Photos : Hélène Bouffard
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S'abonner maintenant*Une correction a été apportée au texte original publié le 28 novembre 2025. Voir au bas de l’article pour les détails*
Michèle Laberge compte aujourd’hui parmi les 5 % de femmes propriétaires uniques d’exploitations agricoles au Québec. Hors du modèle de transfert familial classique, celle qui occupe la présidence des Agricultrices de la Montérégie-Est a pu concrétiser son rêve et souhaite transmettre aux femmes l’espoir que tout peut devenir possible.
Pendant toute sa jeunesse, Michèle trait les vaches et travaille au champ à la ferme que possède son père à Mont-Saint-Grégoire. Jusqu’à son entrée au cégep, elle y passe ses étés. Aînée d’une famille de cinq enfants, celle qui aurait voulu prendre la relève modifie son plan de vie et choisit de poursuivre ses études.

« J’ai complété un baccalauréat en administration et une maîtrise en système d’information de gestion. J’ai commencé à travailler dans une firme au centre-ville de Montréal, mais l’idée d’avoir un jour ma propre ferme me restait en tête, confie-t-elle. Et c’est ce qui s’est produit il y a 30 ans. J’ai acquis une terre pour la culture du soya et du maïs dans mon village, puis une petite ferme tout près où je vis et où j’ai fait divers projets d’élevage avec mes enfants. »
La Grégorienne insiste sur sa réalité particulière de femme en agriculture. D’abord, comme propriétaire unique, mais aussi parce qu’elle mène une carrière professionnelle en parallèle.
Je ne vis pas de ma terre et je ne l’ai pas achetée dans le but de m’enrichir financièrement, mais pour en faire un projet. Je n’ai pas l’intention de la vendre, et mes trois enfants, qui sont dans d’autres secteurs également, montrent un intérêt à prendre éventuellement la relève.
En plus d’être propriétaire unique de sa terre, Mme Laberge est également copropriétaire de la ferme familiale avec ses frères et sœurs depuis la mort de leurs parents.
Représenter l’ensemble des femmes
L’intégration de Michèle Laberge aux Agricultrices de la Montérégie-Est est liée à une amie de l’école secondaire qui, il y a huit ans, a dû se résoudre à quitter le conseil d’administration en raison d’un déménagement. Celle-ci lui parle de l’organisation, ce qui convainc la recrue de s’y engager. Michèle, qui assume la présidence depuis maintenant six ans, se dit heureuse d’avoir constaté que les Agricultrices représentent toutes les femmes associées au domaine.
« Ça me plaît beaucoup de pouvoir valoriser l’implication des femmes en agriculture, quelle que soit leur situation. Plusieurs ne sont pas propriétaires, et améliorer leurs connaissances pour qu’elles le deviennent ou qu’elles prennent plus de place dans l’entreprise me tient à cœur. Je désire transmettre ces possibilités; j’essaie de défendre la notion d’autonomie », commente l’administratrice à la fédération de l’UPA et enseignante en gestion à l’université.
Augmentation du nombre de membres – qui a doublé depuis le début de sa présidence aux Agricultrices de la Montérégie-Est; arrimage avec les services professionnels de l’UPA en vue de rehausser la qualité des services et l’image publique de l’organisation; et envoi d’une importante délégation de membres de la région à l’occasion d’une mission avec l’UPA DI au Sénégal en 2023 ne constituent que quelques-unes des réalisations de Michèle Laberge.
Rectificatif
Une erreur d’interprétation s’est glissée dans la version originale de l’article Michèle Laberge et la détermination de concrétiser son rêve publié dans le cahier Femmes de terre, femmes de tête de décembre 2025. Bien qu’elle soit propriétaire unique de sa terre, Mme Laberge est également copropriétaire d’une ferme familiale avec ses frères et sœurs depuis la mort de leurs parents. Cette ferme n’a donc pas été transmise au plus âgé des frères, comme mentionné dans la version originale.