grand profit possible.

Semences et intrants

Évidemment, les mois d’hiver sont un excellent moment pour planifier les cultures de l’an prochain.

C’est donc le temps de sélectionner les variétés qui seront adéquates pour notre région. En effet, il faut s’assurer d’avoir assez d’UTM pour atteindre le niveau de croissance idéal et pouvoir récolter sans trop d’ennuis à la fin de l’année. C’est une étape essentielle au bon déroulement de la saison. Il faut aussi en profiter pour déterminer à quelles fins serviront les récoltes; beaucoup d’options s’offrent aux producteurs et productrices.

Ça n’arrête jamais (ou presque)!

L’hiver est donc un moment durant lequel la vente des récoltes et la planification de la saison suivante battent leur plein. Bien que les tâches de bureau soient nombreuses, on en profite parfois pour prendre une pause bien méritée.