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S'abonner maintenantQuand la formation soutient la diversification agricole
Alors que plusieurs producteurs québécois cherchent à diversifier leurs activités, un nouveau créneau attire de plus en plus l’attention : la production et la transformation du cannabis. Derrière cette culture marginale se cache un véritable potentiel agricole et économique — à condition d’avoir une main-d’œuvre bien formée et des pratiques rigoureuses.
C’est précisément ce à quoi s’emploie le Cégep Gérald-Godin, avec un programme unique au Québec : la production et la transformation du cannabis. Cette formation collégiale prépare la relève à travailler dans un secteur agricole novateur, en acquérant les bases scientifiques et techniques nécessaires pour réussir dans ce secteur en pleine croissance.
« C’est une formation qui s’adresse à des gens curieux, qui sont passionnés par le domaine mais qui ont aussi un intérêt marqué pour la science derrière la plante », explique Mélanie Gascon, aide pédagogique individuelle à la Formation continue.

Un marché en croissance, mais hautement technique
Depuis la légalisation en 2018, l’industrie canadienne a dépassé les 5,5 G$ de ventes légales, dont environ 30 % liés aux produits dérivés – un segment en forte croissance. Au Québec seulement, la SQDC a vendu 149 tonnes de cannabis en 2024-2025, une hausse de près de 22 %.
La demande est là, mais la culture reste complexe : normes strictes, traçabilité, contrôle sanitaire et de qualité, infrastructures spécialisées.
Les producteurs qui possèdent déjà des compétences en culture de serre, en culture sans sol ou en production végétale ont une prédisposition naturelle pour s’y intéresser. Malgré cela, la culture du cannabis en milieu contrôlé est hautement technique. Elle exige des compétences avancées en serre, hydroponie, nutrition végétale, ventilation, éclairage et gestion des risques.
Pour plusieurs producteurs déjà familiers avec la culture intensive ou les productions spécialisées, ces exigences représentent autant un défi qu’une occasion.

Ce que les transformateurs recherchent
Au cœur du métier, les besoins sont réels. Pour Gabriel Bélanger, président d’Origami Extraction, la formation joue un rôle essentiel dans le développement professionnel du secteur.
La production et la transformation du cannabis exigent aujourd’hui la même rigueur scientifique que les autres secteurs agroalimentaires spécialisés. Le programme du Cégep Gérald-Godin forme une main-d’œuvre qualifiée, capable d’appliquer des standards de qualité, de traçabilité et de sécurité comparables à ceux de l’industrie pharmaceutique.

Selon lui, l’approche pratique de la formation donne aux étudiant(e)s une expérience concrète du métier. Lors de leur stage en entreprise, ils participent activement aux différentes opérations de culture, de transformation et de contrôle de qualité. Cette immersion sur le terrain leur permet de développer la précision et la rigueur exigées par l’industrie.
Les transformateurs cherchent notamment :
- des producteurs en mesure de fournir une biomasse stable et répétable;
- une compréhension des bonnes pratiques de culture et de laboratoire;
- une capacité à ajuster les paramètres selon les variétés destinées aux extraits, huiles ou concentrés.
La formation, un maillon stratégique
Pour soutenir cette relève, le Cégep Gérald-Godin offre la seule formation collégiale québécoise spécialisée en production et transformation du cannabis.
L’objectif : former des travailleurs capables de répondre aux besoins des entreprises et aux normes de Santé Canada.
Encadré par des experts du milieu, le programme englobe des thèmes variés : physiologie de la plante, techniques de culture en milieu contrôlé, extraction et transformation, contrôle de la qualité, législation et bonnes pratiques de fabrication.
« Nos étudiants apprennent à maîtriser l’ensemble du cycle, de la culture à l’extraction, dans un cadre légal et scientifique rigoureux, explique Hekma Slim, conseillère pédagogique à la Formation continue.
Les diplômé(e)s peuvent intégrer les usines, les serres, les services d’inspection, les salles de production et les laboratoires. Leur expertise réduit les risques et renforce la conformité des entreprises.

Des opportunités pour les producteurs
Pour les producteurs qui souhaitent transférer leurs compétences existantes vers cette culture spécialisée, le cannabis peut représenter :
- une culture contractuelle pour approvisionner des transformateurs;
- une production spécialisée destinée aux produits dérivés à forte valeur (huiles, comestibles, concentrés, produits de bien-être ou vétérinaires);
- une diversification complémentaire pour les fermes ayant déjà des serres, une expertise en hydroponie ou une production horticole intensive.
Mais les défis demeurent : recrutement, normalisation, innovation technologique, conformité réglementaire et fluctuation du marché du cannabis séché. C’est pourquoi les experts s’entendent : la filière repose sur la compétence, la maîtrise technique et une compréhension étendue des exigences de l’industrie.

« Plusieurs producteurs pourraient mettre à profit leurs infrastructures et leur expertise. Ce qu’il faut, c’est développer les connaissances techniques et pratiques associées à la plante. La formation prépare à maîtriser toutes les facettes de la culture du cannabis, c’est ça qui permet d’apporter une réelle valeur ajoutée à l’industrie » selon Michel Goulet, diplômé du programme et maître cultivateur chez MTL Cannabis.

Les compétences au cœur de la professionnalisation
Comme toute jeune filière, celle du cannabis doit encore se structurer. La demande croissante en produits dérivés, combinée au développement de technologies d’extraction plus performantes, ouvre la porte à de nouvelles collaborations entre producteurs et transformateurs.
Dans ce contexte, le savoir-faire est essentiel.
« La formation ouvre la voie à de réelles opportunités professionnelles : les diplômés sont recherchés dans les laboratoires d’analyse, les installations de culture et les entreprises de fabrication qui ont besoin de personnel qualifié et conforme aux exigences de Santé Canada. Dans un secteur en pleine structuration, ces compétences les positionnent comme des acteurs essentiels face à l’avenir de l’industrie », conclut monsieur Bélanger.
Pour les producteurs qui envisagent de se diversifier ou les travailleurs en reconversion, la formation devient un outil clé pour professionnaliser ce secteur encore jeune et pour préparer une relève capable d’amener l’industrie du cannabis plus loin.

| La formation en bref | |
|---|---|
| Établissement : | Formation continue du Cégep Gérald-Godin |
| Durée : | 15 mois, à temps partiel |
| Mode : | Hybride |
| Public cible : | Adultes 21 ans et plus, producteurs agricoles, travailleurs dans l’industrie agricole ou agroalimentaire |
Inscription et détails : AEC en Production et transformation du cannabis – Cégep Gérald-Godin